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[ESC Congress Paris 2019] CLARIFY – In stable coronary disease, patients with angina and prior myocardial infarction have a poor prognosis despite adherence to guideline recommended therapies. Final 5-year results from the CLARIFY study

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Avec les progrès de la prise en charge médicale, le profil et l’évolution des patients coronariens ont changé. Il existe de nos jours deux grands syndromes : le syndrome coronarien aigu, anciennement appelé « infarctus du myocarde », et le syndrome coronarien chronique anciennement appelé « angor stable » ou « maladie coronarienne stable ». S’il existe de nombreuses données épidémiologiques sur le syndrome coronarien aigu, il existe peu de données contemporaines décrivant les patients avec syndrome coronarien chronique en pratique clinique. Le registre CLARIFY**, sur lequel travaillent notamment plusieurs équipes de l’AP-HP (Avicenne, Bichat et HEGP), a donc été initié afin de mieux connaître les caractéristiques de ces patients ainsi que les déterminants de leur pronostic.

CLARIFY est un registre observationnel prospectif international, réalisé dans 45 pays sur les cinq continents, regroupant 32 703 patients présentant un syndrome coronarien chronique et suivis durant cinq ans. Les premières inclusions ont eu lieu en novembre 2009 et les dernières visites de suivi en mai 2016.

Dans la population CLARIFY, les taux de prescription des médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité et recommandés par les sociétés savantes internationales sont élevés, mais paradoxalement seuls deux tiers des patients sont aux objectifs recommandés pour les cibles de tension artérielle et de LDL-cholestérol sanguin.

L’une des raisons pouvant expliquer ces résultats peut être l’utilisation de doses trop faibles de médicaments. C’est d’ailleurs le cas pour les bétabloquants comme l’a montré une précédente analyse de CLARIFY : seul un patient sur huit traité par bétabloquant était aux doses optimales***.

Le taux à cinq ans d’évènements associant mortalité cardiovasculaire ou infarctus du myocarde est de 8.0% (intervalle de confiance à 95% de 7,7-8,3). Ces évènements cardiovasculaires sont globalement inférieurs à ceux décrits dans les études plus anciennes.

La présence d’angine de poitrine ou « angor » est associée à une augmentation des évènements, mortalité cardiovasculaire ou infarctus du myocarde, seulement chez les patients ayant un antécédent d’infarctus du myocarde. Les patients présentant un angor et un antécédent d’infarctus ont un taux à 5 ans de mortalité cardiovasculaire ou infarctus du myocarde de 11,8% (intervalle de confiance à 95% de 10.9-12.9). Chez les patients sans antécédents d’infarctus, l’angor n’est pas associé à ce sur-risque.

Ces résultats montrent donc que de nos jours les patients coronariens stables sont plutôt bien pris en charge avec un meilleur pronostic que lors des précédentes décennies, mais qu’il est possible de faire mieux avec les moyens médicaux existants.

La présence d’angor et d’antécédent d’infarctus du myocarde sont deux conditions aisément identifiables en pratique clinique. Or, les patients ayant présenté un infarctus du myocarde et se plaignant d’angor sont particulièrement à haut risque. Ils doivent faire l’objet d’une attention renforcée en termes de prise en charge diagnostique et thérapeutique. De nouvelles études ciblant cette population devront être menées.

*Sorbets et al, European Heart Journal 2019 https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehz660  

**Steg et al, European Heart Journal 2012;33:2831 / Sorbets et al, Clinical Cardiology 2017;40:797

***Sorbets et al, European Heart Journal 2019;40:1399

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