Mis à jour le 02/02/2026
Création d’une filière de prise en charge addictologique liée au protoxyde d’azote à l’hôpital René-Muret AP-HP
De plus en plus consommé, le « gaz hilarant » peut avoir de graves effets. À l’hôpital René-Muret, une prise en charge pluridisciplinaire aide à soigner les patients.
Le protoxyde d’azote est un gaz incolore, d’odeur et de saveur légèrement sucrées. Il a un effet euphorisant. Sa consommation a fortement augmenté notamment parmi la population des 15-24 ans. Des complications graves d’ordre neurologique ou thrombotique peuvent survenir chez les usagers chroniques ou à forte dose.
La filière spécialisée dans la prise en charge addictologique liée au protoxyde d’azote a reçu un avis favorable de l’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France en septembre 2025.
Dans ce contexte, « l’ouverture d’une filière spécialisée dans la prise en charge addictologique du protoxyde d’azote à l’hôpital René Muret permet de proposer des soins de qualité aux patients concernés dans un territoire où cette offre n’existait pas », souligne le Pr Florence Vorspan, cheffe du service addictologie de l'hôpital René-Muret.
Des objectifs en matière de soins et de recherche
Les objectifs de la création de la filière sont de :
- faire monter en compétence des professionnels concernés sur le repérage de l’addiction au protoxyde d’azote ;
- favoriser la création d’une filière rapide de prise en charge addictologique spécialisée en addictologie pour maintenir dans les soins ces patients ;
- réaliser des actions de prévention en lien avec les municipalités, en particulier auprès des jeunes ;
- contribuer à l’activité de recherche et aux réseaux qui se constituent en France pour mieux comprendre cette addiction.
Une prise en charge pluridisciplinaire
Les patients peuvent prendre rendez-vous directement sur aphp.fr, sans obligatoirement avoir été adressés par un addictologue ou un autre professionnel de santé. La prise en charge commence par un bilan complet, effectué en hôpital de jour à l’hôpital René-Muret. En fonction de l’évaluation clinique, les patients sont ensuite orientés vers les services et modalités de soins les plus adaptés : suivi ambulatoire, hospitalisation de jour ou hospitalisation complète.
La filière s’appuie sur une coordination pluridisciplinaire associant addictologie, neurologie, urgences et structures spécialisées du territoire. Deux professionnels de santé ont été recrutés grâce au soutien du fond régional de lutte contre les addictions de l’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, afin de renforcer et d’animer le dispositif.
L’objectif est d’absorber la demande de soins des patients du territoire de santé, le dispositif n’est pas limité en termes de file active. Chaque parcours est individualisé, avec un suivi régulier et, si nécessaire, une hospitalisation complète selon la gravité de la situation.
« Ce dispositif se distingue par sa complémentarité médicale entre prise en charge des conduites addictives et soins de rééducation en neurologie chez les personnes ayant eu des séquelles suite à leur consommation de protoxyde, telles que, notamment, des troubles de la motricité pouvant aller jusqu’à la paralysie de certaines parties du corps », conclut l’ARS Île-de-France.