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Publié le Communiqués de presse

Une étude visant à confirmer la valeur pronostique de la classification moléculaire du cancer de la surrénale par rapport à d'autres facteurs pronostiques connus a été menée par des équipes du service d’endocrinologie de l’hôpital Cochin AP-HP, centre coordinateur du réseau national INCa Cancers Rares de la Surrénale (COMETE), dirigé par le Pr Jérôme Bertherat, et de l’Institut Cochin (Inserm, CNRS & Université de Paris). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt de la détermination, par des mesures ciblées, du sous-type moléculaire dans l’évaluation pronostique de ces cancers.

Ces travaux, qui ont été réalisés dans le cadre d'une large collaboration européenne, ont fait l’objet d’une publication au sein de la revue JAMA Oncology le 11 juillet 2019.

Le corticosurrénalome ou carcinome corticosurrénalien est un cancer endocrine rare qui se développe à partir du cortex surrénalien. Souvent responsable d'un excès de stéroïdes il peut être une rare cause de diabète, hypertension, œdèmes, amyotrophie, hirsutisme, sensibilité aux infections.... Le pronostic relatif à ce type de cancer est souvent sombre, mais cependant très hétérogène et difficile à prédire à partir de facteurs pronostiques standards tels que le stade et le grade tumoral. Ainsi, la plupart des patients sont soumis à une surveillance lourde et reçoivent un traitement adjuvant après chirurgie. Cependant, deux récentes études pan-génomiques du réseau européen ENSAT (conduite par l'équipe de l'Institut Cochin) et du consortium international TCGA ont révélé pour la première fois l’existence de différents sous-types moléculaires de corticosurrénalomes, fortement associés au pronostic.

Dans l'étude pronostique menée auprès de 368 patients, la classification moléculaire était un facteur pronostique indépendant chez les patients atteints de tumeurs localisées (stades I à III) après une intervention chirurgicale complète; l'association du stade tumoral, du grade tumoral et de la classe moléculaire fournissait le meilleur modèle pronostique de la maladie. La valeur pronostique de la classification moléculaire a été confirmée par des mesures moléculaires ciblées, utilisables en routine clinique, dans une grande cohorte indépendante grâce au réseau national COMETE et Européen ENSAT.

Deux cohortes de patients ont été incluses dans cette étude : une cohorte d’entraînement de 144 patients atteints de corticosurrénalome, issus des études pan-génomiques ENSAT et TCGA, et une cohorte de validation indépendante de 224 patients atteints de corticosurrénalome, inclus entre 2005 et 2015 dans 21 centres de référence européens. Dans la cohorte d’entraînement, le sous-type moléculaire était déterminé par des mesures pan-génomiques (transcriptome, méthylome, profils d’altérations chromosomiques et mutations) par une étude bioinformatique, ensuite dérivées en mesures moléculaires ciblées utilisables en routine clinique (RT-qPCR, MS-MLPA, NGS ciblé). Dans la cohorte de validation, le sous-type moléculaire était déterminé par ces mêmes mesures ciblées.

Dans la cohorte d’entraînement, le sous-type moléculaire était un facteur pronostique indépendant dans les stades localisés après chirurgie d’exérèse complète. L’association du stade, du grade tumoral et du sous-type moléculaire constituait la meilleure combinaison de facteurs pronostiques pour prédire la survie sans récidive (indice C = 0,88). Dans la cohorte de validation, le sous-type moléculaire était confirmé comme facteur pronostique indépendant.

En conclusion, la détermination du sous-type moléculaire améliore l’évaluation pronostique des corticosurrénalomes localisés et pourrait permettre d'adapter le suivi selon le risque de rechute et de mieux sélectionner les indications de traitement adjuvant. Ceci représente un progrès significatif pour améliorer la prise en charge de ces patients, permettant de mieux identifier les carcinomes corticosurrénaux qui comportent un risque important de rechute justifiant d'une prise en charge plus agressive et pouvant à l'inverse éviter aux patients ayant un risque très faible de rechute de se voir administrer un traitement adjuvant lourd inutilement.

Cette étude illustre l'accélération des connaissances dans le domaine des cancers rares par le développement du travail en réseau promu par l'INCa par la reconnaissance des Réseaux Nationaux de Référence cancer rares de l'adulte depuis plus de 10 ans, relayé plus récemment au niveau européen par le développement des Réseaux Européens de Référence.

Source:

Value of Molecular Classification for Prognostic Assessment of Adrenocortical Carcinoma

Guillaume Assié, MD, PhD1,2; Anne Jouinot, MD1,2,3; Martin Fassnacht, MD, PhD4,5; Rossella Libé, MD1,2; Simon Garinet, PharmD1; Louis Jacob, BS1; Nadim Hamzaoui, MD6; Mario Neou, MS1; Julien Sakat, MD1; Bruno de La Villéon, MD1; Karine Perlemoine, BS1; Bruno Ragazzon, PhD1; Mathilde Sibony, MD1,7; Frédérique Tissier, MD1,8; Sébastien Gaujoux, MD, PhD9; Bertrand Dousset, MD, PhD9; Silviu Sbiera, MD, PhD4; Cristina L. Ronchi, MD, PhD4,10; Matthias Kroiss, MD, PhD5; Esther Korpershoek, PhD11; Ronald De Krijger, MD, PhD11,12; Jens Waldmann, MD, PhD13; Marcus Quinkler, MD, PhD14; Magalie Haissaguerre, MD, PhD15; Antoine Tabarin, MD, PhD15; Olivier Chabre, MD, PhD16; Michaela Luconi, MD, PhD17; Massimo Mannelli, MD, PhD17; Lionel Groussin, MD, PhD1,2; Xavier Bertagna, MD, PhD1,2; Eric Baudin, MD, PhD18; Laurence Amar, MD, PhD19; Joel Coste, MD, PhD20; Felix Beuschlein, MD, PhD21,22; Jérôme Bertherat, MD, PhD1,2

JAMA Oncol. Published online July 11, 2019. doi:10.1001/jamaoncol.2019.1558

 

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