Etude de non infériorité comparant le rituximab à l’ocrelizumab dans la sclérose en plaques de forme rémittente
TRIO
CHU Rennes
MICHEL Laure
Centre Hospitalier Universitaire Rennes
Patients
Inclusions en cours
À propos
Contexte et justification de la recherche / Pourquoi cette recherche est-elle mise en place ? La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire auto-immune du système nerveux central (SNC). Cette maladie est la première cause de handicap non traumatique chez l'adulte jeune et la France se caractérise par une prévalence élevée (actuellement 1/1000 habitants) de SEP. Les anticorps anti CD20, qui ciblent la population de lymphocytes B (une des populations de cellules immunitaires particulièrement impliquée dans la maladie) ont démontré leur efficacité dans la SEP rémittente et représentent actuellement un des traitements de fond prescrit dans cette maladie. Il existe différents types d’anticorps anti CD20 dont : - Le rituximab qui est autorisé dans le traitement de cancers hématologiques mais également dans la polyarthrite rhumatoïde depuis 1998. Ce traitement a fait l'objet d’un essai clinique dans la SEP rémittente en 2008 avec une bonne efficacité et une bonne tolérance. Il n’y a cependant pas eu de demande d’autorisation pour utiliser le rituximab dans la SEP par le fabricant. Il est pourtant de plus en plus prescrit (hors autorisation) en Europe et aux USA chez les patients ayant une SEP rémittente active, avec une très bonne tolérance et efficacité. - L’ocrelizumab est un anticorps anti CD20 plus récent, et développé pour la prise en charge de la SEP rémittente active. Deux essais cliniques de grande ampleur ont démontré son efficacité dans la SEP rémittente active, ce qui a permis son autorisation en France dans cette indication. Il n'y a actuellement pas d'arguments scientifiques pour penser que l'ocrélizumab pourrait être plus efficace que le rituximab dans la SEP rémittente active. De plus, concernant la tolérance, le rituximab est utilisé pour d'autres indications depuis près de 20 ans. Le coût élevé de l’ocrelizumab fait s'interroger sur sa place dans la stratégie thérapeutique par rapport au rituximab pour traiter les patients atteints de SEP rémittente active - Présentation de la recherche / En quoi la recherche consiste-t-elle ? Pour comparer l’efficacité de ces deux anticorps anti-CD20, il faut mener un essai thérapeutique comparant l’efficacité du rituximab et de l’ocrelizumab chez les patients atteint de SEP rémittente active, évalué par le pourcentage de patients sans activité de la maladie à 2 ans du début du traitement. A ce jour, aucun essai de ce type n’a été mené. Dans cet essai clinique, deux groupes de 215 patients seront donc constitués par tirage au sort : - Un groupe de patients atteint de SEP rémittente active qui sera traité par rituximab. - Un groupe de patients atteint de SEP rémittente active qui sera traité par ocrelizumab. Le choix du traitement qui vous sera administré se fera par tirage au sort. Les patients de chaque groupe seront ensuite suivis pendant 24 à 30 mois, avec des consultations neurologiques, et des IRM régulières. La survenue de poussée, l’évolution du handicap et l’existence de nouvelles lésions sur l’IRM cérébrale seront évaluées. La qualité de vie des patients sera étudiée, ainsi que les coûts de prise en charge. À tout moment, sur décision du neurologue et/ou du participant, le traitement pourra être modifié dans l’intérêt du patient. Au total, 430 patients seront recrutés dans une vingtaine de centres français spécialisés dans la prise en charge de la sclérose en plaques. Cet essai a été déposé dans le cadre d’un appel à projet national concernant les Programmes Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC) et a obtenu son financement auprès du ministère chargé de la santé.
Critères d'inclusion:
- Patients présentant une SEP rémittente selon les critères de Mac Donald 2017, avec des critères cliniques ou radiologiques d'activité (c'est-à-dire au moins une rechute ET/OU une nouvelle lésion T2 dans les 12 derniers mois avant l'inclusion) ;
- Âge compris entre 18 et 55 ans
- EDSS ≤ 5
- IRM cérébrale dans les 6 mois précédant l'inclusion
- Pour les femmes en âge de procréer : contraception efficace (la contraception efficace comprend la contraception orale, les dispositifs intra-utérins et d'autres formes de contraception avec un taux d'échec <1%, pendant la durée de l'étude et jusqu'à 12 mois après l'administration de la dernière dose) * Une femme est considérée comme étant en âge de procréer, c'est-à-dire fertile, après la ménarche et jusqu'à ce qu'elle devienne ménopausée, à moins qu'elle ne soit stérile de façon permanente. Les méthodes de stérilisation permanente comprennent l'hystérectomie, la salpingectomie bilatérale et l'ovariectomie bilatérale.
L'état post-ménopausique est défini comme l'absence de menstruations pendant 12 mois sans autre cause médicale. Un taux élevé d'hormone folliculo-stimulante (FSH) dans l'intervalle post-ménopausique peut être utilisé pour confirmer un état post-ménopausique chez les femmes qui n'utilisent pas de contraception hormonale ou de traitement hormonal de substitution. Toutefois, en l'absence de 12 mois d'aménorrhée, une seule mesure de la FSH est insuffisante.
- Avoir signé un formulaire de consentement éclairé
- Les patientes couvertes par l'assurance sociale
Critères de non-inclusion :
- SEP secondaire ou primaire progressive ;
- Traitement antérieur par mitoxantrone, cladribine, alemtuzumab et thérapies anti CD20 au cours des deux dernières années ;
- Traitement antérieur par fingolimod ou natalizumab au cours des 4 dernières semaines ; traitement par fingolimod ou natalizumab au cours des 4 dernières semaines ; traitement par corticostéroïdes à haute dose au cours des 30 jours précédant l'inclusion ; Traitement par corticostéroïdes à haute dose dans les 30 jours précédant l'inclusion ; Survenue d'une rechute moins de 30 jours avant l'inclusion ;
- Grossesse ou allaitement ;
- Autre maladie neurologique ou systémique ;
- Participation concomitante ou participation à un autre essai thérapeutique au cours des 6 derniers mois ;
- Incapacité à comprendre ou à signer le formulaire de consentement ;
- Contre-indication à l'IRM ;
-
Contre-indication aux thérapies anti-CD20 :
- Réception d'un vaccin vivant ou vivant-atténué dans les 6 semaines précédant la randomisation.
- Malignité active.
- Toute infection en cours
- Insuffisance cardiaque sévère (classe IV de la New York Heart Association) ou maladie cardiaque sévère non contrôlée.
- Test positif pour le VIH, l'hépatite B ou C, ou la tuberculose.
- Déficit immunitaire sévère :
- Lymphopénie de grade 3 (0,2 à 0,5 × 10\^9/L) ou grades supérieurs
-
Neutropénie de grade 3 (0,5 à 1,0 × 10\^9/L) ou grades plus élevés
- Hypersensibilité connue ou autres effets secondaires connus pour l'un des médicaments de l'étude, y compris les comédications telles que les glucocorticostéroïdes à forte dose
- AST ou ALT >=3ULN
- Numération plaquettaire (thrombocytes) << 100 x 10\^9/L
- Adultes légalement protégés (sous protection judiciaire, tutelle ou curatelle), personnes privées de liberté.
Établissement(s) recruteur(s)
AP-HP - Hôpital Henri Mondor-Albert Chenevier
Adresse :51 avenue Mal de Lattre de Tassigny
94010 CRETEIL CEDEX
France
AP-HP - Hôpital La Pitié-Salpêtrière
Adresse :47 boulevard de l'Hôpital
75651 PARIS CEDEX13
France