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[ESMO 2019] Immunothérapie dans le cancer du rein : de nouvelles données pour gérer le traitement en pratique médicale courante

Publié le Communiqués de presse

L’équipe d’oncologie médicale de l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP du Pr Stéphane Oudard a initié et participé à différentes études sur les traitements d’immunothérapie utilisés chez les patients atteints d’un cancer du rein afin de répondre à certaines questions qui se posent en pratique médicale courante : les patients âgés de plus de 80 ans peuvent-ils bénéficier de ce type de traitement ? Quid du rapport Neutrophiles/Lymphocytes pour évaluer le pronostic de la maladie sous immunothérapie ? Comment évolue la maladie chez les patients traités par immunothérapie au-delà de la progression ? Les données de ces trois posters font l’objet d’une présentation à la « Poster session » le lundi 30 septembre 2019.

Les patients âgés de plus de 80 ans atteints d’un cancer du rein peuvent-ils bénéficier d’un traitement par immunothérapie ?

La plupart des essais cliniques menés avec un traitement par immunothérapie excluent les patients âgés. C’est notamment le cas pour le cancer du rein. Les équipes du Pr Elena Paillaud et du Pr Stéphane Oudard à l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP ont mené une étude monocentrique rétrospective entre avril 2015 et avril 2019 afin d’évaluer les effets de ces traitements chez les patients âgés de 80 ans ou plus.

Parmi les 415 patients traités par un inhibiteur de checkpoint immunitaire (ICI), 42 (soit 10,1 %) étaient âgés d’au moins 80 ans (80-93). Ils présentaient différents types de cancer, un cancer bronchique non à petites cellules dans 45,2 % des cas, un cancer du rein dans 30,9 % et une tumeur de vessie dans 16,7% des cas. La plupart des patients inclus (83,3%) ont été traités en 2ème ligne et le plus souvent par un ICI en monothérapie (97,6%). Au total, 11,9% des patients ont présenté une réponse objective et 31% un contrôle de la maladie sous traitement. Les médianes de survie sans progression et de survie globale étaient de cinq et neuf mois respectivement. Au moment de l’analyse des données, parmi les 16 patients en vie, un patient était toujours en réponse complète, huit patients présentaient une maladie stable et sept patients étaient en progression. Des évènements indésirables, notamment une fatigue et/ou une perte d’appétit, sont survenus chez tous les patients traités, et des effets « immunologiques », le plus souvent bénins, ont été rapportés chez 76,2 % des patients.

Ces données suggèrent ainsi la possibilité de proposer un traitement par ICI aux patients âgés de 80 ans ou plus.

Sources :

Efficacy and safety of immune checkpoint inhibitors (ICIs) for treatment of advanced solid tumours in octogenarian patients. 1289P - Lecture time : 12:00.

S. Mebarki, M. Gisselbrecht, E. Fabre, E. Mercadier, S. Oudard, E. Paillaud

L’évolution du ratio Neutrophiles/Lymphocytes sous nivolumab : un outil pronostique ?

Le ratio entre le nombre de neutrophiles (type particulier de globules blancs) et le nombre de lymphocytes (RNL) avant traitement est un facteur pronostique dans différents cancers. Les travaux coordonnés par le Dr Audrey Simonaggio, au sein de l’équipe d’oncologie médicale du Pr Stéphane Oudard à l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, visaient à rechercher si l’évolution de ce ratio RNL sous traitement chez des patients traités par un inhibiteur de PD-1, le nivolumab, pouvait avoir un intérêt pronostique. L’étude, rétrospective et multicentrique, a inclus 161 patients (86 cancers du rein et 75 cancers bronchiques non à petites cellules) traités par nivolumab en deuxième ligne. Les valeurs du RNL ont été recueillies avant le début de l'étude et avant chaque administration de nivolumab.

Au sein de la population globale de l’étude, les médianes de survie sans progression et de survie globale étaient respectivement de 11 et 28,5 mois en cas de diminution du RNL entre la première et la quatrième administration, et de 3,7 et 18 mois en cas d’élévation du RNL au cours de la même période. Une association significative a été mise en évidence entre une augmentation du RNL et, la survie sans progression (p = 0,000004) et la survie globale (p = 0,001), et cette corrélation a été également observée pour chaque cohorte analysée séparément. Chez les patients atteints d’un cancer du rein à cellules claires, la cinétique du RNL était associée au profil de réponse au traitement, avec une élévation du RNL chez les patients en progression et à l’inverse, une diminution significative du RNL chez les patients ayant présenté une réponse objective ou une stabilité de la maladie sous traitement.

L'augmentation précoce du RNL est donc associée de façon significative à un mauvais pronostic en termes de survie sans progression et de survie globale chez les patients atteints d’un cancer du rein à cellules claires ou d’un cancer bronchique non à petites cellules. La cinétique (c’est-à-dire l’évolution) du RNL semble plus pertinente que le RNL avant traitement pour prédire l’évolution à long terme de la maladie sous traitement. Ce paramètre utilisé dans la pratique pourrait permettre une adaptation précoce du traitement, en particulier en cas de pseudoprogression ou de réponse radiologique dissociée.

Sources :

Neutrophil to Lymphocyte Ratio (NLR) kinetics as predictors of outcomes in metastatic renal cell carcinoma (RCC) and non-small cell lung cancer (NSCLC) patients treated with nivolumab. 1255P – Lecture time : 12:00

A Simonaggio, R Elaïdi, L Fournier, C Thibault, E Fabre, S Oudard, YA Vano.

Comment évolue la maladie chez les patients traités par immunothérapie au-delà de la progression ?

Le Dr Yann Vano, au sein de l’équipe d’oncologie médicale du Pr Stéphane Oudard, a initié une étude rétrospective « en vie réelle » entre mars 2013 et novembre 2018, afin de décrire l’évolution de la maladie chez des patients atteints d’un cancer du rein métastatique ayant poursuivi leur traitement par nivolumab (inhibiteur de PD-1) au-delà de la progression et d’identifier d’éventuels facteurs prédictifs de réponse.

Au total, 109 patients atteints d’un cancer du rein métastatique ont été inclus et traités par nivolumab, et après un suivi médian de 24,4 mois, les médianes de survie sans progression et de survie globale étaient respectivement de 6,03 mois et de 25,8 mois. Le taux de réponse objective était de 18,4%. Parmi les 74 patients en échec au traitement, 36 patients ont poursuivi le nivolumab au-delà de la progression avec une réponse partielle pour 8,5 % des patients et une stabilité de la maladie chez 40% des patients, et 17/35 patients ont présenté un bénéfice clinique. Leur survie globale était plus élevée que chez les patients en progression (31,8 mois versus 24,9 mois ; p=0,02). Les patients traités par nivolumab au-delà de la progression avaient plus souvent (que ceux qui avaient arrêté le nivolumab) un indice ECOG-PS de 0 ou 1 (86 % vs 47 % ; p = 0,0005), un meilleur pronostic selon les critères IMDC (FAV+INT = 86 % vs 53 % ; p = 0,01) et un taux plus élevé de lymphocytes (p = 0,04).

Il s’agit de la cohorte la plus importante de patients atteints d’un cancer du rein, suivis en pratique médicale courante et ayant poursuivi leur traitement par nivolumab au-delà de la progression. Ces résultats suggèrent que la poursuite du nivolumab au-delà de la progression chez certains patients bien sélectionnés peut permettre d’obtenir un bénéfice clinique.

Sources:

Nivolumab (N) treatment beyond progression in a real-world cohort of patients (pts) with metastatic renal cell carcinoma (mRCC). 960P - Lecture time: 12:00.

S. Hans, A. Simonaggio, K. Hamidatou, L. Fournier, C. Thibault, R.-T. Elaidi, S. Oudard, Y. Vano.

 

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