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Associations et volontariat à l'AP-HP, discours d'ouverture de Martin Hirsch

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Retrouvez le discours d'ouverture de Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, pour la journée "Associations et volontariat à l'AP-HP : l'engagement auprès des patients" du 17 novembre 2016.

Corps de texte

"Je me réjouis du succès de cette journée : nous avons dû refuser du monde !  Cela montre que nous abordons aujourd’hui un thème qui intéresse, qui passionne, qui mobilise.
Cette journée et ce thème revêtent une grande importance à mes yeux et j’ai grand plaisir à partager quelques convictions fortes avec vous.

La première conviction, c’est que ce qu’on appelle « la communauté hospitalière » englobe bien évidemment les associations, les bénévoles, les volontaires. Ils sont totalement partie prenante du projet d’établissement. Ils ne sont ni des étrangers, ni des substituts, ni  bien évidemment des intrus : ils sont membres à part entière de la communauté hospitalière. Ils ne nous sont pas utiles. Ils sont indispensables. Ils sont chez nous chez eux !

La deuxième, c’est que la présence des bénévoles et des volontaires n’est pas là pour combler un manque, pour boucher un trou ou pour cacher une misère. Ils ne remplacent pas les professionnels. Ils les complètent. Ils ne les concurrencent pas. Ils ont leur apport propre. Nous ne faisons pas appel à eux pour remplacer des emplois. Ils ont leur place, toute leur place, justement parce qu’ils n’ont pas le même rapport à l’hôpital que les professionnels. Et s’ils sont là, c’est parce qu’eux-mêmes souhaitent s’impliquer dans la vie de l’hôpital, s’impliquer auprès des malades, trouver une place. 

La troisième conviction, c’est qu’un hôpital qui ne saurait pas accueillir associations, volontaires bénévoles et leur donner une place ne serait pas vraiment un hôpital. A mes yeux le service public, c’est le service du public, le service avec le public, le public au service. Un grand service public, solide sur ses fondements doit savoir donner sa place aux citoyens, à la société civile, les faire participer, les inclure, construire des projets avec eux. Il n’a pas rougir de honte de le faire. Au contraire, cela doit être une fierté pour nous tous.

La quatrième conviction, c’est que la relation entre les professionnels et les bénévoles et les volontaires doit être fondée sur le respect mutuel, sur la reconnaissance des différences, mais aussi sur la construction d’un projet commun. Cela ne va pas toujours de soi. On entend parfois que cela serait une charge, parfois une gêne, parfois une ingérence, parfois une concurrence. Quand on a un objectif commun, c’est rien de tout cela. C’est une richesse, c’est un atout, c’est une responsabilité, c’est une exigence.

La cinquième conviction, c’est que personne n’a le monopole de l’engagement. A l’hôpital public, les professionnels sont engagés, les bénévoles sont engagés, les volontaires sont engagés… et même le directeur général est engagé. Engagé pour considérer qu’on a tous une mission qui nous dépasse, qui nous oblige, qui nous motive, qui nous grandit, et pour laquelle on n’a pas à s’embarrasser pour lui trouver un sens, tant son sens est évident.

Permettez-moi un mot plus personnel. Depuis plus de vingt ans, j’ai toujours simultanément travaillé pour le secteur public et exercé des responsabilités dans le secteur associatif. J’ai rejoint de grandes et vieilles associations ; j’ai créé de jeunes et fragiles associations.  J’ai comme responsable public accueilli des bénévoles. J’ai comme bénévole associatif recruté des salariés. J’ai vu des projets naître dans le secteur associatif devenir des grandes politiques publiques. J’ai pu, à partir d’un service civil, initiative associative, contribuer à la naissance du service civique, politique publique construite avec les associations. Je ne saurai pas imaginer notre société sans une alliance forte entre le service public et la société civile, entre la puissance publique et les associations, entre les agents publics et les bénévoles. Je suis heureux que le service civique ait commencé à trouver sa place à l’APHP, entré par la porte associative avec « banlieue sans frontière » et maintenant accueilli plus largement. Nous accueillons 300 volontaires cette année. Nous pourrions en accueillir 500, 1000, 2000 dans nos 40 hôpitaux, aux côtés de nos 100 000 Professionnels et au service de nos 8 millions de patients. Leur présence doit être naturelle, constante, toujours renouvelée, toujours diversifiée. Nos partenariats associatifs peuvent encore se développer, se multiplier. L’apport des associations, des volontaires et des bénévoles doit être mieux valorisé, mieux connu, encore davantage favorisé. Je souhaite que l’AP-HP soit à la pointe d’une conception engagée de l’hôpital public, qu’elle aille de l’avant avec vous, qu’elle se montre audacieuse, innovante, dans la place qu’elle vous réserve, dans la place que vous devez y conquérir, dans la manière dont nous unissons nos forces, nos compétences, nos bonnes volontés pour que les patients ( qui peuvent être eux-mêmes des bénévoles ou des futurs bénévoles, des volontaires ou des futurs volontaires) sachent que c’est l’ensemble de la belle communauté hospitalière qui s’engage pour porter haut les valeurs qui sont les nôtres.

Aujourd’hui, nous avons dû refuser du monde. Je souhaite que chaque année nous puissions faire une journée de l’engagement à l’APHP. On ne dit jamais non à quelqu’un qui veut s’engager. On lui dit autre chose. On lui dit « Merci »."
 

Assistance Publique - Hôpitaux de Paris

Centre Hospitalier Universitaire d'Île-de-France