PARIS, 5 août 2014 (AFP) - La direction des hôpitaux parisiens (AP-HP) a annoncé mardi soir qu'elle accélérait le processus de fermeture de l'unité de cancérologie pour enfants de Garches, programmée pour le 21 août, face à une situation très "tendue". "De manière plus aiguë, jour après jour, nous faisons face à des difficultés provoquées qui nous ont conduits progressivement à accélérer le processus pour éviter que les enfants soient mis en danger", a déclaré le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris Martin Hirsch, lors d'une conférence de presse. "Nous avions prévu qu'il n'y ait plus de cure de chimiothérapie qui commence le 11 août et nous avons anticipé cela à samedi" dernier, a-t-il dit. Un "noyau" de familles -- quatre selon l'AP-HP -- refusent que leurs enfants soient soignés ailleurs, malgré l'engagement de l'institution à poursuivre le traitement qu'ils recevaient dans l'unité de Garches, dont les choix thérapeutiques étaient contestés. Plusieurs se sont rendues sur place mardi, "forçant le passage", a affirmé lors de la conférence de presse le professeur Bertrand Chevallier, chef du pôle pédiatrie du groupe hospitalier Paris-Ile-de-France Ouest "Il n'y a eu absolument aucune violence sur place. Deux enfants, qui ont un besoin urgent de soins, étaient convoqués aujourd'hui dans le service de Garches par l'équipe médicale. Leur admission a été refusée par l'AP-HP qui a fait appel à la police comme si nous étions des voyous", a répliqué Sophie Masset, mère d'un enfant soigné à Garches, interrogée par l'AFP. Selon une source policière, "six policiers du commissariat de Garches ont été dépêchés sur place. Ils n'ont constaté aucune violence et sont repartis dans l'après-midi". "Nous ne sommes aujourd'hui pas en mesure de soigner des enfants dans des locaux dans lesquels il y a envahissement, des médecins en arrêt maladie, une équipe paramédicale soumise à des pressions, un chef de service qui n'a pas la possibilité de contrôler ce qu'il se passe", a déclaré M. Hirsch. "Il y a depuis dix jours, et plus encore depuis ce week-end, une tension plus que palpable", a ajouté le professeur Chevallier qui a fait état de "bousculades fortes" et de "menaces physiques". Il a critiqué l'attitude de certains médecins opposés à la fermeture. "Aujourd'hui des médecins du service qui n'acceptent pas l'arrêt (de l'unité) ont appelé des familles pour les faire venir. Les familles ont invoqué des symptômes dont on sait qu'ils sont faux pour essayer d'entrer dans le serivice et occuper des lits", a-t-il affirmé. Cinq enfants restaient hospitalisés dans l'unité mardi -- quatre à partir de mercredi selon l'AP-HP. Cette dernière souhaite assurer le transfert des patients et la continuité de leur traitement. Elle dénonce les familles qui, selon elle, refusent "toutes les propositions" . Fin juillet des parents d'enfants cancéreux ont saisi le Conseil d'État, et l'ont appelé à se prononcer sur la fermeture programmée du service. Mardi soir, Carine Curtet, présidente de l'association Ametist qui regroupe des proches d'enfants malades a estimé que l'AP-HP voulait "vider le service au plus vite, avant que des décisions de justice tombent, décisions qui pourraient lui être défavorables". Ametist a également saisi le Défenseur des droits, Jacques Toubon. "Le service ouvert ou fermé, on continuera le combat pour que chaque patient puisse bénéficier d'un choix thérapeutique", a ajouté Mme Curtet.
Mis à jour le 01/03/2015