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Publié le Communiqués de presse
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Une étude scientifique réalisée dans le cadre de ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche (compare.aphp.fr), a permis d’évaluer la perception des patients de l’usage d’interventions médicales basées sur les objets connectés et l’intelligence artificielle.

Près de 1 200 patients suivis partout en France pour des maladies chroniques ont répondu en ligne aux questions des chercheurs de l’AP-HP. Si l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé suscite de nombreux espoirs et promesses de progrès, l’étude montre une réticence des patients à l’automatisation de leurs soins : 3 patients sur 4 souhaitent conserver l’intervention des soignants et voir la relation de soin préservée.

Cette étude, dont l’investigateur coordonnateur est le Dr Viet-Thi Tran, du Centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu AP-HP et de l’Université de Paris, fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Digital Medicine, le 14 juin 2019.

À cette occasion, ComPaRe lance un appel à participation en vue de rassembler à terme 100 000 patients contribuant en ligne à la recherche médicale sur son site compare.aphp.fr.

L’utilisation dans le domaine médical des dernières avancées de l’intelligence artificielle, couplée à l’émergence de nouveaux outils connectés, suscite espoirs et promesses de progrès pour la santé. Cependant l’efficacité dans la vie réelle de ces technologies dépend fortement de leur adoption par les patients et de l’adhésion des patients à leur utilisation.

Pour évaluer scientifiquement la perception des patients de ces outils et leur adhésion à des interventions automatisées basés sur l’IA, l’équipe du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu AP-HP et de l’université de Paris, dirigée par le Pr Philippe Ravaud, a mené une étude d’envergure entre mai et juin 2018. Il s’agit de la première étude scientifique de cette envergure à interroger les patients sur leur perception de l’intelligence artificielle (IA) en santé.

Ainsi près de 1 200 patients participants à ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche, ont répondu en ligne aux questions des chercheurs. Suivis pour des pathologies chroniques telles que le diabète, l’asthme, le cancer, les maladies rhumatologiques et neurologiques, les patients ont répondu à des questions portant sur leurs perceptions des outils basés sur l’intelligence artificielle. Puis face à des cas d’utilisation concrets présentés sous forme de vignettes, les patients ont répondu sur leur volonté d’adopter ou non des interventions automatisées grâce à l’intelligence artificielle.

Les données recueillies auprès des patients volontaires de ComPaRe ont été calibrées pour obtenir des estimations représentatives de la population française de patients chroniques.

L’étude montre que 47% des patients voient l’intelligence artificielle et les objets connectés comme une grande opportunité de progrès pour leur santé. Ils perçoivent ces technologies comme des moyens d’améliorer leur suivi et la réactivité des soins apportés et des moyens de réduire le fardeau de leur traitement tout en facilitant le travail des soignants. À l’opposé, 11% des patients perçoivent l’intelligence artificielle et les objets connectés comme un grand danger. Ils craignent un remplacement inapproprié de l’être humain, des risques importants de piratage des données ou encore un mauvais usage des données de santé par des tiers comme les assurances.

Les patients participants ont ensuite répondu sur leur volonté d’adopter ou de rejeter l’un de ces outils basés sur l’intelligence artificielle :

  •          Intelligence artificielle pour la détection de cancer de la peau par analyse de photographies ;
  •          Capteurs portables et objets connectés permettant l’analyse et la détection en temps réel de l’exacerbation de maladies chroniques ;
  •          Chemise connectée et intelligence artificielle pour piloter des soins de kinésithérapie ;
  •          Chatbot ou robot conversationnel permettant d’aider les patients à déterminer le niveau d’urgence de leur problème de santé.

Face à cette situation, 35% des patients interrogés refuseraient l’utilisation d’au moins l’un de ces outils. Et 41% des patients interrogés n’adopteraient ces outils qu’à la condition que leur utilisation soit contrôlée par un être humain. Seuls 22% des patients accepteraient certaines interventions automatisées sans contrôle humain. Seuls 3% des patients accepteraient une automatisation complète des 4 interventions présentées.

Il ressort de l’étude ComPaRe que 3 patients sur 4 refusent d’adopter des outils basés sur l’intelligence artificielle et complètement automatisés. Les patients volontaires de ComPaRe craignent un mauvais usage de la technologie qui minerait la relation humaine directe sur laquelle se fonde l’acte médical et les soins.

Au moment où le Conseil Consultatif National d'Éthique vient de se prononcer en préconisant une nouvelle approche des enjeux éthiques liés aux données massives en santé, l’étude ComPaRe sur l’IA et les objets connectés montre la nécessité de mieux prendre en compte les perceptions et les besoins des patients, pour tirer le meilleur parti de la technologie sans remettre en cause la relation humaine qui fonde l’acte médical.

À l’occasion de cette publication, ComPaRe lance un appel à la participation à l’ensemble des patients suivis pour une maladie chronique. En participant à la recherche médicale via le site sécurisé https://compare.aphp.fr, les patients font avancer la recherche médicale sur leur maladie et font entendre leur voix.

Pour participer, les patients s’inscrivent simplement à l’adresse https://compare.aphp.fr et contribuent en ligne.

 

Créée en 2017 par l’AP-HP, ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche rassemble aujourd’hui plus de 28 430 patients volontaires partout en France. Ils contribuent à faire avancer la recherche sur leur(s) maladie(s) chronique(s) en répondant régulièrement aux questionnaires en ligne des chercheurs, sur la plateforme sécurisée https://compare.aphp.fr.

Les patients participent à la cohorte générale et/ou à l’une des huit cohortes dédiées au diabète, à la maladie de Verneuil, au vitiligo, à la lombalgie chronique, aux maladies rénales, aux vascularites, à l’hypertension artérielle et à l’endométriose.
Quatre nouvelles cohortes spécifiques sont en cours de constitution.

Pour en savoir plus :

Communauté de Patients pour la Recherche de l’AP-HP : appel à la participation pour faire avancer la recherche médicale sur les malades chroniques  (octobre 2018)

Etude ComPaRe « Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous dans votre prise en charge ? » : plus de 1600 patients atteints de maladies chroniques proposent près de 150 pistes d’amélioration (avril 2019)

 

Sources :

Patients’ views of wearable devices and AI in healthcare:

findings from the ComPaRe e-cohort

Viet-Thi Tran, Carolina Riveros, Philippe Ravaud,

Nature - npj Digital Medicine

A propos de l’AP-HP : L’AP-HP est le premier centre hospitalier universitaire d’Europe, organisé autour des 6 Universités de Paris et de la région Ile-de-France. Elle est étroitement liée à tous les grands organismes de recherche (CNRS, INSERM, CEA, INRA, Institut Pasteur, etc.) dans le cadre d’unités mixtes de recherche de ses groupes hospitaliers. Elle compte trois Instituts Hospitalo-Universitaires d’envergure mondiale (IMAGINE, ICM et ICAN). Acteur majeur de la recherche appliquée et de l’innovation en santé, le CHU de Paris a créé un maillage de structures d’appui à l’organisation de la recherche et à l’innovation en santé : 14 unités de recherche clinique, 17 centres d’investigation clinique, 4 centres de recherche clinique et 2 centres pour les essais précoces, 12 plateformes de collections biologiques, 1 site intégré de recherche sur le cancer, 12 grands projets Recherche Hospitalo-Universitaire (RHU), un entrepôt de données de santé recueillant les données de soins des 8 millions de patients vus chaque année. Les chercheurs de l’AP-HP signent annuellement près de 9 000 publications scientifiques et plus de 4 000 projets de recherche sont aujourd’hui en cours de développement, dont 1 240 sont promus par l’AP-HP elle-même. Détentrice d’un portefeuille de plus de 650 portefeuilles de brevets actifs et 270 licences d’exploitation, l’AP-HP valorise les travaux de recherche remarquables des biologistes et cliniciens chercheurs de ses hôpitaux en consacrant 1,5 M€ chaque année à leur maturation. Près de la moitié des innovations brevetées sont licenciées à des entreprises du monde entier et sont à l’origine de la création de près de 60 jeunes entreprises.   http://www.aphp.fr

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