Site internet institutionnel de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris
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Instituée par la loi du 10 janvier 1849, l'Administration générale de l'Assistance Publique à Paris succède au Conseil Général des Hospices Civils, créé en 1801 dans le contexte de réorganisation des structures de soins et de charité. Administration communale autonome en charge de toute la politique sanitaire et sociale à l'intention de la population indigente de Paris, l'Assistance Publique gère un réseau coordonné de services et d'établissements charitables et hospitaliers.
On peut schématiquement distinguer deux grandes périodes dans l'histoire de l'Assistance Publique, qui sont le reflet de son adaptation aux transformations de la société. Jusqu'aux années 1960, elle assure des missions sanitaires et sociales pour les classes pauvres de la société, avant de devenir un grand service public investi de missions de soins, d'enseignement et de recherche.
Dans un contexte d'industrialisation croissante, d'explosion démographique et d'exode rural et en l'absence d'une politique de protection sociale, l'Assistance Publique est chargée de l'ensemble des problèmes liés à la pauvreté. En raison de l'étendue de la misère à Paris et de la diversité des formes qu'elle revêt alors, les missions de l'Assistance Publique concernent une part importante de la population : indigents, enfants abandonnés, vieillards, malades sans ressources.
Le service des secours à domicile fonctionne grâce aux bureaux de bienfaisance et aux dispensaires situés dans chaque arrondissement de la capitale. Héritiers des bureaux de charité de l'Ancien Régime, les bureaux de bienfaisance (créés dans chaque commune par la loi du 28 novembre 1796) sont chargés de la distribution des secours à domicile. D'abord remis en nature (vivres, linge, médicaments, combustibles...), les secours sont fournis en argent à partir de la fin du XIXe siècle. Les bureaux de bienfaisance jouent un rôle essentiel dans la mise en application des lois d'assistance obligatoire, notamment aux vieillards, infirmes et incurables (1905) et aux familles nombreuses (1913). Ils prennent le nom de bureau d'aide sociale en 1953.
Les dispensaires, créés en 1895, proposent des services d'examen et de dépistage. Leur nombre diminue au cours du XXe siècle, au fur et à mesure que se développent les consultations hospitalières.
Mission emblématique de l'Assistance Publique, la gestion du service des Enfants-assistés (anciennement Enfants-trouvés) a beaucoup évolué au cours de son histoire. Au XIXe siècle, la fonction essentielle de ce service consiste à accueillir les enfants à l'hospice dépositaire, avant de les placer, par l'intermédiaire des agences, chez des nourrices. Dès la fin du XIXe siècle, l'Assistance Publique crée pour l'instruction des pupilles des centres d'apprentissage professionnel (horticulture, imprimerie et ébénisterie, agriculture, travaux ménagers). Dans les années 1950, le Service des Enfants-assistés (devenu en 1943 le Service de l'Assistance à l'Enfance) met en place tout un programme axé autour de la réadaptation, avec des centres d'observation et de déconditionnement pour les enfants inadaptés ou des foyers de jeunes travailleurs.
Les hospices ont pour vocation d'accueillir tous ceux que l'indigence, les maladies incurables et la vieillesse mettent hors d'état de subvenir à leurs besoins. Considérée comme le représentant légal des pauvres, l'Assistance Publique a souvent bénéficié d'importants dons et legs qui lui ont permis d'augmenter le nombre de ses hospices dont la plupart portent le nom de leur donateur.
Jusqu'à la loi de 1941, les hôpitaux sont réservés aux malades dont les revenus ne dépassent pas un certain plafond de ressources. Ils y sont soignés gratuitement. Au XIXe siècle, l'hébergement est principalement organisé pour les longs séjours. Les malades sont logés dans des salles communes et séparés en fonction de leur sexe. La vie en salle commune relève d'une discipline contraignante : horaires stricts, silence dans les salles, mesures contre les malades indisciplinés...
Lieu d'hébergement et de soins pour les pauvres, l'hôpital devient aussi, au XIXe siècle, un centre important d'enseignement médical : dès 1802, les étudiants de la Faculté de médecine de Paris y sont accueillis et l'élite de la médecine parisienne, qui forme le corps des professeurs, s'y concentre. La rencontre entre ces deux fonctions de l'hôpital constitue le point de départ de l'essor de la médecine clinique parisienne et enclenche la progressive médicalisation de l'hôpital.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, le visage de l'hôpital se transforme. La loi de 1941, en ouvrant les hôpitaux publics à l'ensemble des citoyens, rompt avec la tradition de l'hôpital charitable. La Sécurité sociale (créée en1945) apporte à l'hôpital des ressources importantes et rend sa mutation possible : il devient progressivement un pôle d'excellence médical, tourné vers la haute technicité. Au début des années 1960, l'Assistance Publique, critiquée pour son gigantisme et sa centralisation excessive, connaît une phase importante de réorganisation. Les décrets du 22 juillet 1961 définissent le nouveau statut de l'Assistance Publique et plusieurs textes législatifs et réglementaires transfèrent la gestion de ses services sociaux à la Ville de Paris (Aide médicale en 1964 ; Aide sociale en 1969 ; hospices en 1970) ou au département (Aide sociale à l'enfance en 1961 ; P.M.I. en 1969). L'Assistance Publique recentre ses missions sur l'hôpital, désormais investi par les ordonnances de 1958 de trois fonctions essentielles : le soin, l'enseignement et la recherche. En 1991, cette orientation est officialisée dans sa nouvelle dénomination : Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
Depuis le début des années 1960, l'organisation médicale de l'Assistance Publique s'est profondément transformée. Les activités médicales et médico-techniques se sont développées et structurées. La spécialisation des services, en lien avec le développement des connaissances, s'est accélérée à partir de la réforme hospitalo-universitaire de 1958.
Les modes de prise en charge des malades se sont adaptés à l'évolution des pratiques thérapeutiques et aux besoins nouveaux exprimés par les patients. La durée moyenne de séjour est passée de plus de 20 jours au début des années 1960 à moins de 10 jours en 1990. Actuellement, elle est de 7, 5 jours (chiffres 1997). De nouvelles formules d'hospitalisation se sont développées : hospitalisation à domicile (HAD) ; hôpital de jour ; soins ambulatoires.
Suite à l'ordonnance du 30 décembre 1958, les études médicales sont intégrées aux hôpitaux des villes sièges de facultés. Paris, en raison de l'importance et de la dispersion de ses services hospitaliers, est divisé en plusieurs sections. Le 27 novembre 1968, la faculté de médecine de Paris est scindée en 10 Unités de Formation et de Recherche (UFR), complétées en 1971 par une 11e unité. L'AP-HP est liée par conventions avec ces 11 UFR de médecine, de pharmacie et d'odontologie. Les décennies 1960-1970 sont marquées par un accroissement considérable des capacités de formation, à la fois pour le recrutement extérieur, mais aussi pour la formation continue des agents des différentes filières professionnelles.
La réforme Debré (ordonnance du 30 décembre 1958) crée les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) et les dote d'une mission officielle de recherche au même titre que celles d'enseignement et de soins. L'égalité entre les deux types de disciplines, cliniques et biologiques, est officialisée à l'université et à l'hôpital.
A l'Assistance Publique, cette réforme permet de poursuivre et de développer un mouvement amorcé dans les années 1950, notamment grâce à l'Association Claude Bernard (ACB), qui joue un rôle moteur en installant des laboratoires dans les hôpitaux. Son action est bientôt relayée par l'Institut National d'Hygiène (INH), futur INSERM, et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). En 1993, l'AP-HP conclut également une convention de recherche avec l'Institut national de recherche agronomique (INRA). Par ailleurs, depuis 1990, l'AP-HP mène une politique volontariste dans le domaine de la recherche clinique (la direction de la recherche clinique) ; elle assure, depuis 1994, le rôle de délégation régionale à la recherche clinique pour l'ensemble des hôpitaux d'Ile-de-France.