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Les cancers digestifs en détail

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Incidence et dépistage

Cancer colorectal

Avec environ 42 000 nouveaux cas par an en France, le cancer colorectal  est le troisième cancer le plus fréquent, après le cancer de la prostate et celui du sein ; il est aussi la 2ème cause de mortalité par cancer après celui du poumon.

La majorité des nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chez des personnes de plus de 50 ans, et le plus souvent à un stade avancé. L’existence de cancers colorectaux dans la famille, l’obésité et l’inactivité physique augmentent le risque de cancer colorectal. On estime que 60 à 80 % de ces cancers se développent à partir d’une lésion bénigne (le polype adénomateux), qui peut être retiré au cours d’une coloscopie. Cela permet de prévenir le risque de transformation du polype en cancer.

Depuis 2009, le cancer colorectal fait l’objet d’un programme de dépistage organisé proposé par les pouvoirs publics. Toute personne, homme ou femme, âgée de 50 à 74 ans, sans symptômes ni facteur de risque doit faire le test de dépistage, qui est proposé par le médecin traitant. Ce test de dépistage est à répéter tous les deux ans s’il est normal. L’objectif est d’identifier les personnes atteintes de polypes ou d’un CCR à un stade de développement qui permet une guérison.

En complément du test Hémoccult qui permet de dépister du sang dans les selles, un nouveau test immunologique plus fiable et plus simple peut être réalisé : adressez-vous à votre médecin traitant. Pour en savoir plus sur les tests de dépistage

En revanche, chez les individus qui présentent des signes d’alerte (cf. ci-dessous) ou à risque élevé ou très élevé (histoire personnelle ou familiale d’adénome ou de cancer colorectal, maladie de l’intestin, cancer d’origine génétique, la probabilité de trouver une lésion est plus importante et l’examen à réaliser est d’emblée la coloscopie.

Cancer du pancréas

Le cancer du pancréas occupe le 2ème rang des cancers digestifs, avec environ 12 000 nouveaux cas diagnostiqués par an. Il apparaît le plus souvent entre 70 et 80 ans. Plusieurs facteurs de risque intriqués semblent en favoriser le développement : le tabagisme, l’obésité, le diabète, certains facteurs héréditaires de prédisposition ou encore certaines situations d’inflammation chronique (pancréatites chroniques).

Un diagnostic rapide du cancer du pancréas à l’hôpital Beaujon, AP-HP (Pr Alain Sauvanet, hôpital Beaujon, AP-HP)

L’hôpital Beaujon va créer en février 2017 un centre de diagnostic rapide des tumeurs du pancréas et du foie (Hepatic and Pancreatic Evaluation = HOPE).  Plusieurs arguments plaident pour une prise en charge diagnostique et thérapeutique précise et rapide des tumeurs du pancréas, effectuée dans un centre expert :

  • ces tumeurs constituent une large gamme de lésions solides et kystiques dont le potentiel évolutif va de la bénignité totale à un risque métastatique important. Le diagnostic de tumeur du pancréas est donc très anxiogène ; 
  • le diagnostic de cancer du pancréas peut être porté à tort dans 5 à 10% des cas, ce qui expose à une chirurgie inutile, qui plus est associée à un risque de morbi-mortalité et des séquelles fonctionnelles ; 
  • à l’inverse, la présentation de certains cancers peut être trompeuse, avec alors un risque de retard diagnostique et de perte de chance pour le patient ; 
  • enfin, même en cas de présentation évocatrice et de diagnostic clair, il faut souvent une confirmation histologique rapide du cancer pour débuter la chimiothérapie, ou traiter rapidement les symptômes (en particulier l’ictère) afin de limiter l’altération de l’état général en vue de la chirurgie ou de la chimiothérapie.

Le centre de diagnostic rapide des cancers du pancréas de l’hôpital Beaujon fonctionnera comme un hôpital de jour où les explorations radiologiques seront complétées en fonction des examens préalables, associées aux dosages de marqueurs tumoraux, et interprétées dans le cadre d’une discussion multidisciplinaire (gastroentérologue, radiologue et chirurgien). Au terme de ce séjour, les patients seront orientés vers la chirurgie, l’endoscopie interventionnelle, ou la radiologie interventionnelle. Dans un avenir proche, il sera logique de compléter cette prise en charge par la possibilité d’effectuer dès le lendemain une biopsie par voie radiologique ou endoscopique et, si nécessaire, un geste d’endoscopie interventionnelle.

Cancer de l'estomac

L’incidence du cancer de l’estomac a en revanche été divisée par deux en 30 ans. Des progrès importants ont en effet été réalisés dans l’hygiène alimentaire, ainsi que dans la prise en charge diagnostique et thérapeutique. Les facteurs de risque bien identifiés sont principalement l’infection par la bactérie Helicobacter pylori, la consommation d’alcool et/ou de tabac, certains facteurs héréditaires de prédisposition, ainsi que certains antécédents de chirurgie de l’estomac (cas de la gastrectomie partielle) ancienne (c'est-à-dire plus de 10 ans). Il est recommandé de faire la recherche de l'infection à Helicobacter pylori et de la traiter si nécessaire chez les enfants, frères et sœurs de personnes ayant eu un cancer de l'estomac.

Cancer du foie

Les tumeurs du foie se développent le plus souvent au cours de l’évolution d’une maladie chronique du foie qui elle-même peut être le plus souvent causée par l’alcool, une hépatite B ou C, ou encore d’autres causes plus rares. 

Diagnostic rapide du cancer du foie à l’hôpital Paul-Brousse, AP-HP (Pr René Adam, hôpital Paul-Brousse, AP-HP)

La découverte d’une tumeur du foie à l’occasion d’un examen de dépistage ou dans l’exploration de symptômes, est toujours très angoissante pour un patient. Les délais de diagnostic et de traitement sont souvent longs car nécessitant une approche multidisciplinaire très spécialisée.  

A l’hôpital Paul-Brousse, le centre hépato-biliaire dirigé par le Pr René Adam s’est organisé depuis 3 ans pour proposer un diagnostic rapide des tumeurs du foie.  En mettant en place une stratégie de moyens diagnostiques, rapide et coordonnée impliquant radiologues, hépato-gastro-entérologues, chirurgiens, oncologues et anatomopathologistes, le diagnostic de toute tumeur du foie y est actuellement fait le plus souvent en 48H. Cela permet de débuter plus rapidement le traitement adapté.  Le service a mis en place une ligne téléphonique, une adresse mail et une coordination dédiée. Un avis d’expert est donné dès le lendemain de l’appel et la réalisation d’un bilan sanguin, d’imagerie voire d’une biopsie est possible dans les 48H qui suivent.

Cette démarche entreprise il y a maintenant 3 ans a permis un diagnostic rapide chez 145 patients. 45 cancers ont été diagnostiqués. Une intervention a été nécessaire chez 17 patients. Elle a permis de rassurer rapidement les patients ayant une tumeur bénigne et d’entreprendre sans retard le traitement des cancers.

Cancer de l'oesophage

Dans 3 cas sur 4, le cancer de l’œsophage survient des hommes, le plus souvent âgés de plus de 50 ans. Il en existe deux types ; l’un est associé à la consommation chronique de tabac et d’alcool (cas du carcinome épidermoïde), l’autre est favorisé par l’obésité et la présence d’un reflux gastro-œsophagien (cas de l’adénocarcinome).

Cancer du canal anal

Le cancer du canal anal est provoqué dans 80 à 85 % des cas par le papillomavirus humain (HPV). Les deux-tiers des sujets atteints ont plus de 65 ans, avec une nette prédominance féminine. Ajoutons que le virus de l’immunodéficience humaine acquise (VIH) augmente le risque de cancer de l’anus, justifiant une surveillance particulière chez les patients séropositifs pour le VIH.

Comment savoir si j’ai un cancer digestif ?

La plupart des cancers digestifs évoluent dans un premier temps sans signes révélateurs ; ils sont alors souvent diagnostiqués à un stade tardif. C’est là que réside tout l’intérêt des programmes de dépistage appliqués à des populations à risque, afin de diagnostiquer les lésions à un stade précancéreux ou de cancer localisé pouvant le plus souvent être guéri. L’intérêt du diagnostic précoce est bien établi, car il est démontré que le pronostic de ces tumeurs est lié à leur stade de développement au moment du diagnostic.

Les signes d’alerte à prendre en compte sont un amaigrissement involontaire, une fatigue inhabituelle, une modification de la consistance et/ou de la fréquence des selles (diarrhée ou constipation) d’apparition récente, la présence de sang dans les selles (coloration rouge ou noire, correspondant à la présence de sang frais ou digéré), des douleurs abdominales inhabituelles ou encore, un ictère (l’apparition d’un coloration jaune de la peau et des muqueuses, par exemple des yeux).

Lorsque l’un de ces signes est présent, il faut consulter son médecin traitant qui orientera vers des examens permettant le diagnostic : radiologie (scanner, IRM), endoscopie (par voie haute ou basse). Une biopsie (prélèvement lors de la fibroscopie) de la ou des lésion(s) suspecte(s) est indispensable pour affirmer le diagnostic.

Les traitements actuels des cancers digestifs

Les traitements des cancers digestifs dépendent de la localisation de la tumeur, de son extension locale et à distance (les métastases éventuelles) et du patient (son état général, la présence de maladies associées).

Les grands principes des stratégies thérapeutiques mises en œuvres sont les suivants :

  • les lésions localisées sont enlevées sous endoscopie ou le plus souvent par un geste chirurgical,
  • les cancers qui touchent les organes de voisinage sont traités par chimiothérapie, éventuellement associée à de la radiothérapie,
  • les cancers étendus à d’autre organes (métastases) sont traitées par de la chimiothérapie.

La grande majorité des chimiothérapies des cancers digestifs sont réalisées en hôpital de jour dans des services spécialisés, ce qui permet aux patients de ne pas rester dormir à l’hôpital pendant leur traitement.

L’accompagnement

Les soins associés aux traitements du cancer, également appelés « soins de support », occupent une place très importante dans la prise en charge des cancers digestifs. Ils s’adressent au patient et à son entourage. Il s’agit de la prise en charge de la douleur, de l’anxiété, des addictions (alcool, tabac), de l’état nutritionnel (dénutrition et obésité), et de la promotion de la pratique d’activité physique.

Assistance publique Hôpitaux de Paris