Un large éventail d’actions de prévention en faveur de la santé des femmes

Mis à jour le 20/02/2026

Accidents vasculaires cérébraux (AVC), cardiologie, ostéoporose, infections sexuellement transmissibles (IST) ou santé environnementale : l’AP-HP se mobilise pour la mise en œuvre de programmes de prévention spécifiques à destination des femmes.

Une collaboration a été mise en place entre la maison de santé des Épinettes et le service de médecine interne avec le Dr Goulenok, de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard AP-HP, afin d’améliorer le dépistage du papillomavirus (HPV) chez les patientes atteintes de maladies systémiques, comme le lupus. Il s’agit de répondre aux difficultés rencontrées par ces patientes en matière d’accès aux soins spécialisés et de suivi coordonné. 

Après un AVC, faute d’un accompagnement adapté, les femmes peuvent renoncer à certains projets de vie, comme la maternité ou la contraception. À l’hôpital Lariboisière AP-HP, dans le service de neurologie, le Dr Reiner anime une « Filière Femme-AVC ». Cette filière d’avis spécialisés veut répondre aux situations complexes en lien avec la procréation médicalement assistée, l’accouchement, la contraception ou la ménopause.

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 23 % des décès et 25 % des pathologies chroniques dans le monde sont attribués à des facteurs environnementaux. Certaines périodes sont particulièrement à risque comme le développement in utero ou la puberté. L'AP-HP a mis en place un programme de prévention des expositions aux polluants, dont un projet d’écomaternités.

Ce projet vise à réduire l’exposition des femmes enceintes, des nouveau-nés et des professionnels de santé aux polluants environnementaux, tout en promouvant des pratiques plus vertueuses pour l’environnement.

Parce qu’elle induit un certain nombre de modifications physiologiques, la cinquantaine est une période clé pour la santé des femmes. Elle représente une opportunité pour réaliser des actions de dépistage, de prévention et de soin, dans certain cas. A l’Hôtel-Dieu AP-HP, l’équipe du centre de diagnostic propose, en lien avec l’équipe de gynécologie de Cochin – Port-Royal AP-HP, une consultation dédiée aux femmes à partir de 50 ans pour faire le point sur leur santé. Les professionnelles de l’APHP ont accès à ce parcours.
Cette consultation médicale s’intéresse à la santé cardiovasculaire et métabolique, à la santé osseuse, au dépistage des cancers, à la santé gynécologique, à la nutrition, à l’activité physique, au bien-être des femmes… Elle permet d’effectuer une évaluation personnalisée et de proposer aux patientes une prise en charge adaptée à leur profil et leurs besoins.
Si suite à cette première consultation de bilan, des analyses complémentaires sont nécessaires, elles peuvent être réalisées en hôpital de jour, toujours à l’Hôtel-Dieu.

La prise de rendez-vous se fait au centre de diagnostic et de thérapeutique de l'Hôtel-Dieu par téléphone au 01 42 34 89 66 ou en ligne. 

Depuis 2007, l’hôpital Ambroise-Paré AP-HP pilote une campagne de dépistage des risques cardiovasculaires, à l’échelle des Hauts-de-Seine. Baptisée CARVAR 92, elle invite aléatoirement les femmes de 40 à 70 ans et sans antécédents cardiovasculaires à réaliser un bilan gratuit. Ce bilan inclue un examen clinique, des mesures anthropométriques, la prise de la pression artérielle, des analyses sanguines et un questionnaire détaillé sur leurs habitudes de vie, l’hérédité et l’usage de traitements, notamment hormonaux. 

Cette campagne permet une orientation des patientes en fonction de leur risque cardiovasculaire global. Il s'agit d’intervenir avant l’apparition des symptômes et de réduire les inégalités de dépistage.

A partir des données de 7 395 femmes ayant participé à la campagne CARVAR 92, une étude montre que le passage à la ménopause marque un tournant où les risques cardiovasculaires modifiables deviennent plus fréquents. L’étude démontre également que les femmes ménopausées ayant recours à un traitement hormonal de la ménopause (THM) n’ont pas davantage de facteurs de risque que les femmes non ménopausées. Le THM pourrait donc avoir un effet bénéfique ou protecteur sur ces paramètres, contrairement aux idées reçues. Ces résultats confirment l’importance d’un suivi cardiovasculaire attentif à cette période charnière de la vie des femmes. 

Portée par l’AP-HP et coordonnée par les équipes de l’hôpital Cochin AP-HP, l’étude CASCADE (dépistage du CAncer du Poumon par SCAnner faible DosE) est un programme innovant de dépistage du cancer du poumon dédié aux femmes à risque.  

Concrètement, toutes les femmes (fumeuses ou anciennes fumeuses), âgées de 50 à 74 ans, sont invitées à bénéficier d’un scanner thoracique favorisant le dépistage de plusieurs pathologies : cancer pulmonaire mais aussi maladie coronaire, emphysème ou encore ostéoporose. Car si le cancer du poumon constitue l’une des premières causes de mortalité par cancer chez les femmes, elles sont sous-représentées dans les grandes études de dépistage. 
Les femmes intéressées peuvent contacter le numéro d’appel national (06.15.06.58.35) ou adresser un email à l’adresse suivante : cascade.cch@aphp.fr 

Avec encore plus de 3 000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus diagnostiqués par an en France, les préventions primaire, secondaire et tertiaire de ces cancers représentent des leviers importants à soutenir pour l’amélioration de la Santé des femmes.

L’agent étiologique de ces lésions tumorales étant un virus, le Papillomavirus Humain (HPV), l’avènement de nouveaux biomarqueurs virologiques est une voie particulièrement intéressante à investiguer pour l’optimisation des préventions secondaire et tertiaire de ce type de cancers en perfectionnant leur dépistage, leur diagnostic et leur suivi.

Le groupe « Tumeurs HPV » (Equipe FunGest, INSERM UMRS1138, Centre de Recherche des Cordeliers) dirigée par les virologistes Pr Hélène Péré et Dr David Veyer, de l'Hôpital européen Georges-Pompidou, mènent des recherches translationnelles en ce sens. Ils ont ainsi récemment montré que le déploiement de technologies innovantes comme la technique ultrasensible de PCR digitale appliquée à la détection d’ADN tumoral HPV ou encore celle de Capture HPV couplée au séquençage haut débit pour identifier les signatures génomiques et moléculaires du virus (présence de mutations particulières, intégration ou non au génome humain) semblent être des approches très intéressantes pour affiner le diagnostic des cancers du col de l’utérus de petits stades  : la première en affinant le diagnostic histologique de l’invasion ganglionnaire et la seconde en identifiant des "cartes d’identité" HPV corrélées au pronostic de ces cancers.

L’objectif est de confirmer sur de plus larges cohortes prospectives ces premières données afin de permettre un déploiement de ces nouveaux outils dans la pratique clinique en soutien à l’objectif d’éradication des cancers du col de l’utérus sur le territoire national porté par le plan Cancer 2030.

Enfin, de tels biomarqueurs sont également applicables à la prévention des autres cancers induits par HPV, que ce soient les cancers de la vulve et du vagin, du canal anal ou encore de l’oropharynx avec des études portées par le groupe « Tumeurs HPV » également en cours sur ces autres cancers muqueux. 

Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence une augmentation du risque de cancer du sein chez les travailleuses de nuit, en particulier en cas d’exposition prolongée.

Malgré ce surrisque, les femmes travaillant de nuit rencontrent des difficultés d’accès aux dispositifs de prévention et de dépistage en raison de contraintes organisationnelles et horaires. Le projet NIGHT SCAN vise à répondre à ce besoin en proposant une consultation de prévention adaptée aux horaires du personnel de nuit

NIGHT SCAN veut évaluer la faisabilité, l’acceptabilité et l’impact d’une consultation de prévention personnalisée adaptée aux horaires du personnel féminin travaillant de nuit. L’objectif principal est d’évaluer l’adhésion des participantes à un Plan Personnalisé de Prévention (PPP) coconstruit lors d’une consultation spécialisée d’évaluation du risque de cancer du sein. Le critère principal de jugement est la proportion de femmes respectant les recommandations de surveillance et de prévention définies dans le PPP à court et moyen terme.

Les objectifs secondaires incluent :  

  • l’évaluation de la satisfaction et de l’acceptabilité du dispositif par les participantes ;
  • l’évolution de la perception des freins à l’accès aux soins préventifs ;
  • la constitution d’une cohorte prospective permettant un suivi à long terme du risque de cancer du sein chez les travailleuses de nuit ;
  • l’intégration d’une approche globale de prévention incluant deux critères majeurs de santé : l’évaluation du risque cardiovasculaire, avec orientation systématique vers une consultation spécialisée de cardiologie en cas de risque identifié ;
  • l’évaluation de l’infertilité ou du risque d’infertilité, avec orientation vers une consultation dédiée en médecine de la reproduction lorsque cela est indiqué.

Il s’agit d’une étude prospective, monocentrique, interventionnelle à risques et contraintes minimes, menée au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. La population cible comprend des femmes travaillant de nuit, sans antécédent personnel de cancer du sein, recrutées sur la base du volontariat après information et consentement éclairé. Environ 150 participantes sont attendues sur une période d’inclusion de 24 mois. 

Le laboratoire Inserm UMR-S 1147 “Médecine Personnalisée, Pharmacogénomique et Optimisation Thérapeutique”, dirigé par le Pr Pierre Laurent-Puig au Centre de recherche des Cordeliers, est spécialisé dans la recherche sur l’ADN tumoral circulant (ADNtc) et ses applications cliniques. Avec la Dr Valérie Taly, ils travaillent à la mise au point d’un biomarqueur spécifique de la détection de l’ADNtc des cancers de l’ovaire de stade avancé.

L’objectif de ces travaux est d’identifier des signatures spécifiques permettant de détecter l’ADNtc par une méthode simple et peu couteuse (PCR digitale), exportable en soin courant. Ils collaborent avec le groupe de recherche ARCAGY-GINECO dans le cadre d’études ancillaires à des études prospectives nationales et internationales pour évaluer l’impact pronostique d’un tel biomarqueur. Ainsi, ils ont récemment finalisé une étude portant sur la valeur pronostique de la décroissance précoce du taux d’ADNtc après un cycle de chimiothérapie néoadjuvante sur la base de prélèvement provenant de l’essai CHIVA.

Ces résultats importants permettent d’envisager de nouvelles collaborations qui permettraient d’évaluer la pertinence de l’ADNtc comme biomarqueur prédictif de la récidive en quantifiant la maladie résiduelle microscopique infra-clinique et infra-radiologique en fin de première ligne de traitement. Ils travaillent également sur la comparaison de la performance de l’ADNtc comme marqueur prédictif de la réponse aux traitements systémiques et de maintenance avec d’autres biomarqueurs développés sur les mêmes cohortes de patientes et qui se sont imposés en pratique clinique (KELIM CA 125). 

Les femmes âgées suivies pour cancer présentent un risque accru d’ostéoporose et de fractures, lié à l’âge, à la dénutrition, au risque de chute, ainsi qu’aux traitements.

À l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, le Dr Mebarki propose à toutes les patientes de l’hôpital de jour d’oncogériatrie de bénéficier d’une évaluation du risque osseux et des mesures de prévention adaptées. 

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