Au service de toutes les grossesses et de toutes les mères

Mis à jour le 20/02/2026

Grâce à une approche intégrée avec les professionnels de ville, l’AP-HP vise à assurer la sécurité des patientes au long de leur grossesse et après, au-delà des risques parfois inhérents.

"Chaque grossesse est unique et certaines femmes sont en situation de grande vulnérabilité. Les 13 maternités de l’AP-HP s’engagent à garantir à toutes une prise en charge attentive et attentionnée, fondée sur l’expertise médicale, l’écoute et l’équité, quels que soient leur parcours ou leurs difficultés."
Pre Alexandra Benachi, hôpital Antoine-Béclère AP-HP, directrice du département médico-universitaire Santé des femmes et des nouveau-nés

Grossesse et accouchement

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A l’Hôpital européen Georges-Pompidou, l’unité fonctionnelle de pharmocologie clinique et santé cardiovasculaire de la femme mène une activité de recherche afin :

  • d’augmenter les connaissances et d’améliorer la prise en charge des troubles hypertensifs de la grossesse, et en particulier l’identification des sujets à risque de le développer ou de développer de conséquences à long terme ;
  • de faciliter l’accès aux protocoles de recherche et aux traitements innovantes ;
  • de réduire l’incidence de complications graves comme la prééclampsie.

Baptisé PHRC-I CHYPRE (Carotid ultrasound-based assessment of maternal hemodynamics to guide HYpertension treatment in PREgnancy - Prise en charge personnalisée de l’hypertension de la grossesse sur la base de l’hemodynamie maternelle), ce projet part du constat que l’hypertension pendant la grossesse est un danger majeur pour la mère et l’enfant.

Adapter les traitements selon le profil cardiovasculaire de chaque patiente pourrait réduire de moitié les cas de complications telle que la pré-éclampsie, mais cette approche nécessite de faire des échographies cardiaques répétées, peu disponibles en maternité.

L’étude CHYPRE teste une solution innovante : un petit appareil portable, que les sage-femmes ou les obstétriciens peuvent utiliser eux-mêmes et qui mesure la circulation sanguine via une échographie des artères cervicales. Ce dispositif pourrait aider les soignants à mieux choisir les médicaments pour chaque femme enceinte.

L’objectif : prévenir les complications graves et améliorer la santé des mères et des bébés.

Les troubles psychiatriques périnataux sont fréquents : environ 10 à 20 % des femmes présentent un trouble dépressif au cours de la période périnatale. Le suicide est aujourd’hui la première cause de mortalité maternelle en France. Les troubles psychiatriques chroniques (bipolarité, schizophrénie) sont également à risque élevé de rechute en post-partum.

L’ensemble des maternités de l’AP-HP est doté d’équipes de psychiatrie périnatale. Sont ainsi pris en charge : 

  • les couples ayant un projet d’enfant ; 
  • les femmes enceintes ; 
  • les relations mère bébé ;
  • l’ensemble des pathologies susceptibles d’intervenir au cours de la grossesse et dans les semaines qui suivent la naissance, à l’instar de la dépression post-partum. 

Cette offre de soins périnatale permet la prise en charge en maternité de femmes présentant des troubles importants. 

Il existe également des équipes mobiles qui se déplacent au domicile des patients et assurent sur place des actions diverses d’appui en santé mentale. 

L'accès aux soins des femmes enceintes et souffrant d'addictions

La grossesse constitue une période de fortes vulnérabilités et aussi une nouvelle fenêtre d’accès aux soins pour les femmes qui souffrent d’addictions. L’équipe du Dr Sicot, du département universitaire de psychiatrie et de médecine addictologique (DUPMA) de l’hôpital Lariboisière AP-HP, propose un accompagnement personnalisé au plus près des patientes, depuis la conception jusqu’au post-natal 

L’équipe sensibilise les professionnels de cultures différentes aux spécificités de l’addictologie.


Un accompagnement personnalisé des femmes enceinte en situation de vulnérabilité

La maternité de l’hôpital Robert-Debré AP-HP, aux portes de la Seine-Saint-Denis, réalise près de 3 200 accouchements par an. Cette maternité de niveau 3 assure la prise en charge des grossesses à haut risque : prématurité, diagnostic anténatal, transferts in utero, retard de croissance intra-utérin, etc.

Dans un contexte de forte vulnérabilité médicale, psychique et sociale des patientes suivies, un parcours de soins personnalisés a été déployé en 2019. Ce dispositif est né du constat, par les équipes soignantes, d’une inadéquation de certaines propositions de soins pour des femmes en situation de précarité, d’addiction, d’isolement social ou exposées à des violences.

Ce parcours de soins personnalisé repose sur trois axes :

  1. Un dépistage systématique renforcé des vulnérabilités. Il est réalisé dès l’ouverture du dossier obstétrical à l’aide d’un auto-questionnaire, proposé à l’ensemble des femmes suivies à partir de la fin du premier trimestre de grossesse.
  2. Un suivi de grossesse personnalisé pour les patientes identifiées. Il inclue des consultations plus longues assurées par une sage-femme, ainsi qu’une prise en charge pluridisciplinaire (obstétriciens, psychologues, assistantes sociales, pédiatres, équipe d’addictologie, psychiatre, etc.), afin d’assurer un accompagnement optimal.
  3. L’organisation renforcée de la sortie de la maternité vise à sécuriser la période du post-partum, particulièrement à risque dans ces situations. Le suicide est la première cause de mortalité dans l’année qui suit l’accouchement.

Des réunions de concertation pluridisciplinaire permettent d’anticiper les situations complexes, d’harmoniser les pratiques et de coconstruire avec la patiente un projet post-natal personnalisé. 
Depuis 2023, la création d’un poste de sage-femme coordinatrice médico-psycho-sociale, appuyée par une assistante administrative, renforce ce dispositif. Les objectifs principaux sont la prévention des ruptures de suivi et le renforcement du relais ville-hôpital, en lien étroit avec les partenaires de proximité (PMI, CMP, acteurs sociaux).
La prise en compte de ces vulnérabilités constitue un enjeu majeur de santé publique et contribue à améliorer durablement la santé des femmes et de leurs enfants.

 

Un atelier cuisine pour les femmes enceintes en grande précarité

La situation des femmes enceintes en grande précarité demeure un enjeu majeur de santé publique et de justice sociale. C'est pourquoi l’hôpital Necker – Enfants malades AP-HP a développé un projet innovant d’atelier cuisine, pensé comme un espace de soutien, de transmission et de reconstruction de la confiance et porté par une mobilisation pluridisciplinaire. Conçu comme un outil de prévention nutritionnelle mais aussi comme un levier d’estime de soi, l’atelier mise sur le “faire”.

En novembre 2025, un premier atelier pilote a été organisé au sein de la maternité de l'hôpital Necker – Enfants malades AP-HP. Les recettes ont été élaborées en tenant compte de budgets très contraints, d’un accès limité à certains commerces, d’équipements minimalistes et du temps comme de l’énergie disponibles.

Avec le soutien de Mme Audrey Simon, chef cuisinière, les participantes ont préparé des plats simples, équilibrés et savoureux. Au-delà des gestes culinaires, l’atelier a ouvert des échanges essentiels sur l’alimentation pendant la grossesse, l’allaitement maternel, la préparation sécurisée des biberons et l’hygiène alimentaire, dans un cadre sécurisant et sans crainte du jugement.
La dimension de santé environnementale complète l’approche : les femmes enceintes en situation de précarité étant souvent plus exposées aux polluants du fait de logements dégradés, de produits ménagers inadaptés, de contenants alimentaires peu sûrs. Une sage-femme experte en reprotoxicologie intervient ainsi pour aborder les perturbateurs endocriniens, les polluants du quotidien et les gestes accessibles pour limiter l’exposition sans alourdir la charge mentale.

L’équipe du Pr Benachi, service de gynécologie de l’hôpital Antoine-Béclère AP-HP, est formée pour accueillir les patientes suivies dans le cadre de nombreux centres de références maladies rares, parmi lesquelles les maladies osseuses constitutionnelles, le syndrome d’Ehlers, etc.

Les femmes enceintes ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique constituent une population croissante et particulièrement vulnérable. Ces grossesses sont associées à un risque accru de carences nutritionnelles maternelles, d’enfants petits pour l’âge gestationnel et, dans une moindre mesure, de prématurité. Malgré ces enjeux, les données scientifiques restent limitées, en particulier concernant le devenir à long terme des enfants, et il n’existe pas à ce jour de référentiels nutritionnels spécifiques adaptés à ces situations. 

Le projet NUMASURG a pour objectif principal d’améliorer le suivi nutritionnel des femmes enceintes après chirurgie bariatrique et la prévention des complications materno-fœtales, en développant de nouveaux outils et en affinant les recommandations de pratique clinique. Il s’inscrit pleinement dans une démarche de prise en compte des spécificités de santé des femmes, tout au long de leur parcours de soins, de la période pré conceptionnelle à la santé de l’enfant. 

Ce projet de recherche, financé par l’appel à projets MESSIDORE (Inserm), a débuté en septembre 2023 pour une durée de quatre ans. Il repose sur une forte mobilisation des Centres Spécialisés de l’Obésité (CSO) de l’AP-HP, notamment ceux de la Pitié-Salpêtrière, de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou, de Louis-Mourier et de Jean-Verdier, permettant un recrutement large et représentatif. 

NUMASURG s’articule autour de quatre axes : 

  1. la constitution d’une cohorte nationale de 1 000 femmes enceintes après chirurgie bariatrique suivies dans les CSO ; 

  1. l’établissement de valeurs de référence de biomarqueurs nutritionnels à partir des cohortes françaises en population générale EDEN et ELFE ; 

  1. la comparaison du statut nutritionnel des femmes enceintes après chirurgie bariatrique à celui de la population générale et l’étude de ses associations avec les issues de grossesse; 

  1. l’étude du développement et de la santé des enfants jusqu’à l’âge de 10 ans à partir du Système National des Données de Santé. 

Les retombées attendues incluent la mise en place d’un dossier de suivi nutritionnel structuré et standardisé, la création d’une base de données commune aux CSO de l’AP-HP, l’élaboration de référentiels de dosages et de valeurs usuelles pour les micronutriments clés et une meilleure connaissance des déterminants nutritionnels du devenir des enfants. À terme, NUMASURG vise à améliorer l’accès à des soins adaptés et équitables pour ces femmes, et à renforcer la prévention en santé maternelle et infantile. 

Le service d’imagerie médicale de l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP propose une prise en charge particulière des femmes enceintes ou allaitantes. En effet, l'état de ces patientes nécessite des précautions particulières lors des examens ou lors de l’injection des produits de contraste. L’équipe projette en plus d’éditer un livret listant l’ensemble des recommandations sur la prise en charge de ces femmes sur toutes des modalités de l’imagerie : scanner, IRM, mammographie, radiographie, injection de produit de contraste iodé et gadoliné). 

L’objectif principal de ce livret sera de répondre simplement et rapidement à toutes les interrogations sur la prise en charge des femmes enceintes ou allaitantes dans le but de fournir les meilleurs soins possibles aux patientes lors de leur grossesse en les rassurant et en assurant la sécurité de leur futur nouveau-né. 

Les complications de grossesse, comme le diabète gestationnel, l’hypertension gravidique ou encore la pré-éclampsie, concernent près de 20 % des grossesses et sont sources de risques cardiovasculaires et métaboliques ultérieurs. Le programme d’actions d’accompagnement patients (PAAP OPTIGEST), porté par l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP et coordonné par le Dr Manzo-Silberman et le Pr Nizard, vise à optimiser le suivi post-partum de ces patientes. En pratique, il se traduit par l’apport d’un soutien adapté aux patientes ; une information claire sur leurs risques et les pathologies associées ; la prévention des grossesses non souhaitées par une contraception adaptée au profil de risques ; l’autonomisation des patientes et la coordination avec les professionnels de santé de ville.

 

La maternité de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP, à Colombes (92), propose le parcours Gestamat’, validé et financé par l’Agence Régionale de Santé. Spécifiquement dédié aux femmes enceintes présentant un diabète gestationnel, il associe éducation thérapeutique du patient et activité physique adaptée. 

Face à la violence que peut provoquer la perte d’un bébé ou une interruption médicale de grossesse, il est parfois très difficile de mettre des mots ou distinguer les émotions, tant le choc et la violence bloquent les capacités de symbolisation. Le service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP accorde une attention particulière aux mamans en deuil périnatal. L’unité de diagnostic anténatal (DAN) a donc monté, en 2024, un projet d’art-thérapie au service des mamans endeuillées, en complément des dispositifs existants (entretiens, groupes de parole, souvenirs, lieux symboliques). 

En 2025, quatre cycles d’ateliers artistiques ont été menés. Des œuvres collectives ont été exposées en octobre 2025 en hommage aux mamans et à leurs bébés. Pour 2026, des fonds internes (Association du deuil périnatal de Louis-Mourier) vont permettre de financer des séances mensuelles d’art-thérapie pour les mamans sous la forme d'un atelier de deux heures en petit groupe.

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