Etude de phase I d'escalade de dose et d'expansion évaluant la tolérance et l’efficacité de l’Arsenic oral (ATO) dans les Syndromes myélodysplasiques de faible risque en échec aux Agents Stimulants l’Erythropoïèse et au Luspatercept (ou non éligibles à ce dernier)
ATOMYELO
Groupe Francophone des Myélodysplasies (GFM)
FENAUX Pierre
AP-HP - Hôpital Saint Louis
Patients
Inclusions en cours
À propos
Contexte de la recherche De nombreuses études in vitro effectuées dans une grande variété de cancers ont mis en évidence que l’arsenic oral (ATO) pourrait avoir un effet chez les patients avec d’autres hémopathies que la leucémie aigue promyélocytaire, et donc son activité a été étudiée dans les syndromes myélodysplasiques (SMD) et le myélome multiple. A partir de ces résultats précliniques, le groupe francophone des myélodysplasies (GFM) a conduit un essai clinique de phase 2 évaluant l’ATO administrée par voie intraveineuse en monothérapie dans les SMD. Une amélioration hématologique a été observée chez 24/115 patients (19%), incluant une rémission complète et une rémission partielle dans la cohorte SMD de haut risque, justifiant la réalisation d’études supplémentaires avec l’ATO, particulièrement en association, pour le traitement des SMD. Des collaborateurs ont reporté les résultats d’une étude de phase 1/2 évaluant l’ATO en association avec des faibles doses d’aracytine dans les LAM et SMD. Dans les SMD, il a été rapporté 17% de rémission complète incluant 21% dans les SMD secondaires aux traitements antérieurs et 13% chez les patients avec une cytogénétique défavorable. Dans les LAM, il a été rapporté 34% de rémission complète incluant30% pour les LAM secondaires ou secondaires aux traitements antérieurs et 30% avec une cytogénétique défavorable. Enfin, l'efficacité et les effets indésirables de l'ATO oral versus IV dans la leucémie promyélocytaire aiguë ont été évalués dans une méta-analyse d'études contrôlées randomisées. Les résultats suggèrent que l'acide tout-trans-rétinoïque plus l'ATO oral ne constitue pas une mauvaise alternative au traitement standard à base d'acide tout-trans-rétinoïque et d’ATO IV pour le traitement de la LAM promyélocytaire. Justification de la conception de l'étude Sur la base de ces résultats, nous émettons l'hypothèse que l’ATO oral pourrait être efficace et bien toléré chez les patients atteints de SMD à faible risque et en échec aux ASE.L’ATO oral n’a pas été étudiée à ce jour. Ce médicament semble particulièrement prometteur car a l’avantage de se donner par voie orale et d’éviter les hospitalisations prolongées. Les patients sont suivis en ambulatoire (hôpital de jour ou en consultation) permettant ainsi de ne pas altérer la qualité de vie. Objectif de la recherche Cette étude a pour objectif d’évaluer la tolérance et l’efficacité de l’Arsenic oral (ATO) dans les Syndromes myélodysplasiques de faible risque en échec aux Agents Stimulants l’Erythropoïèse et au Luspatercept (ou non éligibles à ce dernier). Dans cet essai clinique, l’ATO oral sera administré sous forme de monothérapie, donc comme seul agent actif et tous les participants recevront le même traitement, à savoir de l’ATO. Il est prévu d’inclure un maximum de 24 patients dans cette étude
Critères d'inclusion:
Les patients doivent répondre à tous les critères suivants pour participer à l'étude :
- Syndrome myélodysplasique selon la classification 2022 de l'OMS (Organisation mondiale de la santé).
- Âge ≥ 18 ans
-
Patient présentant un syndrome myélodysplasique à faible risque selon la classification IPSS-R (International Prognostic Scoring System) révisée (très faible, faible, intermédiaire) :
- non sidéroblastique qui n'a pas obtenu de réponse ou qui a rechuté après l'administration d'agents stimulant l'érythropoïèse (ASE) (à raison de 60000 UI d'époétine alfa ou équivalent sur au moins 12 semaines) sans progression de la maladie ou inéligible aux ASE (défini par un taux d'érythopoïétine (EPO) > 500 UI/L).
- sidéroblastique qui n'a pas obtenu de réponse ou qui a rechuté après une ASE (à l'époétine alfa 60000UI ou équivalent sur au moins 12 semaines) ou qui n'est pas éligible à l'ASE (défini par EPO >500UI/L) et qui n'a pas obtenu de réponse ou qui a rechuté après le Luspatercept.
- del (5q) qui n'ont pas obtenu de réponse ou qui ont rechuté après une ASE (à l'époétine alfa 60000UI ou équivalent sur au moins 12 semaines) et qui n'ont pas obtenu de réponse ou qui ont rechuté après le lénalidomide.
- Dépendance transfusionnelle (au moins trois transfusions de globules rouges au cours d'une période de 16 semaines et au moins deux épisodes de transfusion au cours de cette période).
- Patient non éligible pour un autre essai clinique
- Fonction rénale adéquate définie par un taux de créatinine inférieur à 1,5 fois la limite supérieure de la normale et une clairance de la créatinine ≥ 40mL/min (selon la formule MDRD (Modification of Diet in Renal Disease)).
- Fonction hépatique adéquate définie par une bilirubine totale et des transaminases inférieures à 1,5 fois la limite supérieure de la normale.
- Le patient n'est pas réfractaire aux transfusions de plaquettes.
- Consentement écrit
- Le patient doit comprendre et signer volontairement le formulaire de consentement éclairé.
- Le patient doit être en mesure de respecter le calendrier des visites tel que décrit dans l'étude et de suivre les exigences du protocole.
- État de performance 0-2 au moment de la sélection
-
Une FCBP (femme en âge de procréer) pour cette étude a été définie comme une femme sexuellement mature qui : (1) n'a pas subi d'hystérectomie ou d'ovariectomie bilatérale ; ou (2) n'a pas été naturellement ménopausée (l'aménorrhée consécutive à un traitement anticancéreux n'exclut pas la possibilité de procréer) pendant au moins 24 mois consécutifs (c'est-à-dire qui a eu des règles à un moment quelconque au cours des 24 mois consécutifs précédents).
Un FCBP participant à l'étude doit :
- Avoir eu 2 tests de grossesse négatifs vérifiés par l'investigateur avant le début de l'IP (sauf si le test de grossesse de dépistage a été effectué dans les 72 heures suivant le 1er jour du cycle 1). Elle doit avoir accepté de faire un test de grossesse mensuel pendant la durée de l'étude et après la fin du traitement.
-
Si elle est sexuellement active, elle doit avoir accepté d'utiliser une contraception hautement efficace sans interruption, 5 semaines avant le début du traitement, pendant le traitement (y compris les interruptions de dose) et pendant 24 semaines après l'arrêt du traitement, et être en mesure de s'y conformer.
- Une contraception hautement efficace a été définie dans ce protocole comme étant la suivante (l'information figure également dans le formulaire de consentement éclairé) : Contraception hormonale (par exemple, pilule contraceptive, injection, implant, patch transdermique, anneau vaginal), dispositif intra-utérin, ligature des trompes, ou partenaire ayant subi une vasectomie.
- Les sujets masculins doivent Avoir accepté d'utiliser un préservatif, défini comme un préservatif masculin en latex ou un préservatif sans latex NON fabriqué à partir d'une membrane naturelle (animale) (par exemple, polyuréthane), lors de contacts sexuels avec une femme enceinte ou un FCBP pendant la participation à l'étude, pendant les interruptions de dose, et pendant au moins 24 semaines après l'arrêt du traitement, même s'il a subi une vasectomie réussie.
Critères d'exclusion:
Tout patient répondant à l'un des critères suivants ne peut être inclus dans l'étude :
- Infection sévère ou toute autre affection sévère non contrôlée
- Hypertension non contrôlée
- Maladie cardiaque importante - classe III ou IV de la NYHA (New York Heart Association) ou infarctus du myocarde au cours des 6 derniers mois.
- QTcF (intervalle QT corrigé de Fridericia) > 460 ms
- Utilisation d'agents expérimentaux dans les 30 jours ou de tout traitement anticancéreux (y compris les traitements immunomodulateurs) dans les 2 semaines précédant le début de l'étude, à l'exception de l'hydroxyurée. Le patient doit avoir récupéré au moins un grade 1 de toute toxicité aiguë résultant d'un traitement antérieur. Toutefois, les patients peuvent avoir reçu du lénalidomide, un agent hypométhylant ou un sérum antilymphocytaire (SLA) (mais pas dans les 4 semaines précédant le début de l'étude et, pour le SLA, dans les 16 semaines précédant le début de l'étude).
- Utilisation d'EPO dans les 4 semaines précédant le début de l'étude.
- Cancer actif ou cancer au cours de l'année précédant le début de l'essai, autre qu'un carcinome basocellulaire ou un carcinome in situ du col de l'utérus ou du sein.
- Patient déjà engagé dans un autre essai thérapeutique portant sur un médicament expérimental
- Infection connue par le virus de l'immunodéficience humaine ou hépatite B ou C active
- Femmes enceintes ou susceptibles de l'être, ou qui allaitent.
- Toute contre-indication médicale ou psychiatrique qui empêcherait le patient de comprendre et de signer le formulaire de consentement éclairé.
- Patient éligible pour une transplantation de cellules souches allogéniques
- Pas d'affiliation à un système d'assurance maladie
Établissement(s) recruteur(s)
AP-HP - Hôpital Saint Louis
Adresse :1 avenue Claude Vellefaux
75475 PARIS CEDEX10
France