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Etude de l’évolution sur 20 ans de patients victimes d’une maladie coronaire prématurée

Publié le Communiqués de presse

L’équipe de l’Institut de cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et de Sorbonne Université, dirigée par les Prs Gilles Montalescot et Jean-Philippe Collet au sein du groupe ACTION-Coeur, a mené une étude sur l’évolution sur 20 ans de patients victimes d’une maladie coronarienne prématurée (survenant avant l’âge de 45 ans). Les 880 patients pris en charge dans cinq centres en cardiologie, dont deux à l’AP-HP, ont été inclus dans ce registre exhaustif et prospectif, appelé « AFIJI » pour « Appraisal of risk Factors in young Ischemic patients Justifying aggressive Intervention ». L’analyse des données, réalisée par des équipes de l’unité mixte Inserm UMRS 1166 « Unité de recherche sur les maladies cardiovasculaires et métaboliques » et de l’unité de recherche clinique des hôpitaux Lariboisière-Saint-Louis AP-HP regroupées au sein d’ACTION-Coeur, a mis en évidence la gravité de cette maladie et certains facteurs d’évolution défavorables comme le tabagisme actif, un niveau élevé de LDL-cholestérol, une maladie inflammatoire, ou un antécédent familial.

Ces travaux font l’objet d’une publication dans le Journal of the American College of Cardiology, le 07 octobre 2019.

La maladie coronaire est une maladie qui touche les artères ayant pour fonction d’alimenter le cœur en sang (artères coronaires). Elle est souvent causée par l’athérosclérose, une accumulation de plaques à l’intérieur de la paroi des artères. Cette accumulation rétrécit peu à peu l’intérieur des artères et ralentit le flot de sang. Les maladies coronaires sont dites « prématurées » quand elles se déclenchent 20 à 25 ans plus tôt que la moyenne d’âge habituelle (60-65 ans).

Une équipe de l’Institut de cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, de l'institut hospitalo-universitaire « Institut de cardiométabolisme et nutrition » (IHU-ICAN) et de Sorbonne Université, dirigée par les Prs Jean-Philippe Collet et Gilles Montalescot au sein du groupe ACTION-Coeur, a mené, en collaboration avec les équipes de l’unité mixte Inserm UMRS 1166 « Unité de recherche sur les maladies cardiovasculaires et métaboliques » et de l’unité de recherche clinique des hôpitaux Lariboisière-Saint-Louis AP-HP, une étude sur l’évolution sur 20 ans de patients victimes d’une maladie coronarienne prématurée avant l’âge de 45 ans. Les 880 patients pris en charge dans cinq centres en cardiologie, dont deux à l’AP-HP, ont été inclus dans ce registre exhaustif et prospectif, appelé « AFIJI » pour « Appraisal of risk Factors in young Ischemic patients Justifying aggressive Intervention ».

Les analyses réalisées à parti des données de ce registre ont montré des particularités importantes dans les caractéristiques de ces patients et de leur évolution. Le tabagisme actif, un niveau élevé de LDL-cholestérol et un antécédent familial de maladie coronaire font partie des principaux facteurs de risque identifiés, avec des proportions bien plus importantes que dans les registres habituels de patients coronariens. Elles ont aussi noté que 10 % de ces patients avaient une maladie inflammatoire chronique, facteur majeur d’accélération de la maladie (VIH, maladie auto-immune).

L’évolution de l’athérosclérose coronaire prématurée s’est révélée agressive avec l’apparition d’une atteinte multi-artérielle rapide. L’étude a montré un taux élevé d’événements cardiovasculaires graves sur le long terme, avec 30% de patients développant une récidive coronaire dans un temps médian de cinq ans. Ces récidives sont le plus souvent liées à l’apparition de néo-lésions coronaires sur des sites initialement indemnes – ce qui montre le caractère agressif de la maladie. Plus de 10 % des patients ont souffert de récidives multiples, avec un taux de mortalité prématurée atteignant les 5 % dans les huit premières années de la maladie. Si l’évolution initiale est souvent favorable, les patients ont un pronostic à long terme assez péjoratif.

L’analyse a mis en avant le rôle extrêmement délétère de la poursuite du tabac, dont l’arrêt est primordial pour espérer une évolution positive. D’autres facteurs de risque moins bien connus ont été décrits, comme une origine d’Afrique sub-saharienne ou asiatique, ou la présence concomitante d’une maladie inflammatoire chronique.

Ces résultats représentent un pas important dans la compréhension de cette maladie prématurée actuellement en augmentation, afin de détecter les patients à risque et de développer des thérapies spécifiques chez ces jeunes patients actifs.

*« ACTION » signifie « Allies in cardiovascular trials, initiatives and organized networks ». Il s’agit d’un groupe académique indépendant à but non lucratif (« Academic Research Organization ») qui promeut et favorise la recherche clinique et la prévention dans le domaine cardiovasculaire à l’échelle nationale et internationale. http://action-coeur.org/

Sources :  Long-Term Evolution of Premature Coronary Artery Disease

Jean-Philippe Collet, MD, PHD,a,* Michel Zeitouni, MD,a,* Niki Procopi, MD,a Jean-Sébastien Hulot, MD, PHD,b Johanne Silvain, MD, PHD,a Mathieu Kerneis, MD,a Daniel Thomas, MD,a Benoit Lattuca, MD,a Olivier Barthelemy, MD,a Yoan Lavie-Badie, MD,c Jean-Baptiste Esteve, MD,d Laurent Payot, MD,e Delphine Brugier, PHD,a Izolina Lopes, BSC,a Abdourahmane Diallo, PHD,f Eric Vicaut, MD, PHD,f Gilles Montalescot, MD, PHD,a for the ACTION Study Group

Vol. 74 no. 15 1868-1878 / DOI: https://doi.org/10.1016/j.jacc.2019.08.1002

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