Site internet institutionnel de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris

Accueil > Histoire, Musée, Archives > Le Musée de l'AP-HP

Histoire, Musée, Archives

Le Musée de l'AP-HP

Les expositions

Haut de la page

L'Humanisation de l'hôpital. Mode d'emploi.

 
Du 21/10/2009 au 20/06/2010


L'humanisation. Mode d'emploi © Atelier Mardi Soir

Présentation générale :

Pour voir un extrait du DVD de l'exposition (télécharger le bon de commande du DVD réalisé avec le soutien du groupe MACSF : tarif : 25 euros, frais de port en sus).


Il y a 50 ans, le 5 décembre 1958, la publication de la première circulaire « relative à l’humanisation des hôpitaux » marquait une étape nouvelle dans le processus d’adaptation de l’hôpital aux évolutions de la société : modes de vie, sensibilité, et attentes. Reconnu nécessaire dès le début des années 30, du fait de la publication de la loi sur les assurances sociales destinées aux classes moyennes (1928), ce mouvement s’accélère avec l’accueil de nouvelles catégories de malades, ne relevant plus uniquement de l’indigence, dans l’hôpital « toutes classes » créé en 1941.
Au-delà de sa dimension matérielle et de la valeur de symbole que constitue la fermeture des salles communes et les mesures portant sur la vie quotidienne de la population hospitalisée (régime horaire des malades, visites, conservation des effets personnels etc…), l’humanisation a progressivement inclus une dimension relationnelle, celle de la protection des droits des usagers.

Le parcours de l’exposition



Salle 1 © AP-HP/Musée


« Hier / Aujourd’hui »
La première salle rappelle la dynamique affichée par l’hôpital, quand l’objectif d’humanisation s’impose, au lendemain de la guerre. « Tout a changé » : c’est ce qu’annonce chaque nouvelle génération d’hospitaliers, à partir de campagnes d’information qui insistent sur les efforts matériels de modernisation des espaces. Pour autant, l’humanisation ne tient pas tout entière dans la seule dimension matérielle.


 


 


Salle 2 © AP-HP/Musée



Salle 2 © AP-HP/Musée


Vers un hôpital « confortable et gai »

Comment réinventer l’hôpital, désormais ouvert à tous ? Les premières réponses viennent tout d’abord des Etats-Unis, pays qui fait longtemps rêver les hospitaliers. Puis les congrès, expositions et salons internationaux multiplient les occasions d’échanges, dans une belle effervescence . Les expérimentations s’additionnent : mobilier, hôtesses, couleurs, confort, information, portes-ouvertes, loisirs…, tout y passe et l’hôpital semble cette fois bien parti pour se confondre avec un lieu accueillant et rassurant. Mais les moyens ne sont pas au rendez-vous et les programmes, enfin votés, traînent et s’épuisent devant l’énormité de la tâche, … pendant que la société évolue à grand pas dans ses attentes.


 


 



Salle 3 © AP-HP/Musée

L’humanisation sous la pression des médias

Ou comment les médias s’immiscent peu à peu dans ce mouvement, jusqu’à devenir de puissants leviers pour la politique d’humanisation, au risque d’une dégradation quasi irréversible de l’image de l’hôpital.


 


 



Salle 4 © AP-HP/Musée



Salle 4 © AP-HP/Musée


A l’heure du droit et des usagers-partenaires

A partir de 1974, les droits des malades s’imposent dans le paysage et le fonctionnement de la grande machine hospitalière. C’est l’histoire de cet apprentissage commun aux hospitaliers et aux usagers qui est évoquée ici, portée par de puissantes mutations sociales, culturelles, économiques. Pendant ce temps, l’humanisation cède le pas à la qualité, mesurée, évaluée, chiffrée.


 


 



Salle 5 © AP-HP/Musée

L’hôpital “comme-à-la-maison” ?

« Maison de santé », « maison de verre », « maison accueillante », « maison des malades », « maisonnée », « maison des usagers »… Des générations d’hospitaliers ont eu recours à cette métaphore du “chez-soi” pour imager l’hôpital idéal, refuge rassurant et salvateur : celui qu’ils se sont employés à faire naître. Un hôpital toujours rêvé… Regards sur quelques enjeux et limites de cette aspiration, aujourd’hui collectivement partagée.


L'exposition, l'édition du DVD et la fabrication de l'exposition itinérante ont pu être réalisées grâce aux soutiens des partenaires suivants : Mutuelle d'Assurance du Corps Sanitaire Français (MACSF), Mutuelle nationale des hospitaliers et des professionnels de la santé et du social (MNH), Fondation d'entreprise Crédit social des fonctionnaires (Fondation CSF), SAMSUNG, Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France-Ministère de la culture et de la communication, Association des Amis du Musée de l'AP-HP (ADAMAP).





 

Le communiqué de presse :

La nouvelle exposition du musée de l'AP-HP sera inaugurée mardi 20 octobre. Elle accueillera le public dès le mercredi 21 à partir de 10 heures.

« L’humanisation » désigne le mouvement de réforme profonde de l’hôpital pour tenter de l’ajuster aux évolutions de la société : modes de vie, sensibilité, et attentes. Le mot s’impose au milieu des années 1950. Mais les premiers frémissements se repèrent dès la publication de la loi du 5 avril 1928 sur les assurances sociales, dont la couverture du risque maladie ouvre l’institution aux classes moyennes. Le projet se confirme avec la transformation de l’hôpital en service public (décret du 17 avril 1945) accessible à tous. En moins de 20 ans, l’hôpital où s’élabore la science médicale la plus performante, devient pour chacun le lieu du premier comme du dernier recours.
Parallèlement à l’explosion des techniques médicales et à la quête du “toujours plus” (plus de recherche et plus d’appareils, pour plus de guérison), l’institution travaille à se moderniser et à « s’humaniser ». En 1956, le mot acquiert la dimension d’un slogan dans la perspective d’une politique nationale à élaborer. La première circulaire ministérielle « relative à l’humanisation des hôpitaux » est enfin publiée le 5 décembre 1958.

L’ampleur de ce mouvement au sein de l’histoire hospitalière du XXe siècle est proportionnelle à la pesanteur des héritages. Issu de l’hospice, l’hôpital est resté ce grand organisme taillé aux cotes de l’indigence puis de l’assistance. L’arrivée d’une population plus aisée révèle brutalement les limites d’un cadre qui appartient à un autre âge. Tout est à revoir, tout est à repenser.
Mais par où commencer et comment satisfaire en même temps aux efforts d’investissements réclamés par la science, et à ceux exigés par l’élévation du niveau de vie ? Comment concentrer l’attention à la fois sur la dimension matérielle de l’humanisation et sur sa dimension relationnelle, sur laquelle l’hôpital semble avoir moins de prises ? Et comment, dans cet imbroglio, ne pas perdre de vue la visée ultime de l’humanisation : l’acquisition d’autres façons de regarder et d’écouter les patients, de leur parler ?... Pendant ce temps, la société évolue, les malades s’organisent, les médias dénoncent, les droits des patients acquièrent force de loi et la “démocratie sanitaire” fait ses premiers pas (loi du 4 mars 2002). Le chantier de l’humanisation est permanent et ne cesse de s’étendre, relayé par d’autres notions : « qualité », « bientraitance »…, chacune porteuse de nouvelles applications.

C’est la première fois qu’une exposition propose de revenir sur ce mouvement majeur de l’histoire hospitalière, une histoire toujours renouvelée, toujours inachevée. Comprendre ses étapes, découvrir la multiplicité de ses facettes, identifier ses acteurs, déchiffrer les soubresauts de cette histoire, ses résistances ou ses blocages, pour mieux situer les enjeux et la portée des reformulations d’aujourd’hui, telles sont quelques-unes des intentions d’une manifestation portée par une scénographie qui réservera plus d’une surprise.

Consulter le dossier de presse de l'exposition

Les évènements liés à l'exposition:

le 14/04/2010 :  Mercredi 14 avril à 18h30. Rencontre-cinéma au Collège des Bernardins

Pour en savoir plus, consulter l'agenda du musée

Les publications

Télécharger la couverture du Petit Journal de l'exposition

Catalogue

Haut de la page

Gaulois en chantier. Exposition prolongée jusqu'au 5 juillet


Du 16/05/2009 au 28/06/2009

Le Musée de l'AP-HP accueille les découvertes archéologiques de l'hôpital Avicenne.

Présentation générale :


Exposition archéologique à l'hôpital Avicenne © hôpital Avicenne/AP-HP


Prescrite par le service régional de l’Archéologie – DRAC Ile-de-France-, et menée par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) en collaboration avec le Conseil général de la Seine-Saint-Denis, une fouille archéologique a permis, lors de la construction d’un nouveau bâtiment de l’hôpital Avicenne (Bobigny – 93), la mise au jour entre 2002 et 2003 d’une nécropole gauloise de 515 sépultures.


Accueillie pendant plusieurs semaines dans le hall de l'hôpital Avicenne, à la fin de l'année 2008, elle s'installe aujourd'hui au Musée de l'AP-HP, à l'occasion de la Nuit européenne des musées.(programme dans rubrique agenda)


 




La céramique gauloise © hôpital Avicenne/AP-HP


 


Des visites guidées peuvent être organisées pour les groupes scolaires, grâce au soutien du Conseil général de Seine-Saint-Denis . Réservation indispensable au 01 40 27 50 05


Pour les visiteurs individuels, une visite guidée est proposée du mardi au vendredi, de 16h à 17h. Renseignements au 01 40 27 50 05.

Consulter le dossier de presse de l'exposition

Les partenaires de l'exposition :

Conseil général de Seine-Saint-Denis

Institut National de recherches archéologiques préventives (INRAP)

Service régional de l'Archéologie - DRAC Ile-de-France

Hôpital Avicenne (Bobigny - 93 ; AP-HP)

Les publications

Catalogue

Le dossier pédagogique

Haut de la page

Voyage au pays de Gérousie

 
Du 19/10/2007 au 15/06/2008

Le "grand âge" en institution depuis 200 ans.

Présentation générale :


visuel de l'exposition © Atelier Mardi soir!


Pour voir un extrait du DVD de l'exposition (télécharger le bon de commande)


L’exposition présentée par le Musée de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris à partir du 19 octobre, propose de prendre la mesure du chemin parcouru depuis 200 ans, à Paris, dans les établissements dédiés à la vieillesse :
- pourquoi et dans quel contexte l’institutionnalisation du grand âge s’est-elle imposée au 19e siècle ?
- comment la médecine y a-t-elle pris pied jusqu’à progressivement s’affirmer comme une spécialité nouvelle ?
- dans quelle mesure les attentes individuelles et sociales ont-elles été perçues et accueillies ?
La métaphore du voyage a été retenue pour concevoir la scénographie et guider les pas des visiteurs de cette nouvelle exposition : une invitation à découvrir le pays de Gérousie, nom donné pendant l’Antiquité au lieu de retraite ou de repos des vieillards, nom générique retenu ici pour les institutions qui accueillent les personnes âgées.
Une sélection d’objets et d’œuvres issus de collections publiques et privées évoqueront le « grand âge » en institution depuis 200 ans : plans et photographies, documents originaux de la vie hospitalière provenant des archives de l’AP-HP, vêtements, mobilier… Des témoignages de professionnels sur supports vidéo et des archives cinématographiques de Gaumont-Pathé complèteront l’ensemble.
Un petit détour par l’histoire pour comprendre les problématiques d’aujourd’hui ; une exposition sur un sujet de société qui souhaite toucher un large public…
Un catalogue, un "Petit journal" et un DVD sont réalisés à l'occasion de l'exposition. Ils seront en vente au Musée à partir du 15 octobre.

Musée de l'AP-HP
Hôtel de Miramion
47 quai de la Tournelle - 75005 Paris
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Entrée libre pour les personnels de gérontologie
Visites guidées pour les groupes : renseignements et réservation au 01 40 27 50 05




Les publications :



Télécharger la couverture du petit journal

 

Le communiqué de presse :

Voyage au pays de Gérousie exposition du 19 octobre 2007 au 15 juin 2008

Sous ce titre se glisse une invitation au voyage, un de ceux que la société contemporaine –sécuritaire et gourmande d’aventures – affectionne. Dans l’Antiquité, la gérousie désignait un lieu de retraite ou de repos réservé aux Anciens. Prenant ici quelques libertés, le mot s’applique à toutes les institutions destinées aux personnes âgées ; dès lors, la gérousie se confond avec un pays lointain, étranger, inconnu, dans lequel on ne se hasarde pas sans être accompagné ni guidé sur un itinéraire parfaitement balisé. C’est à partir de cette métaphore du voyage, tel qu’il se pratique aujourd’hui, que nous embarquons à la découverte d’une histoire oubliée, celle du placement des personnes âgées dans des établissements spécifiques, circonscrite au territoire de Paris depuis 200 ans.
Notre projet est le suivant : il s’agit de comprendre, à travers cet itinéraire, la trajectoire très particulière et contrastée des relations que la société moderne entretient avec la vieillesse et le grand âge lorsqu’ils sont accueillis dans des établissements spécifiques. La perception en est généralement incomplète et brouillée par le souvenir des scandales médiatisés au cours des années 70. Les mutations actuelles (élévation de l’espérance de vie, augmentation significative du troisième et du quatrième âges) réclament pourtant un regard plus large et objectif, une lisibilité nouvelle qui nourrissent et accompagnent les débats d’aujourd’hui.
Quelques questions guideront nos pas : d’où vient ce recours à l’institutionnalisation, quel contexte l’a porté, comment s’est-il imposé ou reformulé et sous la pression de quels facteurs ? Comment une médecine spécifique s’est-elle construite entre les murs de ces établissements, quel est son mouvement propre au regard des autres spécialités, et quels obstacles se sont dressés sur sa route, qui en ont freiné le développement ? Enfin, comment vivaient les populations hébergées, quels étaient leurs rythmes, leurs activités, leurs préoccupations et leurs aspirations ?
Contrairement à l’idée admise, cette histoire n’est ni univoque, ni monochrome. Elle est pleine de contrastes et de rebondissements ; car à travers elle, se lisent quelques-unes des évolutions qui agitent et traversent la société tout entière.
L’esprit du voyage est notre guide et organise le parcours dans sa dynamique, ses étapes, sa scénographie, pendant que la mémoire visuelle de ce passé anime les différentes escales de notre voyage : archives photographiques et audiovisuelles, tableaux, livres, dessins, objets… La mémoire et la réflexion des professionnels d’aujourd’hui nous accompagnent également tout au long du parcours, pour éclairer, commenter les évolutions des vingt dernières années et nous inviter à débattre des reformulations d’aujourd’hui.
Contact: marie-christine.valla@sap.aphp.fr
tel: 01 40 27 55 89

Consulter le dossier de presse de l'exposition

Les partenaires de l'exposition :

Fondation nationale de Gérontologie

Agevillage

Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine et d'Odontologie

Société Medialis

Les publications

Catalogue

Haut de la page

1935-2005. L'hôpital Avicenne: une histoire sans frontières .

 
Du 08/03/2006 au 18/06/2006

Il y a 70 ans, le 22 mars 1935, l'hôpital franco-musulman était inauguré à Bobigny. Destiné exclusivement à l'accueil des patients maghrébins, de confession musulmane, résidant à Paris et dans le département de la Seine, cet établissement s'inscrit alors dans une politique générale d'assistance et de surveillance des premiers immigrés installés en région parisienne.

Présentation générale :






© Sandrine Bouet


 


L’exposition se présente sous la forme de quatre modules, chacun étant consacré à un thème particulier : l’histoire politique et architecturale des lieux, les patients et le personnel, les évolutions médicales depuis la lutte contre deux grands fléaux de l’époque (tuberculose et syphilis), des regards sur le présent et le futur.
En 1926, pendant les fêtes de l'inauguration de la mosquée de Paris, élevée en hommage aux victimes musulmanes de la première guerre mondiale, un médecin français d'Algérie, le Pr. Amédée Laffont, lance une proposition: construire un hôpital adapté aux besoins matériels et moraux des malades nord-africains, de confession musulmane en résidence ou de passage en France.
Ce projet est très lié au Service de Surveillance et de Protection des Indigènes Nord-Africains (SSPINA), fondé en 1926. Pierre Godin, Président du conseil municipal de Paris en est le grand défenseur, avec un double objectif: respecter les us et coutumes d'une population qu'il veut pouvoir contrôler au moment où émergent les premiers mouvements nationalistes.








Porche et entrée de l'hôpital Avicenne en 1935 © Archives / AP-HP


 


Le 22 mars 1935, est inauguré à Bobigny l'hôpital franco-musulman. Dès la fin des années 30 et surtout à la fin de la deuxième guerre mondiale, il perd son statut d'hôpital "réservé" pour s'ouvrir à toute la population des environs.
Après avoir été rattaché à l'Assistance Publique de Paris, en 1962, il change de nom en 1978, sans renier son passé : Avicenne est l'un des plus grands philosophes et médecins du monde islamique très admiré en Europe depuis le Moyen Age.


 

Le communiqué de presse :

1935-2005. L'hôpital Avicenne : une histoire sans frontières.

L’histoire singulière d’un lieu « pas comme les autres »
Le 22 mars 1935, le ministre de l’Intérieur Marcel Régnier inaugure à Bobigny l'hôpital franco-musulman. Destiné exclusivement à l'accueil des patients maghrébins, de confession musulmane, résidant à Paris et dans le département de la Seine, cet établissement s'inscrit clairement dans une politique générale d'assistance et de surveillance des premiers immigrés installés en région parisienne depuis le début du siècle.
À partir de la Libération, cet hôpital s’ouvre petit à petit à l’ensemble de la population puis, en 1962, est rattaché à l’Assistance Publique de Paris. Il prendra le nom d’« hôpital Avicenne » en 1978.
L’exposition est l’occasion de s’arrêter sur l’identité mouvante de ce lieu marqué par son histoire et sa localisation et qui vient de fêter ses 70 ans.
Une exposition du Musée de l’AP-HP, conçue avec l’hôpital Avicenne
Après avoir été présentée jusqu'en janvier dans l’hôpital, l’exposition sera visible du 8 mars au 18 juin 2006 à Paris, au Musée de l’AP-HP.
Le parcours construit autour de croissants formant des îlots plus ou moins fermés développe 4 thématiques:
- l'histoire politique et architecturale des lieux.
- patients et personnel, une histoire de marges et d’engagements. 
- l' histoire des évolutions médicales : depuis la lutte contre deux grands fléaux de l’époque (tuberculose et syphilis) jusqu’à la multiplicité des spécialités médicales d’aujourd’hui. 
- les regards sur le présent, les chantiers de l'avenir.
La dimension participative du projet
Pendant près d’un an, l’implication de volontaires réunis au sein d’un comité de pilotage constitué de professionnels de l’hôpital et de structures associées (Ville de Bobigny, bureau du Patrimoine du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, associations, etc.) a permis de concevoir un discours collectif et multiple, rétrospectif et actuel sur l’identité de l’hôpital.
Deux départements de l’Université Paris X Nanterre se sont associés à la préparation : une trentaine d’étudiants en ethnologie et 4 étudiantes du DESS de consultant culturel ont participé à l’élaboration des contenus.
Un parcours en sons et en images à travers 70 ans d’histoire : ce que l’on pourra voir
des archives publiques inédites,
des photographies et documents personnels des acteurs de l’hôpital,
des extraits de films d’archives et de documentaires plus récents,
des « images » sonores de l’hôpital,
un film documentaire de 45 mn sur le quotidien des soignants de l'hôpital Avicenne.
Un livre : 1935-2005. L’hôpital Avicenne : une histoire sans frontières
L’ouvrage réunit les contributions d’historiens et d’anthropologues qui retracent l’histoire singulière de cet hôpital, création de la France coloniale, et du cimetière musulman qui lui a été associé dès 1937. Des professionnels de santé relatent leur expérience et décrivent les structures originales qui fondent aujourd’hui l’identité forte de l’hôpital. Une large place est faite aux acteurs d’hier et d’aujourd’hui, à travers des citations extraites d’entretiens réalisés pour ce projet (édition du Musée de l’AP-HP ; 160 pages, 18 €)
Cette exposition bénéficie du soutien de la Direction des affaires culturelles d’Ile-de-France – Ministère de la Culture et de la communication, et de la Ville de Bobigny.


Contacts :
Marie-Christine Valla, responsable de la communication et de l’action culturelle :
Musée de l’AP-HP
Hôtel de Miramion - 47 quai de la Tournelle – 75005 Paris
tel : 01 40 27 55 89
courriel : marie-christine.valla@sap.aphp.fr


Consulter le dossier de presse de l'exposition

Les partenaires de l'exposition :

Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France

Ville de Bobigny

Hôpital Avicenne

Les publications

Catalogue

Le dossier pédagogique

Haut de la page

L'hôpital et l'enfant : l'hôpital autrement ? (19e - 20e siècles)

 
Du 02/02/2005 au 31/07/2005

 Le Musée de l'AP-HP a consacré une importante exposition à l'histoire de l'enfance hospitalisée. Porté par des aspirations et des enjeux qui intéressent la santé et l'avenir de la collectivité tout entière, autrement dit de la Nation, le premier hôpital réservé exclusivement aux enfants malades voit le jour à Paris en 1802 ; c'est alors une première mondiale, bientôt relayée par d'autres grandes villes dans toute l'Europe.

Présentation générale :

 







L'hôpital et l'enfant: l'hôpital autrement?...,
visuel de l'exposition © Atelier Juliane Cordès


Berceau et laboratoire d'une nouvelle discipline : la pédiatrie, l'hôpital pour enfants est parallèlement investi de préoccupations et d'ambitions qui intéressent cette fois la formation d'un être en croissance. Dès l'origine et avec le soutien de la société civile (œuvres charitables, bénévoles, puis associations), l'hôpital pédiatrique organise entre ses murs toutes les activités liées aux apprentissages fondamentaux et habituellement prises en charge par la famille, par l'Eglise puis par l'école. En outre, l'accueil de patients mineurs installe d'emblée les médecins et les administrateurs dans une relation d'échange et de dialogue avec les parents.


Cette situation - inhabituelle, à l'époque, à l'intérieur du monde hospitalier - fait de l'établissement pédiatrique un cas particulier. C'est cette singularité qui est examinée dans l'exposition : son évolution, ses composantes et visages successifs, ses paradoxes, ses impasses ou ses limites, à travers un parcours qui s'ouvre avec les premiers projets, à l'aube de la création de cette institution dans un contexte "rousseauiste", pour nous conduire jusqu'au programme de la "culture à l'hôpital" et à la loi du 4 mars 2002 sur les droits des patients mineurs.
Comment le programme scientifique, fer de lance de cet hôpital, a-t-il composé avec des attentes et des contraintes à la fois extérieures et multiples ? A partir de quels rapports d'autorité et en fonction de quelles priorités s'est construite cette relation, autour de l'enfant, entre les médecins, l'administration, les parents et au-delà, la société civile ? Quels savoirs se sont conjugués ou affrontés, dans le but de sauvegarder la vie de l'enfant sans négliger son bien-être ? Et finalement, comment situer notre époque -ses actions, ses débats et leurs résultats - à l'intérieur de cette trajectoire ?



Le parcours de

l'exposition
L'évolution de la pédiatrie est marquée par trois grandes périodes, dont la succession rythme le parcours :
- la construction et l'essor d'une médecine clinique des enfants (1802-1880),
- l'ère pastorienne et l'affirmation du concept de maladie évitable (1880-1940),
- l'explosion des technologies ou le recul des frontières de la mort (de 1950 à nos jours).
Chaque séquence en rappelle les enjeux et les principales réalisations. Mais autour de ce socle, c'est la dynamique de la relation entre médecins, Administration, parents et société civile, à propos et autour de l'enfant, qui est mise en scène. L'évocation de leurs positions respectives et des actions qui les rapprochent (ou les opposent), permet de suivre l'évolution de ce face à face, de repérer ses permanences et de situer ses moments de ruptures.








L'hôpital des Enfants-Malades, porte d'entrée principale, carte postale vers 1900. © AP-HP/Archives



La naissance de l'hôpital pour enfants ou les chemins d'une évidence

La première salle du parcours rappelle le mouvement d'idées, vers la fin du 18e siècle, qui découvre et affirme la spécificité de l'enfant, de son statut, mais aussi des attentions et des soins particuliers que réclame son bon développement. Elle présente les premiers projets de médecins visionnaires qui veulent édifier un savoir solide : la création d'un hôpital spécifique en est perçu comme la condition indispensable. Deux décennies plus tard, en 1802, l'hôpital des Enfants-Malades voit le jour à Paris ; ou de l'idéal à la réalité.


 







 


 

 

Quelle médecine pour quelles maladies ? (1802-1880)







La cure d'air marin à Berck-Plage vers 1910. © AP-HP/Archives


 


La jeune discipline pédiatrique a tout à entreprendre et tout à découvrir : comprendre la physiologie propre de l'enfant, identifier ses maladies, évaluer les mérites comparés des différents traitements. Pas à pas, un nouveau savoir s'édifie. Parallèlement, l'hôpital installe entre ses murs un dispositif très complet d'éducation et d'apprentissage civique, moral et pratique, destiné à offrir une chance supplémentaire à ces enfants pauvres, à leur sortie de l'hôpital.


 


 


 


 









Hôpital des Enfants-Malades, box ou paravent métallique, 1889. © AP-HP/Archives
 



 

 

 

Contagion et mortalité : les réponses du pastorisme (1880-1940)

Parce qu'il concentre en un lieu unique de nombreuses pathologies, l'hôpital multiplie les risques de contagion. La mortalité galopante qu'il enregistre et dont il est responsable entraîne à la fin du siècle un débat sur sa suppression, au profit de petites unités de proximité. Mais l'application de plus en plus stricte des règles de l'antisepsie et de l'asepsie finit par confirmer son existence et sa vocation de laboratoire de la recherche. Ce virage repose cependant sur une logique de séparation, dont l'application à l'égard des familles sera de plus en plus rigoureuse. Le pastorisme inaugure également l'ère de la prévention, avec la diffusion de la puériculture.


Le cas des enfants déficients mentaux (19e siècle)
Cette salle ouvre une parenthèse sur le cas des enfants atteints de déficiences mentales, vis-à-vis desquels l'institution est longtemps restée indifférente. Les "idiots" - l'idiotie est alors une catégorie médicale au contenu et aux contours nébuleux - sont les laissés-pour-compte de la médecine. Au 19e siècle, aucun consensus social ne vient soutenir et relayer la conviction d'une poignée de médecins qui militent pour la création de services spécifiques, distincts de ceux des adultes. C'est l'action opiniâtre du Dr Bourneville et de ses prédécesseurs qui est ici rappelée.



Nouvelles technologies, nouvelles conquêtes (1950-1988)

Cette salle présente les évolutions majeures de l'hôpital pédiatrique au lendemain de la guerre et jusqu'à l'ouverture du nouvel hôpital Robert Debré, en 1988. Tout a changé en quarante années : l'évolution de la recherche et l'explosion des technologies ont segmenté la pédiatrie en de nombreuses spécialités. A partir de là, les frontières de la maladie et de la mort semblent devoir reculer toujours. Parallèlement, l'hôpital est devenu un grand service public, ouvert à toute la population. S'engage alors une difficile mutation pour l'hôpital, pris dans un triple mouvement : celui de sa conversion à l'hyperspécialisation, celui de la diffusion de plus en plus large d'une lecture psychologique et psychanalytique des conséquences de l'hospitalisation - mais à laquelle il résiste longtemps -, celui enfin des demandes des familles, plus informées et plus exigeantes.


Aujourd'hui pour demain








Livret d'accueil de l'hôpital Robert Debré © AP-HP/Archives

L'évolution de la place et du statut de l'enfant dans la société contemporaine fait désormais du patient mineur un sujet de droit, à part entière, véritable interlocuteur des équipes. Dans un contexte où la médecine continue de s'engager sur des territoires nouveaux, et parfois extrêmes, et où l'évolution de l'hôpital se construit dans le cadre d'une "démocratie sanitaire" dans laquelle les parents réclament une position de partenaires, la donne est une nouvelle fois modifiée. Dans un décor qui objective les rêves collectifs, cette salle présente les témoignages et les réflexions des professionnels et acteurs engagés dans une réflexion sur les défis d'aujourd'hui.


Cette exposition est placée sous le haut patronage du Ministre de la Culture et de la Communication.

Consulter le dossier de presse de l'exposition

Les partenaires de l'exposition :

Comité National de l'Enfance

Ecole nationale de la Santé Publique

Fédération des écomusées et musées de société

Fondation Crédit Coopératif

France Culture et le journal La Croix

Les publications

Télécharger la couverture du Petit Journal de l'exposition

Catalogue

Haut de la page

Ordre et désordre à l'hôpital : l'internat en médecine (1802-2002)

 
Du 15/11/2002 au 25/05/2003

L'internat en médecine des hôpitaux de Paris a fêté ses 200 ans en 2002.

Présentation générale :


Visuel de l'exposition Ordre et désordre © Atelier Juliane Cordès


L'internat n'a-t-il pas toujours été cette "pépinière où se sont recrutés les maîtres d'aujourd'hui, où se recruteront les maîtres de demain" ? N'a-t-il pas "engendré de grands savants, de grands chefs d'école" assurant par là "la prééminence de la science française"? Pourtant dans le même mouvement, l'image des internes évoque aussitôt un foyer de turbulences, d'agitation, voire de désordre (dont l'expression ne se limite pas toujours à un joyeux "folklore") : hier, circonscrit entre les murs de l'hôpital, aujourd'hui investissant la rue, dans un contexte de réformes délicates et difficiles qui les a conduits, à plusieurs reprises, à prendre la parole et à manifester.
La cohabitation de ces deux pôles, dans la figure de l'interne, doit être reliée à un examen des conditions du grand mouvement de médicalisation de l'hôpital, au début du 19e siècle, dont les internes ont été tout à la fois les fers de lance et les chevilles ouvrières. Ce sont ces conditions que cette exposition examine et interroge, pour comprendre pourquoi elles ont installé une situation fragile et instable, car inachevée ; comprendre aussi comment, à partir de cette situation, s'est construit le nouvel ordre médical de l'hôpital, préparant à son tour le terreau du désordre.








Les internes de la Salpêtrière, album de l'internat, (1895-1896)
© AP-HP/François Marin


Le parcours de l'exposition


Sérieux, gravité, fantaisie, dérision sont les composantes de la mémoire de l'internat ; ce sont aussi les ingrédients d'un parcours qui se déroule en quatre étapes.


Le bicentenaire entre continuité et ruptures

Commémorer est un acte solennel, empreint de gravité. Son registre est généralement celui de la célébration. Il s'agit de réaffirmer la valeur d'un événement - ici, la création de l'internat, "véritable école de cadres de la médecine française" -, et par là de confirmer un sentiment d'appartenance, maintenir une cohésion, instituer une permanence. La commémoration est bien un acte de reproduction.
Il y a cinquante ans, au musée de l'Assistance publique, une exposition avait mis en scène la brillante trajectoire de l'internat. Depuis, pourtant, tout a changé : l'hôpital, la médecine, la formation... Les évolutions, les réformes nécessaires et les ruptures qu'elles entraînent contredisent l'idée d'une institution immuable. Dès lors, comment commémorer, et pourquoi ? Si le temps pouvait s'arrêter... Ce rêve, dans un musée, devient réalité.


L'internat, socle du nouvel ordre médical
Au début du 19e siècle et après mille ans d'histoire religieuse et charitable, l'hôpital se convertit à la médecine, à la science et au progrès. Après la réunion de tous les établissements parisiens sous une même autorité laïque et leur spécialisation par grands groupes de pathologies (1801), la création de l'internat (1802) représente une étape décisive, à une époque où le nombre des médecins des hôpitaux est insuffisant (1 pour 200 malades) et leur présence limitée (quelques heures le matin). Car pour eux, l'hôpital n'est pas encore le lieu de la grande carrière.
Assistés des externes, les internes (qui vivent à l'hôpital) constituent ce "personnel des élèves" qui fait fonctionner les services en assurant la continuité des secours et des soins aux malades. Ce sont eux les piliers de ce grand mouvement de médicalisation.
L'accès est difficile, les charges sont lourdes, l'expérience est rude. En retour, les internes vivent au cœur de cet inépuisable réservoir de cas que constitue l'hôpital, en un temps où la médecine clinique se construit sur l'observation. Au terme de leurs quatre années de formation, les "élèves-internes", devenus médecins, font partie "de droit" de l'élite du corps médical.








La contre-visite de l’interne, Bellery-Desfontaines (1867-1910) © AP-HP


L'internat ou le désordre à l'hôpital

L'internat des hôpitaux de Paris, si prestigieux soit-il, s'est à l'origine édifié sur des bases instables, incomplètes, et en partie inadaptées. Car sa création a installé un compromis, comme la réponse unique à une double aspiration. Comment cette situation a-t-elle pu perdurer pendant 150 ans, jusqu'à l'institution du plein-temps en 1958, qui permet alors le développement de véritables équipes médicales ? Dans quelle mesure l'agitation et les débordements tapageurs des internes entre les murs de l'hôpital sont-ils l'expression, gaie mais féroce, des contradictions qu'ils subissent ?
Cette salle dresse l'inventaire des manifestations bruyantes et parfois explosives des internes, dont la salle de garde est le territoire réservé, protégé. Elle évoque aussi d'autres dérèglements, lorsque le "personnel des élèves" ne se plie pas à l'ordre rigide, voire pesant d'une institution encore marquée au 19e siècle par son passé charitable. A leur façon, ces désordres disent les limites du système édifié en 1802. Les réponses de l'Administration sont également présentées. Ce face à face nous dit comment les pouvoirs se distribuent et s'affrontent entre les murs de l'hôpital.
Que disent ces désordres, dont les proportions excèdent la dimension habituelle des manifestations de toute vie étudiante ?
La médicalisation de l'hôpital était à l'ordre du jour, dès la fin du 18e siècle. Après la Révolution, cette ambition acquiert la force d'une d'évidence puisque l'enjeu de formation qui la porte sert le projet d'une médicalisation plus large, celle de la société. Mais les temps sont durs, l'hôpital se restructure avec des moyens insuffisants, et le ghetto social qu'il est resté convainc peu de médecins de s'y fixer. C'est donc avec les bataillons d'élèves que cette médicalisation va se construire : les internes, et quand ils ne suffiront plus, les internes provisoires, les externes, les étudiants en médecine stagiaires et bénévoles... Le recours massif au "personnel des élèves" a bien été une solution de compromis et de confort, qui a permis de pallier les limites structurelles de l'institution hospitalière. Une solution dont les internes ont éprouvé toute l'ambiguïté, et qui en retour n'a pas manqué de piéger l'Administration.








Invitation au bal de l’internat, l’AP respectueuse, 1953 © D.R.


Réformes, grèves et contestations : quel est l'avenir de l'internat ?

Depuis bientôt trente ans, le milieu des internes traverse une crise qui porte sur la définition et le contenu de l'internat, dans un contexte où tout a changé, et si vite... Que s'est-il passé ? L'institution du plein-temps en 1958 a entraîné le développement de véritables équipes médicales, rétrocédant de fait la position de l'interne. Déjà en 1960 un rapport s'inquiétait de ce mouvement de "dévalorisation". Peu après, en 1979, la réglementation du concours évolue : le concours "hospitalier local" devient un concours "universitaire général" de dimension interrégionale ; la référence si prestigieuse de l'internat des hôpitaux de Paris disparaît. Ensuite, la construction de l'Europe a entraîné un travail d'harmonisation des conditions de la formation pour certaines professions, celle des médecins en particulier. En 1979, la loi Veil fait désormais de l'internat la seule voie d'accès aux spécialités, posant du même coup la question de la revalorisation, en parallèle, de la médecine générale : de la création du "résidanat" en 1979 à la perspective de "l'internat pour tous" à l'horizon 2004, la politisation du débat a conduit à un enchaînement de réformes, tour à tour réaffirmées puis désavouées.
Dans ce contexte de malaise et d'incertitudes, les internes, reconnus "praticiens en formation", revendiquent précisément une plus large place accordée à la formation. Les "chevilles ouvrières" des services en ont assez d'être les "petites mains de l'hôpital". C'est l'identité d'un corps qui est ici en question. Car la tradition pèse, avec tout ce qu'elle véhicule dans les mémoires, de prestige et d'héroïsme.








Grèves d’internes, Pitié-Salpêtrière, janvier 2002 © AP-HP

 


 

Consulter le dossier de presse de l'exposition

Les publications

Catalogue

Haut de la page

Demain sera meilleur... Hôpital et utopies

 
Du 19/09/2001 au 17/03/2002

D'après une exposition qui s'est tenue au Musée de l'AP-HP du 19 septembre 2001 - 17 mars 2002

Présentation générale :







Visuel exposition Hôpital et utopies
© Atelier Juliane Cordès


A l'aube de ce 3ème millénaire, à un moment où les rêves de changement se cristallisent dans le sentiment que s'ouvre une ère nouvelle, c'est sur le thème de l'utopie que s'arrête la nouvelle exposition du Musée de l'AP-HP. Car si notre époque est sensiblement marquée par les formidables découvertes de la recherche médicale, qui permettent à certains de nos rêves de prendre corps, l'hôpital n'a cessé, depuis le Moyen Age, d'être traversé par de puissants idéaux et imaginaires sociaux. Autrement et meilleur, tel se pense ou se rêve l'hôpital, à chaque période de son histoire. Dans sa forme, l'institution est l'expression de courants de pensée ou d'aspirations qui lui désignent un horizon à atteindre : temple de la charité jusqu'au 18e siècle, temple de la médecine clinique au 19e, puis temple de la science médicale à partir des années cinquante, voilà trois projets qui ont inspiré l'action de l'hôpital, sans que la réalité ne parvienne jamais à en concrétiser pleinement l'intention. C'est cette somme d'aspirations qui portent l'institution dans son action et parfois se formulent dans des programmes, où se précisent les conditions et les moyens de la réalisation, qui est suivie et interrogée tout au long du parcours.


Le parcours de l'exposition


Les quatre salles du parcours s'ouvraient chacune sur une définition de l'utopie, comme quatre portes ouvertes sur une notion mouvante, aux multiples facettes, permettant de découvrir quelques-unes des formes qu'elle revêt au sein de l'hôpital. La scénographie de l'exposition a été inspirée par le vocabulaire architectural de la cité idéale, puisque telle est bien l'aspiration qui traverse et travaille en permanence l'hôpital, "ville dans la ville".








Livre de Vie Active, vers 1482. Manuscrit enluminé © AP-HP/Musée


L'utopie comme programme
Les grandes étapes de l'histoire hospitalière ont toutes été portées par un puissant idéal, formulé et décrit dans un programme. Ce sont ces représentations successives d'un " hôpital-modèle " que l'on découvre dans la première salle : qu'est-ce qui doit disparaître et quel modèle doit s'imposer à la place ?
Au Moyen Age, ces représentations de l'hôpital comme asile de la charité se rencontrent dans quelques très exceptionnels manuscrits enluminés du XVe siècle, comme le Livre de Vie Active. A la fin du 18e siècle, un nouveau modèle d'hôpital se dessine: une machine à guérir, désormais gouvernée par la médecine. Les architectes travaillent dès lors en collaboration avec des médecins ou des savants physiciens. Des gravures de Poyet (1785), de l'Académie des Sciences (1788) et de Marchebeus (1844) fixent les formes du modèle à atteindre. Enfin, dès 1930, c'est un nouvel idéal qui porte désormais les destinées de l'hôpital, celui d'une cité de la santé. Les programmes de deux grands architectes, Jean Walter et l'américain Paul Nelson, qui ont travaillé à en formuler le contenu et l'organisation, sont ici rassemblés.


L'utopie comme transformation

C'est la dimension positive de l'utopie qui est envisagée dans la deuxième salle. L'utopie agit en effet comme un laboratoire d'idées, et par là, elle enfante le changement. On la reconnaît à l'œuvre à travers quelques grandes aspirations, qui ouvrent comme autant de chantiers permanents à l'intérieur de l'hôpital.
Dans l'Europe des Lumières, l'hôpital comme laboratoire et terrain d'apprentissage de la médecine est le premier d'entre eux. Des archives de la Société Royale de Médecine, créée en 1776, témoignent du rôle prospectif de cette assemblée, dont certaines des propositions ne verront le jour qu'au lendemain de la Révolution. De son côté, l'Académie Royale d'Architecture inscrit le thème de l'hôpital comme sujet de concours pour ses élèves ; deux étonnants projets sont présentés, ceux de Guilhot (1792) et de Bonnard (1787).
Désormais pensé comme une machine à guérir, puis au 20e siècle comme une usine à guérir, le souci de la fonctionnalité mobilise les esprits des architectes comme des médecins, depuis le lit hospitalier jusqu'à l'organisation des bâtiments. Une sélection de ces projets est présentée ici, depuis la première formulation de l'hôpital pavillonnaire (1773), révolutionnaire à l'époque, jusqu'aux dessins de Le Corbusier pour le nouvel hôpital de Venise (1966).
La carte hospitalière ou la meilleure répartition sur le territoire, fait aussi l'objet de réflexions multiples qui cherchent à faire système. C'est sous la forme d'un jeu de l'oie qu'elles sont présentées.
Enfin l'idéal d'hospitalité est évoqué au sein d'un " jardin des délices ".








Projet pour un hôtel-Dieu de 1200 lits. Jacques-Charles Bonnard, août 1787
© Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris


L'utopie comme fiction

Puis c'est la dimension négative de l'utopie qui est abordée, source de dérives néfastes lorsque idéaux et principes se coupent de la réalité ou se projettent brutalement sur elle. Le traitement de la question sociale a connu deux écueils, avec la création de l'Hôpital Général (17e siècle) et au moment de la période révolutionnaire.
L'Hôpital Général, conçu comme lieu de resocialisation des exclus, est évoqué par des gravures (dont celle de Jacques Rigaud) qui le représentent comme un véritable palais, ainsi que par des archives et des ouvrages de quelques-uns de ses plus brillants défenseurs. En contrepoint, d'autres gravures, celles de la fameuse cour des miracles, rappellent l'effroi que suscite cette misère, perçue comme foyer de contamination de la ville.
Une sélection d'archives évoque l'une des grandes aspirations des penseurs de la Révolution à instaurer de nouvelles formes de contrat social et à régénérer la vie sociale en supprimant la mendicité et l'hôpital. Celui-ci est alors stigmatisé comme l'un des rouages d'un système de reproduction de l'indigence passive.








Jacques Rigaud (1681-1754). Vue de Bicêtre, gravure. © AP-HP/Musée


L'hôpital de demain, entre prospective et utopie

Et aujourd'hui, quel(s) modèle(s) inspirent l'hôpital de demain ? Comment celui-ci est-il pensé, voulu, rêvé ? L'hôpital n'est-il pas au carrefour d'attentes, de revendications multiples et contradictoires ? Comment appréhender l'avenir, le préparer, s'y préparer ?
Dans cette salle sont confrontés les ingrédients de notre représentation de l'avenir, nourrie de nos attentes mais aussi des promesses d'une médecine de plus en plus sophistiquée. Des images des exploits de cette médecine du futur, des témoignages, des vêtements de Jean-Charles de Castelbajac, qui détournent le vocabulaire hospitalier pour " donner une dimension ludique à un endroit qui effraie ", des dessins d'enfants, un salon de rêverie - espace conçu par la plasticienne Lou Muriel Parnaudeau - s'offrent ici au regard et à la réflexion du visiteur.








Dessin d'enfant - concours de la Fondation Hôpitaux de Paris et de l'AP-HP, 1996 © AP-HP/Musée


L'exposition bénéficiait du soutien de la Direction régionale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication et du partenariat de France Culture.

Consulter le dossier de presse de l'exposition

Les partenaires de l'exposition :

Direction Générale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France

Ministère de la Culture et de la Communication

France Culture

Les publications

Catalogue

Haut de la page

"De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace...". La chirurgie hospitalière à Paris à la fin du 19e siècle à travers une acquisition.


Du 06/10/2000 au 31/12/2000

Présentation générale :







Exposition Péan © D'Arcy Corporate

C’est autour d’une acquisition récente, celle d’un ensemble tout à fait exceptionnel, que l’exposition est conçue. Il s’agit de quatre panneaux réalisés vers 1900 par les élèves du Dr Péan, chirurgien de l’hôpital Saint-Louis de renommée internationale, qui relatent selon le principe du montage, quatre expérimentations de chirurgie prothétique extrêmement novatrices pour leur époque.
C’est en effet au cours des dernières décennies du 19e siècle que quelques chirurgiens en France et à l’étranger, s’enhardissent à implanter des prothèses dans le corps, ou endoprothèses, explorant les voies d’une chirurgie conservatrice, qui repousse ou écarte l’issue redoutable de l’ablation d’organe.

Les publications

Catalogue

Haut de la page

Dire et faire l’Assistance Publique : 150 ans d’histoire hospitalière (1849-1999)


Du 12/01/1999 au 31/07/1999

Cette exposition propose de découvrir l’histoire d’une grande institution parisienne : l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, qui a commémoré en 1999, le 150e anniversaire de sa création.

Présentation générale :

Suivre l’histoire de cette « grande maison », c'est plonger dans l’histoire sociale de Paris, avec sa population d’indigents et de nécessiteux, et ses services sociaux : bureaux de bienfaisance, maisons de secours, et dispensaires, Service des Enfants assistés, etc… C’est aussi parcourir l’histoire de la médecine hospitalière : ses méthodes, ses recherches, ses mutations, et ses personnages. C’est enfin prendre la mesure des grandes évolutions de la société, tant il est vrai que l’hôpital constitue le microcosme d’une collectivité.

Les publications

Télécharger la couverture du Petit Journal de l'exposition

Catalogue

Haut de la page

L’appétit vient en mangeant ! … Histoire de l’alimentation à l’hôpital (15e – 20e siècles)


Du 07/11/1997 au 26/04/1998

 







 

Présentation générale :






L'appétit vient en mangeant : visuel de l'exposition
© La troisième agence

Cette exposition retrace cinq siècles d'une histoire mouvementée et toujours d'actualité et aborde également la question, longtemps restée tabou, du statut du plaisir au sein de l'univers hospitalier.
Près de 200 oeuvres, peintures, gravures, photographies, faïences, orfèvrerie, ivoires, enluminures, archives, et instruments médicaux de toutes époques évoquent "la mémoire culinaire" de l'hôpital mais au-delà, accompagnent une réflexion sur ce que pourrait être une alimentation hospitalière intégrant les dimensions de l'affectivité, de l'imaginaire et du plaisir, facteur non négligeable dans le processus de recouvrement de la santé.

Les partenaires de l'exposition :

France Culture

Nestlé

Les publications

Télécharger la couverture du Petit Journal de l'exposition

Catalogue

Haut de la page

Depuis 100 ans, la société, l’hôpital et les pauvres.


Du 24/10/1996 au 02/03/1997

Présentation générale :







L'hôpital et les pauvres : visuel de l'exposition
© La troisième agence

Il y a un peu plus de cinquante ans, l’hôpital était encore le lieu d’accueil et de soin des pauvres. Depuis lors, bénéficiant du prodigieux développement des technologies scientifiques, il s’est transformé en cette puissance « machine à guérir » dont rêvait Tenon au XVIIIe siècle. Toutefois, la société attend de l’institution qu’elle continue à prendre en charge comme par le passé l’expression de ses dysfonctionnements. L’hôpital se retrouve donc en première ligne pour traiter les conséquences sanitaires liées à la « nouvelle pauvret é ». Mais l’hôpital moderne le peut-il toujours et dans les mêmes conditions qu’autrefois ? Ses structures et son organisation sont-elles réellement adaptées ? L’hôpital n’aurait-il pas perdu la mémoire, sa mémoire ?


L’exposition s’interroge sur les relations complexes et contradictoires nouées entre la société, l’hôpital et les pauvres, proposant ainsi des repères importants pour une meilleure compréhension de la situation actuelle. Elle mettra à jour les évolutions et les ruptures successives qui ont poussé l’hôpital, au nom de son ouverture au plus grand nombre, à se détacher progressivement de sa mission originelle, l’accueil des pauvres.

Les partenaires de l'exposition :

France Culture

Radio France Urgences

Les publications

Télécharger la couverture du Petit Journal de l'exposition

Catalogue

Haut de la page

« L’Heureux événement » : une histoire de l’accouchement


Du 07/04/1995 au 16/07/1995

Présentation générale :

Acte physiologique, l’accouchement est au moins autant un acte culturel, profondément déterminé dans son interprétation, son déroulement et son vécu par les références et les valeurs qu’une société se donne.


Le statut de l’individu au sein de la collectivité, les représentations du corps et de ses manifestations, mais aussi les contours d’un imaginaire de la vie et du monde se dessinent à travers les conditions de la naissance.


Dans l’univers hospitalier contemporain, les références culturelles semblent s’effacer derrière l’arsenal technique, lors même que celui-ci exprime quelque chose des nouveaux enjeux, des attentes ou des revendication de notre siècle.


C’est pour comprendre leur formulation moderne et retrouver leur enracinement au sein d’une histoire que le Musée de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris organise une exposition consacrée à ce thème.


 

Les partenaires de l'exposition :

Gallia

Famille Magazine

Les publications

Catalogue

Haut de la page

Henri Mondor, 1885-1962


Du 15/09/1993 au 30/10/1993

Les partenaires de l'exposition :

Théâtre du Val-de-Marne

Académie Nationale de Médecine.

Les publications

Catalogue

Haut de la page

La Révolution française et les hôpitaux parisiens.


Du 07/06/1989 au 30/10/1989

Exposition réalisée à l'occasion du Bicentenaire de la Révolution française.

Les publications

Catalogue

Haut de la page

Hommage à Robert Debré (1882-1978). L'épopée de la médecine des enfants.


Du 19/10/1988 au 15/01/1989

Exposition consacrée à la pédiatrie et à la carrière de Robert Debré.

Les publications

Catalogue

Haut de la page

La leçon de Charcot : voyage dans une toile.


Du 17/09/1986 au 31/12/1986

Présentation générale :

Exposition temporaire consacrée à la toile d'André Brouillet représentant Jean-Martin Charcot professant une leçon clinique à l'hospice de la Vieillesse-Femmes (La Salpêtrière).

Les publications

Catalogue

Haut de la page