Site internet institutionnel de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris

Accueil > Histoire, Musée, Archives > Le Musée de l'AP-HP > Les collections > La collection d'art dentaire Pierre Fauchard

Histoire, Musée, Archives

Les collections

Voir le diaporama

La collection d'art dentaire Pierre Fauchard

Depuis le printemps 2003, le Musée de l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris a enrichi ses collections en accueillant l'ancien musée Pierre Fauchard. Ce patrimoine prestigieux d'art dentaire a été remis en donation par l'Ecole Dentaire de Paris lors de sa dissolution en 2001.
'Inscrit à l'inventaire, il n'est pour le moment pas accessible aux visiteurs"

L'histoire du Musée Pierre Fauchard

Buste de Pierre Fauchard

Cinq jeunes dentistes créent en 1879 le « Cercle des Dentistes de Paris ». L'année suivante, l'Ecole Dentaire de Paris, première école dentaire en France, ouvre ses portes. Une bibliothèque est aussitôt fondée, ainsi qu'un musée.
En 1892, le musée contient déjà environ 300 pièces d'anatomie dentaire réelles ou en plâtre. S'y ajoutent des collections d'anatomie comparée, de prothèses, d'outillage dentaire ancien et moderne, de botanique et de minéralogie. A l'instar d'autres musées médicaux de la fin du 19e siècle - comme le musée des Moulages de l'hôpital St-Louis - il est alors destiné à l'enseignement : « La meilleure description d'appareil ne vaudra jamais la vue de l'appareil lui-même. » (L. Lemerle, 1892).
De nombreux dons enrichissent progressivement le musée qui devient l'un des plus importants en France sur ce thème. En 1937, il prend le nom de « Musée Pierre Fauchard » pour honorer le père fondateur de la profession (1678-1763). Après dissolution de la Société de l'Ecole Dentaire de Paris, en 1998, l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est choisie pour devenir propriétaire de l'ancien musée et de la bibliothèque.

Haut de la page

L'Assistance Publique et l'art dentaire

Ce n'est pas seulement parce que l'AP-HP possède un musée que l'Ecole Dentaire de Paris lui lègue sa collection, c'est aussi parce qu'un lien fort s'est développé tout au long du 20e siècle entre les deux institutions.
En 1849, au moment de la création de l'Assistance Publique, il n'existe pas de loi instituant la pratique de l'art dentaire. En effet, la loi du 19 ventôse an XI qui réglemente la médecine ne l'a pas mentionné. Il s'ensuit une liberté complète d'exercice de la profession de dentiste qu'aucun diplôme ne sanctionne, ce qui ouvre la porte au charlatanisme.
La création de l'Ecole Dentaire de Paris en 1879, de l'Ecole Odontotechnique en 1884, puis celle de la Société de Stomatologie en 1888, motivent la loi du 1er décembre 1892 qui réserve l'exercice de la médecine aux titulaires du diplôme de docteur en médecine et crée un diplôme de chirurgien-dentiste. Cette loi précise cependant que l'un ou l'autre de ces deux diplômes est nécessaire pour exercer l'art dentaire.
A l'Assistance Publique, un arrêté directorial de 1895 autorise les élèves des deux écoles dentaires de Paris à faire leurs études anatomiques à l'amphithéâtre d'anatomie des Hôpitaux. La présence des chirurgiens-dentistes se généralise peu à peu, notamment dans les consultations externes. Dans les années 1960, trois professeurs de l'Ecole Dentaire de Paris sont nommés dans les hôpitaux Broussais, Saint-Louis et Lariboisière.
En 1965, les écoles privées de chirurgie dentaire deviennent des écoles nationales qui, avec la loi Faure (1968), sont intégrées dans les universités. Le 1er cycle dentaire est commun à celui de médecine. En 1971, le Doctorat d'exercice est créé. En Ile-de-France, c'est l'Assistance Publique qui prend en charge l'enseignement pratique. En 1977, l'Ecole Dentaire de Paris cède à l'Assistance Publique son immeuble de la rue de la Tour d'Auvergne qui devient le Centre de soins Deliberos. Deux UFR s'implantent en Ile-de-France, celle de Paris V (Hôpitaux Albert-Chenevier, Charles-Foix, Louis-Mourier et Centre Deliberos) et celle de Paris VII (Pitié-Salpêtrière et Centre Garancière).
Si la stomatologie et la chirurgie maxillo-faciale se sont fortement développées à l'Assistance Publique à partir de la guerre 14-18, les soins dentaires ont pris une grande importance depuis une trentaine d'années. Actuellement, on compte environ 200 fauteuils d'odontologie répartis sur six sites et l'AP-HP est la seule structure en Ile-de-France (Pitié-Salpêtrière) à proposer une « grande garde dentaire » pour les week-ends et jours fériés.

Haut de la page

Composition de la collection

La bibliothèque contient environ 500 livres dont la moitié représente un fonds spécialisé de livres anciens reliés. Le livre le plus rare est l'édition originale de l'ouvrage de Pierre Fauchard « Le chirurgien-dentiste ou Traité des dents », paru à Paris en 1728. Un bel exemplaire des « Œuvres » d'Ambroise Paré, 11e édition de 1652, y figure également.
Plus de 1000 pièces - instruments de chirurgie en ébène et ivoire, trousses complètes, prothèses, fauteuils dentaires, tableaux, gravures, bustes, datant du 16e au 20e siècle, constituent un ensemble étonnant sur le plan esthétique et révélateur des formidables progrès techniques.

Trousse, dite de Charles X

L'objet le plus prestigieux est assurément le coffret dit « de Charles X », grande boîte en bois de rose, cerclée d'éléments décoratifs en laiton, fabriquée aux Etats-Unis au milieu du 19e siècle. Les différents tiroirs et tirettes présentent un total de 130 instruments destinés au détartrage et à l'extraction des dents ainsi qu'au soin des caries.

On peut classer l'instrumentation en cinq grandes familles : détartrage, soin des caries, extraction des dents, soins prothétiques et orthodontie.
Les instruments d'extraction des dents sont les plus représentés avec environ 350 pièces : daviers (pinces), élévateurs (leviers), tiretoires, pélicans et clés dentaires (crochets-leviers). L'évolution de l'instrumentation dans ce domaine révèle l'aptitude humaine à façonner la matière. Elle permet d'imaginer aussi l'ampleur des souffrances d'autrefois.

Page de présentation des pélicans à branche, catalogue de l'ancien musée Pierre Fauchard

Puis vient la famille des instruments prothétiques : environ 200 pièces telles que dents prothétiques, dentiers en ivoire d'hippopotame, appareils dentaires. A propos de ces derniers, la collection comprend une douzaine de copies de modèles étrusques.
Pour ajuster les dentiers, les prothésistes utilisent des appareils nommés articulateurs : une soixantaine de modèles retracent l'évolution de cette technique depuis les premiers occluseurs du début du 19e siècle jusqu'aux Gysi et aux Georges Villain.
Avec ses sondes, forets, fraises, limes, fouloirs à aurification, brunissoirs, la famille du soin des caries comporte 95 pièces, notamment l'ancêtre de la fameuse « roulette » avec un tour à pédale de Morrison, invention de la fin du 19e siècle.
Pour le détartrage, la collection de pointes aiguisées fait apprécier l'invention récente des ultrasons. Certaines petites trousses traduisent l'émergence de l'hygiène dentaire au 19e siècle.
Enfin, une trentaine d'appareils d'orthodontie évoquent les différentes expérimentations en ce domaine dans les deux premiers tiers du 20e siècle.

Le caractère très attachant de la collection de l'ancien musée Pierre Fauchard provient du fait qu'aucune restriction thématique n'a été opérée. Ainsi, au suivi méthodique de différentes techniques s'ajoutent la préciosité esthétique de certaines fabrications, ainsi que le pittoresque et l'anecdotique : un décapsuleur en forme de sourire à dent unique, une sculpture de deux grosses molaires, une brosse à dent à manivelle. On trouve également des préparations anatomiques comme un moulage des mandibules présentant l'émergence des dents définitives sous les dents de lait, ou bien des prouesses de l'art comme l'aurification d'une dent sur trois faces.

En 2004, l'AP-HP a confié en dépôt à la BIUM (Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine, Paris) l'ensemble des ouvrages du fonds Fauchard.
La BIUM assure depuis la conservation, la gestion et la mise en valeur de cette collection.
Soixante dix titres sont désormais consultables en ligne.

Haut de la page

Informations complémentaires sur l'art dentaire  :

Société française d'histoire de l'art dentaire
Association de sauvegarde du patrimoine de l'art dentaire

Haut de la page

Pour en savoir plus sur les collections du musée :

Haut de la page