Mis à jour le 30/01/2026
Mieux anticiper les infections néonatales grâce au microbiote vaginal
Des équipes de l’AP-HP, de l’Université Paris Cité, de l’université Sorbonne Paris Nord, de l’Inserm, de l’Institut Pasteur et de la FHU Prem’Impact, ont conduit une étude pour évaluer l’intérêt de l’analyse des bactéries d’un prélèvement vaginal réalisé lors de l’accouchement dans la prédiction du risque d’infection néonatale. Les résultats montrent que certaines signatures microbiennes, identifiables dès ce prélèvement, sont associées à ce risque d’infection chez le nouveau-né.
L’infection néonatale bactérienne précoce demeure une cause majeure de morbidité et de mortalité, en particulier chez les nouveau-nés prématurés.
Identifier plus précisément les situations à risque reste un enjeu clinique majeur afin d’adapter la prise en charge maternelle et néonatale, tout en limitant le recours excessif aux antibiotiques.
Les outils diagnostiques actuellement disponibles, reposent principalement sur le dépistage du streptocoque du groupe B réalisé à l’approche du terme. Si cette approche a permis de réduire certaines infections, elle ne prend pas en compte la complexité du microbiote vaginal et ne permet pas d’évaluer le risque infectieux global. Cette limite conduit à une utilisation large et probabiliste des antibiotiques, avec un impact sur les résistances bactériennes et le microbiote néonatal.
Dans l'étude promue par l’AP-HP, des chercheurs montrent qu’il est possible d’identifier, à partir d’un prélèvement vaginal réalisé lors de l’accouchement, les signatures microbiennes associées au risque d’infection néonatale.
L’étude repose sur une cohorte prospective de plus de 2 500 femmes prises en charge dans trois maternités d’Île-de-France (Port-Royal, Louis-Mourier et Bichat AP-HP) représentant 560 cas de rupture prématurée des membranes avant 37 semaines d’aménorrhée (646 nouveau-nés du fait des jumeaux).
Les prélèvements vaginaux ont été analysés à l’aide de deux approches complémentaires :
- une approche de bactériologie conventionnelle, incluant l’identification bactérienne par culture, des tests moléculaires ciblés (PCR) et la caractérisation des profils de résistance aux antibiotiques ;
- une approche métagénomique, permettant une caractérisation globale et non ciblée des communautés bactériennes vaginales.
Les résultats de ces approches ouvrent la perspective du développement d’un test moléculaire rapide, non invasif et multiplex, reposant sur des technologies innovantes actuellement en cours de développement. Un tel test permettrait d’améliorer la stratification du risque infectieux périnatal et de favoriser une utilisation plus ciblée et raisonnée des antibiotiques. Ils ouvrent la voie à une approche diagnostique personnalisée, intégrant les données cliniques et les signatures microbiennes.
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