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Allergies : la réactivité croisée entre le pollen de cyprès et les pêches/agrumes enfin expliquée

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Des chercheurs de l’AP-HP, de l’Institut Pasteur et de l’AP-HM, en collaboration avec des équipes tchèque et japonaise, viennent d’identifier, pour la première fois, l’origine probable de la réactivité croisée entre le pollen de cyprès, la pêche et les agrumes. Leurs travaux ont permis de démontrer que ces sources allergéniques contenaient des allergènes appartenant à une nouvelle famille de protéines impliquée dans les syndromes allergiques pollen/aliment. Cette découverte, publiée dans JACI, ouvre la voie au développement de nouveaux tests de diagnostic des allergies.

Crédits: 
©Youcef Shahali / Colorisation Jean-Marc Panaud, Institut Pasteur

Grains de pollen de cyprès (Hesperocyparis arizonica) observés en microscopie électronique à balayage (grossissement x 2200). Les orbicules ou "corps de Ubisch" (petites granules de 300-600nm), caractéristiques des pollen de Cupressaceae sont visibles à la surface de l'exine (membrane externe).

De plus en plus de personnes souffrent d’allergies aujourd’hui, notamment dans les pays industrialisés où près de 30% de la population est touchée. Dans ce contexte, les médecins observent une augmentation des cas de syndromes « pollen/aliment », ou syndromes « combinés », c’est-à-dire des allergies croisées entre les pollens (allergies respiratoires) et la nourriture (allergies alimentaires).

Dans les régions méditerranéennes, des syndromes pollen de cyprès/pêche et pollen de cyprès/agrumes ont notamment été décrits au niveau clinique. Ainsi, certaines personnes, exposées et sensibilisées dès leur plus jeune âge au pollen de cyprès, manifestent, une fois adultes des allergies aux agrumes et à la pêche. On estime ainsi que 60 % des allergies alimentaires sont associées à des allergies respiratoires.

Bien que plusieurs explications aient été avancées sur l’augmentation de ces syndromes associés, comme des changements de l’environnement et des modes de vie, les bases structurales à l’origine des syndromes d’allergies croisées entre certains fruits et le pollen de cyprès n’avaient jusqu’alors jamais été formellement identifiées.

Une étude translationnelle (associant étroitement l’observation clinique et la recherche fondamentale), dirigée par des chercheurs de l’AP-HP et de l’Institut Pasteur, en collaboration avec des équipes de l’Université de Chimie et de Technologie de Prague (République tchèque), de l’Université d’Hokkaido (Japon) et le service de pneumo-allergie de l’hôpital La Timone de Marseille (AP-HM), révèle pour la première fois les mécanismes physico-chimiques et immunologiques sous-tendant cette réactivité croisée.

Les scientifiques ont pour cela analysé les propriétés physico-chimiques, immunologiques et structurales de BP14, un allergène qu’ils avaient décrit dans le pollen de cyprès. Ils ont mis en évidence de nombreuses similarités avec les allergènes Pru p 7 de la pêche et Cit s 7 de l’orange, deux allergènes appartenant à la famille des protéines « snakin/GRP » (Gibberellin-regulated protein). Ces observations ont amené les chercheurs à établir que BP14, Pru p 7 et Cit s 7 étaient les membres d’une nouvelle famille d’allergènes respiratoires et alimentaires, impliquée dans les syndromes pollen/aliment.

Comme l’explique Pascal Poncet, coordinateur de l’étude, au sein du Centre d'Innovation et Recherche Technologique de l’Institut Pasteur, « un nouveau concept apparaît, celui de la sensibilisation conditionnelle : une fois que le système immunitaire d’un individu développe une intolérance à un allergène comme BP14, il est alors plus susceptible de se sensibiliser à des allergènes similaires, appartenant à la même famille de protéine, dans d’autres sources allergéniques. »

La mise en évidence de cette réactivité croisée et l’identification de ses causes pourraient permettre d’inclure cette nouvelle famille d’allergènes dans les batteries de tests proposés aux personnes allergiques, dont elle est actuellement absente. Cette découverte devrait ainsi contribuer à améliorer le diagnostic des allergies et assurer une meilleure prise en charge des patients pour une médecine personnalisée.

Source :

A new allergen family involved in pollen food associated syndrome: snakin/gibberellin regulated proteins, Journal of Allergy and Clinical Immunology, 03 août 2017

Hélène Sénéchal, PhD (a), Jiří Šantrůček,PhD (b), Magdalena Melčová, MS (b), Petr Svoboda, PhD (b), Jarmila Zídková, PhD (b), Denis Charpin, MD (c), Laurence Guilloux, PhD (d), Youcef Shahali, PhD (e), Marie-Ange Selva, ME (a), Rémy Couderc, PhD (a), Tomoyasu Aizawa, PhD (f,g) and Pascal Poncet, PhD (h)

(a) Armand Trousseau Children Hospital, AP-HP, Biochemistry department, Allergy & Environment Research team;

(b) University of Chemistry and Technology, Prague, Czech Republic;

(c) Department of pneumonology and allergy, North Hospital and Inserm UMR 600, CNRS UMR 6212, Aix-Marseille University, France;

(d) Eurofins-Biomnis, Lyon, France;

(e) Razi Vaccine and Serum Research Institute, Agricultural Research, Education and Extension Organisation (AREEO) Karaj, Iran;

(f) Graduate School of Life Science, Hokkaido University, Sapporo, Hokkaido ;

(g) Global Institution for Collaborative Research and Education, Hokkaido University, Sapporo, Japan;

(h) Pasteur Institute, Center for Innovation and Technological Research, Paris, France.

DOI : http://dx.doi.org/10.1016/j.jaci.2017.06.041

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