French English
Menu
  • Rechercher un nom de médecin, un service
  • Rechercher un contenu
Select the desired hospital

Cancer du côlon, traitement adjuvant et place de l’oxaliplatine : apport de la biologie moléculaire

Publié le Communiqués de presse

MOSAÏC est un essai français de phase III, coordonné par l’équipe du Pr Thierry André de l’hôpital Saint-Antoine, AP-HP, qui a évalué et validé l’intérêt d’associer l’oxaliplatine au 5-FU en situation adjuvante chez des patients atteints d’un cancer du côlon localisé. Une nouvelle analyse des données de cette étude a été réalisée en utilisant les classifications moléculaires et les signatures génomiques décrites pour ces tumeurs. Les résultats montrent, d’une part, que le profil CRCA de type stem-like est associé à un mauvais pronostic et à une absence de bénéfice de l’oxaliplatine, et d’autre part, que le score RPS, témoin de la réparation de l’ADN, pourrait être associé à l’efficacité de l’oxaliplatine. Cette communication a été présentée au congrès de l’ASCO samedi 1er juin.

>> Présentation de ces travaux par le Pr Thierry André, du service d’oncologie digestive de l’hôpital Saint-Antoine AP-HP

L’essai français de phase III, MOSAIC, et l’essai américain C-07 du NSABP (« The National Surgical Adjuvant Breast and Bowel Project »), ont démontré et validé, chez des patients atteints d’un cancer du côlon localisé, l’intérêt d’un traitement adjuvant, destiné à diminuer le risque de rechute en détruisant les cellules cancéreuses éventuellement restantes dans l’organisme, associant 5-FU et oxaliplatine (versus 5-FU), avec une amélioration significative de la survie sans maladie. Cependant, tous les patients ne bénéficient pas de cette association, qui par ailleurs n’est pas dénuée de toxicité principalement neurologique.

Une analyse complémentaire exploratoire des données de l’étude C-07 du NSABP avait été réalisée afin d’évaluer les effets sur la survie sans rechute selon le profil génomique tumoral, pour les patients avec un cancer du côlon de stade III. Les cancers du côlon sont classés, selon les gènes analysés et leur signature génomique, en différents types « CRCA » (pour « colorectal carcinoma stem cells »), avec des pronostics et des réponses potentielles au traitement différents.

Les résultats avaient montré dans l’étude C07 que la signature CRCA (72 gènes analysés) de type Stem-Like était associée à un mauvais pronostic et à une absence de bénéfice de l’oxaliplatine tandis, que les tumeurs avec une signature CRCA de type Enterocyte étaient sensibles à l’oxaliplatine.

L’étude MOSAIC a permis d’analyser, sur les tumeurs de 590 patients atteints d’un cancer du côlon de stade III inclus, le pronostic de la maladie et de l’efficacité de l’oxaliplatine en fonction du profil CRCA et du type moléculaire concerné, selon la classification « CMS » pour  « Consensus Molecular Système » (84 gènes analysés).

Les résultats montrent que la signature Stem-Like est associée à un plus mauvais pronostic que les autres profils moléculaires (<0,01) et à une absence d’efficacité de l’oxaliplatine. Il n’a pas été retrouvé de corrélation statistiquement significative entre les différents sous-types CRCA et CMS et un bénéfice de l’oxaliplatine.

En revanche, dans cette étude, l’existence d’un faible score « Recombination Proficiency Scores » (RPS ; Pitroda, et al. Science Translational Medicine 2014) était associé à une amélioration significative de la survie sans rechute dans le groupe avec l’oxaliplatine (HR=0,67 ; p=0,033), ce qui n’était pas le cas des patients avec des scores RPS élevés. Ce score est basé sur l’analyse de quatre gènes (RIF1, XRCC5, PARPBP, RAD51) impliqués dans la réparation de l’ADN. Une expression élevée de ces gènes est associée à un score bas du RPS, prédictif de l’efficacité des sels de platines dans le traitement du cancer du poumon non à petite cellule et dans le cancer du sein.

Ces nouvelles données de l’étude française MOSAIC confirment certains résultats de l’étude C-07 du NSABP et valident le fait que les sous-types CRCA de type stem-like sont des tumeurs de mauvais pronostic non sensibles à l’oxaliplatine et que le Recombination Proficiency Scores, quand il est bas, permet d’individualiser le groupe de patients qui bénéficie de l’oxaliplatine.

Ces signatures génomiques pourraient être par la suite utilisées en pratique clinique, afin de proposer un traitement à la carte aux patients suivis pour un cancer du côlon de stade III.

Source :

Association of colon cancer (CC) molecular signatures with prognosis and oxaliplatin prediction-benefit in the MOSAIC Trial (Multicenter International Study of Oxaliplatin/5FU-LV in the Adjuvant Treatment of Colon Cancer).

Katherine L. Pogue-Geile, Thierry Andre, Nan Song, Corey Lipchik, Ying Wang, Rim S. Kim, Huichen Feng, Patrick Gavin, Jean-Luc Van Laethem, Ashok Srinivasan, Tamas Hickish, Samuel A. Jacobs, Josep Tabernero, Peter C. Lucas, Aimery De Gramont, Norman Wolmark, Jean-François Flejou, Soonmyung Paik

Abstract 3503 : https://abstracts.asco.org/239/AbstView_239_254159.html

Les coordonnées du service presse

CONTACTER LE SERVICE DE PRESSE DE L'AP-HP

En semaine, merci d’adresser vos demandes par mail à l’adresse service.presse@aphp.fr avec vos coordonnées téléphoniques, nous vous rappellerons dès que possible. Le WE vous pouvez joindre l’astreinte presse au 01 40 27 30 00. Compte-tenu de la situation sanitaire et en cohérence avec les consignes relatives aux visites des patients hospitalisés, nous privilégions les entretiens/interviews dans les bureaux et salles de réunion, en dehors des services de soins

Attachées de presse :

Mathilde Capy
Laure Delignières

Assistant du service de presse :

Théodore Lopresti


Directrice de la communication et du mécénat de l'AP-HP :

Isabelle Jourdan

Assistance publique Hôpitaux de Paris