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Etude de cohorte rétrospective nationale sur l’impact du Covid-19 chez les femmes enceintes en France

Publié le Communiqués de presse

Une équipe de l’AP-HP et un groupe de recherche de l’Agence de Biomédecine (ABM) ont mené des travaux sur l’impact de l’infection de Covid-19 sur la morbidité des fins de grossesse et des accouchements. Cette étude nationale rétrospective de cohorte a comparé les risques de morbidités maternelles des femmes diagnostiquées ou non Covid-19 et hospitalisées avant ou pendant l’accouchement sur la période de janvier à juin 2020 en France, correspondant à la première vague de Covid-19.

Les résultats de ces travaux, coordonnés par les Drs Sylvie Epelboin et Julie Labrosse, du centre d’assistance médicale à la procréation, gynécologie obstétrique, médecine de la reproduction de l’hôpital Bichat – Claude-Bernard AP-HP, et la Dr Fabienne Pessione du pôle évaluation-biostatistique de l’Agence de la biomédecine, ont fait l’objet le 30 novembre 2021 d’une publication dans la revue Plos Medicine.

Cette étude a été réalisée avec les données d’hospitalisation du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) sur la période allant de janvier à juin 2020 en France. Les risques de morbidités maternelles en présence d’infection virale ont été analysés avec un modèle de régression logistique multivariée ajusté sur les caractéristiques des femmes, y compris l’origine de la grossesse (conception naturelle ou par Fécondation In Vitro [FIV]).

244 645 accouchements ont été inclus dans l’analyse, parmi lesquels 874 (0,36%) femmes ont été diagnostiquées infectées par le Covid-19 ; 5 832 accouchements étaient issus de FIV, dont 0,27% avec diagnostic de Covid-19.

Les résultats de cette étude indiquent que, comparées aux femmes non infectées, les femmes infectées par le Covid-19 étaient significativement plus âgées (31,1 ± 5,9 vs 30,5 ± 5,4 années, p<0,001), plus souvent obèses (0,69% vs 0,33%, p<0,001), avec grossesses multiples (0,74% vs 0 ,35% ; p<0,001), avec antécédent d’hypertension artérielle (HTA) (0,87% vs 0,35%, p<0,001), moins souvent primipares (39,1% vs 42,8%, p=0,03) ou présentant un tabagisme actif (2,5% vs 4,8%, p<0,01). Le risque d’infection n’était pas augmenté en cas de conception par FIV (0,27% vs 0,36%, p=0,28).

Les femmes enceintes du groupe Covid-19 ont été plus souvent hospitalisées en soins intensifs (USI) (5, 95% vs 0,08%, (0R =50,8 [11,2-229,7]), et leur taux de mortalité accru (0,23% vs 0, 005%, OR=82,9[60,5-113,5].

En analyse univariée et multivariée (ajustée sur les caractéristiques maternelles), les risques de pathologies maternelles et fœtales étaient majoritairement significativement augmentés dans le groupe Covid-19 par rapport aux autres accouchées non diagnostiquées Covid-19. Ces risques mesurés par l’Odd ratio ajusté (OR) concernaient la prééclampsie/ éclampsie: OR = 2,0, [1,5-2,8], l’HTA gestationnelle : OR = 1,7, [1,1-2,6], l’hydramnios : OR = 1,8, [1,01-3,2], l’infection du liquide amniotique : OR = 2,2, [1,2-3,9], les hémorragies pendant le travail : OR = 2,9, [1,5-5,9], du post-partum: OR = 1,7, [1,4-2,1], la détresse fœtale pendant le travail : OR = 1,4, [1,2-1,6].

La fréquence des accouchements prématurés était également accrue. En analyse multivariée, le risque d’accouchement prématuré était significativement augmenté dans le groupe COVID-19 (OR=2,5 [2,1-3,5]), y compris pour la grande prématurité 28-31SA (OR = 2,6 [1,6-4,2]), la très grande prématurité 22-27SA (OR = 2,9 [1,9-4,5]). Le risque était augmenté tant pour la prématurité induite (OR = 3,8 [2,8-5,3]), que spontanée (OR = 2,1 [1,7-2,6]).

Il n’a pas été mis en évidence d’augmentation du risque thrombotique (faible puissance statistique), de placenta praevia, d’hématome rétro-placentaire ou de diabète. La fréquence des interruptions médicales de grossesse (IMG) >=22 SA et des accouchements avec mort in utero /mort-né non induit n’étaient pas significativement accrue en analyse multivariée.

Les données issues des épidémies d’autres coronavirus, MERS-CoV et SARS-CoV, suggéraient une augmentation des complications materno-fœtales chez les femmes enceintes atteintes. Cette vaste étude de cohorte nationale comparant la fréquence des morbidités maternelles et des complications obstétricales des femmes chez qui avait été ou non diagnostiquée le Covid-19, avant ou au moment de l'accouchement lors de la première vague pandémique de Covid-19, a suggéré une association entre le Covid-19 et une majorité de morbidités maternelles et obstétricales, notamment les séjours en unité de soins intensifs (USI), la prématurité et grande prématurité spontanée ou induite, la pré-éclampsie, les hémorragies du péripartum et la césarienne. Les femmes ayant contracté le Covid-19 étaient plus fréquemment âgées, obèses et hypertendues. La fréquence des grossesses issues de FIV n'était pas différente entre les groupes Covid-19 ou non, ce qui était une information importante dans un contexte d’aide à la conception sans générer de sur-risque.

En pratique clinique, la connaissance du risque augmenté de ces complications liées à le Covid-19 semble essentielle, notamment dans les populations à risque connu de développer une forme plus sévère d'infection ou de morbidité obstétricale, pour que les professionnels de la naissance puissent fournir aux femmes enceintes une information claire. Toutes les recommandations actuelles convergent pour la vaccination des femmes enceintes, et, en amont, de celles qui souhaitent démarrer une grossesse, spontanément ou par AMP.

Cette étude n’incluant que les femmes atteintes de Covid-19 diagnostiquées de la fin du second ou troisième trimestre de la grossesse, elle ne permet pas de déterminer l'impact de le Covid-19 au cours des premiers stades de la grossesse.

Obstetrical outcomes and maternal morbidities associated with COVID-19 in pregnant women in France: A national retrospective cohort study – Plos Medicine

Sylvie Epelboin, Julie Labrosse, Jacques De Mouzon, Patricia Fauque, Marie-José Gervoise-Boyer, Rachel Levy, Nathalie Sermondade, Laetitia Hesters, Marianne Bergère, Claire Devienne, Philippe Jonveaux, Jade Ghosn, Fabienne Pessione.

doi: https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1003857

A propos de l’Agence de la biomédecine
L’Agence de la biomédecine est une agence nationale créée par la loi de bioéthique de 2004. Elle exerce ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d’organes, de tissus et de cellules, ainsi que dans les domaines de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaines. Depuis le 1er décembre 2016, l’Agence de la biomédecine est chargée d’assurer la mise en œuvre des dispositifs de biovigilance et d’AMP vigilance.

L’Agence de la biomédecine met tout en œuvre pour que chaque malade reçoive les soins dont il a besoin, dans le respect des règles de sécurité sanitaire, d’éthique et d’équité. Par son expertise, elle est l’autorité de référence sur les aspects médicaux, scientifiques et éthiques relatifs à ces questions.

www.agence-biomedecine.fr

À propos de l’AP-HP : Premier centre hospitalier et universitaire (CHU) d’Europe, l’AP-HP et ses 39 hôpitaux sont organisés en six groupements hospitalo-universitaires (AP-HP. Centre - Université de Paris ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Nord - Université de Paris ; AP-HP. Université Paris Saclay ; AP-HP. Hôpitaux Universitaires Henri Mondor et AP-HP. Hôpitaux Universitaires Paris Seine-Saint-Denis) et s’articulent autour de cinq universités franciliennes. Etroitement liée aux grands organismes de recherche, l’AP-HP compte trois instituts hospitalo-universitaires d’envergure mondiale (ICM, ICAN, IMAGINE) et le plus grand entrepôt de données de santé (EDS) français. Acteur majeur de la recherche appliquée et de l’innovation en santé, l’AP-HP détient un portefeuille de 650 brevets actifs, ses cliniciens chercheurs signent chaque année près de 9000 publications scientifiques et plus de 4000 projets de recherche sont aujourd’hui en cours de développement, tous promoteurs confondus. L’AP-HP a obtenu en 2020 le label Institut Carnot, qui récompense la qualité de la recherche partenariale : le Carnot@AP-HP propose aux acteurs industriels des solutions en recherche appliquée et clinique dans le domaine de la santé. L’AP-HP a également créé en 2015 la Fondation de l’AP-HP pour la Recherche afin de soutenir la recherche biomédicale et en santé menée dans l’ensemble de ses hôpitaux. http://www.aphp.fr

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