Des prises en charge globales et innovantes pour soigner toutes les femmes

Mis à jour le 20/02/2026

L’AP-HP place l’innovation au cœur de son engagement pour améliorer la qualité des soins et l’expérience des patientes. Elle s’appuie, par exemple, sur des avancées en chirurgie et sur de nouvelles organisations.

Depuis 2020, le service de sénologie de l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP a introduit le repérage mammaire non filaire des tumeurs infra-cliniques grâce au dispositif SCOUT®. Posé dès la biopsie d’une lésion suspecte, ce réflecteur a plusieurs bénéfices dont celui d'apporter plus de confort aux femmes souffrant d'un cancer du sein.

Le service intègre également le point de vue des patientes dans l’évaluation des soins, en vue d’améliorer ses pratiques en continu.

Depuis 2019, l'équipe de chirurgie plastique du Pr Hivelin, à l'hôpital Ambroise-Paré AP-HP, développe une expertise de recours en reconstruction mammaire après un cancer du sein. Centre de référence en microchirurgie, le service accueille des patientes de toute la France, notamment des femmes confrontées à des situations complexes, après l’échec d'autres techniques. 

Le service de chirurgie cancérologique gynécologique et du sein de l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP est engagé dans la recherche sur l’impact des facteurs environnementaux sur la santé des femmes. Si ce domaine est encore peu exploré, il est aujourd’hui reconnu comme un enjeu majeur de santé publique, en forte résonance avec les attentes des patientes.  

Ces travaux sont menés au sein du laboratoire Inserm UMR-S 1124 – HealthFex à l’université Paris Cité. Les travaux publiés concernent principalement le rôle des polluants chimiques environnementaux dans la progression du cancer du sein. À partir de la cohorte translationnelle METAPOP et de modèles expérimentaux innovants, il a été démontré que certaines expositions à des polluants organiques persistants, notamment la dioxine et les PCB, sont associées à une plus grande agressivité tumorale, au risque métastatique et à l’acquisition de mécanismes de chimiorésistance.

Ces résultats, parmi les premiers à établir un lien entre environnement et évolution du cancer du sein, ont conduit à l’identification de mécanismes biologiques clés en cours d’élucidation. Une synthèse des premiers résultats a été publiée dans le bulletin de l’Académie Nationale de Médecine en 2023.

Dans le prolongement de ces travaux, la recherche s’est élargie depuis 2024 à l’endométriose, pathologie chronique féminine fréquente et invalidante, partageant de nombreuses caractéristiques biologiques avec le cancer du sein. Le projet ENDOFAT, financé par l’Agence Nationale de la Recherche en 2024, explore les interactions entre polluants, tissu adipeux et lésions endométriosiques à travers une approche intégrée combinant analyses in silico (modèles bioinformatiques), études observationnelles chez les patientes et modèles cellulaires expérimentaux. Cette dynamique de recherche ouvre également la voie à des développements prochains dans le cancer de l’endomètre, dans une logique de continuité scientifique et clinique.

 

À l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, le service de chirurgie cancérologique gynécologique et du sein du Pr Azais travaille au développement de nouvelles approches chirurgicales mini-invasives pour le traitement des cancers ovariens, en particulier la chirurgie robotique pour améliorer le confort des patientes. 

Au sein de l’AP-HP, la rhumatologie s’est fortement mobilisée depuis plus de vingt-cinq ans pour améliorer la prise en charge de l’arthrose. Cette pathologie est majoritairement féminine et survient en particulier après la ménopause.

Ainsi à l’hôpital Saint-Antoine AP-HP, service de rhumatologie du Pr Berenbaum, une équipe de recherche Inserm – Sorbonne Université travaille-t-elle à l’identification de nouvelles approches thérapeutiques. Elle s’appuie sur la cohorte DIGICOD dédiée à l’arthrose des mains. En parallèle, un centre d’études et de recherche clinique sur l’arthrose (le CERCA) facilite l’accès de patientes à des études cliniques. 

Au sein du service de rhumatologie de l’hôpital Bicêtre AP-HP, le Pr Raphaèle Seror, Université Paris-Saclay, est responsable d’un programme de recherche dédié aux maladies auto-immunes rhumatologiques, mené au sein de la cohorte E3N-générations. Cette cohorte, pilotée par le Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations (CESP), équipe Exposome et Hérédité, dirigée par Gianluca Severi et Alexis Elbaz, a inclus plus de 100 000 femmes dans les années 1990 et assure leur suivi longitudinal depuis plus de 30 ans. Il s’agit d’un dispositif de recherche intrinsèquement centré sur la santé des femmes, couvrant l’ensemble du cycle de vie et transgénérationnel puisque les enfants et les conjoints d’une partie de ces femmes sont également suivis (E4N).

Dans ce cadre, l’équipe d’immuno-rhumatologie de l’hôpital Bicêtre AP-HP étudie le rôle des facteurs de risque environnementaux dans la survenue ultérieure des maladies inflammatoires chroniques, incluant notamment les facteurs alimentaires, les facteurs hormonaux, les expositions aux polluants, les facteurs précoces de la petite enfance, ainsi que les comorbidités cardiovasculaires.

Les travaux ont porté en particulier sur la polyarthrite rhumatoïde, maladie auto-immune et rhumatisme inflammatoire chronique la plus fréquente en France, ainsi que sur l’artérite à cellules géantes, vascularite touchant préférentiellement les sujets âgés. Ces recherches ont permis d’identifier plusieurs facteurs environnementaux associés au risque de survenue de ces pathologies, dont certains sont potentiellement modifiables, ouvrant des perspectives en matière de prévention et de santé publique.



Service de Rhumatologie et Immuno-Rhumatologie - Hôpital Bicêtre | APHP

 

Les troubles neurologiques fonctionnels sont des dysfonctionnements du traitement cérébral sans lésion identifiable provoquant divers symptômes neurologiques. Bien que fréquents, ils restent méconnus et touchent majoritairement les femmes. À l’hôpital Avicenne AP-HP, un programme expérimental destiné aux femmes, porté par le service du Pr Garcin et par l’association CONNECTNF, propose une approche multidisciplinaire alliant le soin à des ateliers complémentaires (danse-thérapie, hypnose, art-thérapie, psychomotricité, ateliers d’ancrage, groupes de parole, etc.) pour améliorer le parcours de soins des femmes.

A l’Hôpital européen Georges-Pompidou, l’unité fonctionnelle de pharmacologie clinique et santé cardiovasculaire de la femme mène une activité de recherche sur la santé cardiovasculaire et étudie plus particulièrement le rôle du sexe et du genre dans le vieillissement vasculaire dans plusieurs projets.

Objectifs :

  • étudier les différences entre hommes et femmes dans les trajectoires de vieillissement vasculaire ;
  • étudier le rôle des facteurs liées au sexe (comme les complications liées à la grossesse) ou au genre (comme les normes de genre et les violences domestiques) dans les trajectoires de vieillissement vasculaire accéléré chez les femmes ;
  • investiguer les mécanismes subjacents au vieillissement vasculaire accéléré induit par la COVID19 chez les femmes par rapport aux hommes et proposer des stratégies de prévention ciblée.

Le projet ANR SALVAGE (Sex and gender in vascular ageing) étudiera le rôle des facteurs liées au sexe et au genre dans les trajectoires de vieillissement vasculaire accéléré chez les femmes dans la cohorte EPP3.

Le projet CARTESIAN (Covid-19 Effects on ARTErial StIffness and Vascular AgeiNg) a été lancé en 2025 grâce au soutien de la Fondation APHP, de la société savante Artery et d’autres partenaires internationaux. Il s’agit d’une cohorte internationale visant à explorer les conséquences long terme de la Covid-19 sur le système cardiovasculaire. Les résultats principaux ont été récemment publiés et montrent que la Covid-19 induit un vieillissement cardiovasculaire accéléré que chez les femmes. Des analyses sont en cours pour explorer les mécanismes subjacents.

En plus, une possible collaboration clinique est en train de se développer pour proposer des stratégies de prévention cardiovasculaire aux patients avec Covid long, suivis dans le cadre de CASPER (Circuit Ambulatoire de prise en charge des patients ayant des Symptômes PERsistants). 

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