Mis à jour le 30/04/2026

Partager :

Résistance aux antibiotiques : le CHU de Nantes identifie une nouvelle piste grâce à l’étude du microbiote intestinal

Publiés en février dans la revue scientifique Gut microbes, les résultats de l’étude Arcmi menée par les équipes du CHU de Nantes en collaboration avec l’AP-HP (hôpital Bichat-Claude Bernard)  et l’Inserm montrent l’importance de la diversité des gènes de résistance aux antibiotiques présents dans le microbiote intestinal dans la protection contre l’acquisition d’une bactérie résistante. Ces résultats tout à fait nouveaux ouvrent la voie à des traitements personnalisés afin de limiter les dommages collatéraux des antibiotiques. 
 
Exposition aux antibiotiques et antibiorésistance*
 
L’exposition aux antibiotiques est connue pour accroitre le risque d’acquisition d’une bactérie résistante,  augmentant  ainsi  le  risque  de  développer  une  infection.  L’étude  Arcmi  réalisée  au  CHU de Nantes visait à étudier la proportion de patients qui acquiert une bactérie productrice de bêta lactamases à spectre étendu (une enzyme qui rend la bactérie résistante à certains antibiotiques  très  utilisés  pour  traiter  les  infections  sévères)  après  la  prise  de  l’antibiotique  Ceftriaxone.  Cette  étude  a  mobilisé  le  service  des  urgences,  le  centre  de  ressources  biolo-giques et le laboratoire de bactériologie du CHU de Nantes. 
 
Une première étude en vie réelle pour mieux comprendre les mécanismes de résistance
 
Si les facteurs de risque clinique d’acquisition de la bactérie bêta lactamases à spectre étendu sont bien établis, le rôle du microbiome intestinal et du résistome (gènes de résistance) reste incertain. Ainsi, 143 patients pris en charge au CHU de Nantes ont participé à cette étude. Le  microbiote  intestinal  a  été  analysé  grâce  à  des  prélèvements  rectaux  réalisés  à  J0  (avant l’administration de l’antibiotique), J+5 et J+30. L’analyse du microbiote a été réalisée grâce à la plateforme GenoBIRD de Nantes Université. 
 
Les résultats de l’étude Arcmi démontrent que : 
• 15% des patients ont acquis la bactérie multirésistante à 30j ; 
• la composition du microbiote n’est pas différente à J0 entre les patients qui développent la bactérie multirésistante et ceux qui ne la développent pas ;
•  l’exposition  à  l’antibiotique  Ceftriaxone  a  induit  une  réduction  profonde  et  durable  de  la richesse et de la diversité microbiennes chez tous les patients ; 
• Les patients qui n’ont pas acquis la bactérie multirésistante présentaient à J0 un répertoire significativement plus riche et plus diversifié de gènes codant pour l’enzyme (bêta-lactamases) 
qui dégrade l’antibiotique. 
 
*L’antibiorésistance est la capacité d’une bactérie à résister à la prise d’un ou plusieurs antibiotiques.

À propos de l’AP-HP : Premier centre hospitalier universitaire (CHU) d’Europe, l’AP-HP est au premier rang de la recherche clinique en France. Ses 38 hôpitaux sont organisés en six groupes hospitalo-universitaires (AP-HP. Centre - Université Paris Cité ; AP-HP. Nord - Université Paris Cité ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Université Paris-Saclay ; AP-HP. Hôpitaux universitaires Henri-Mondor et AP-HP. Hôpitaux universitaires Paris Seine-Saint-Denis) conventionnés avec sept universités franciliennes. Étroitement liée aux grands organismes de recherche, l’AP-HP est forte de 25 fédérations hospitalo-universitaires (FHU), 8 instituts hospitalo-universitaires (IHU) d’envergure mondiale (ICM, ICAN, IMAGINE, FOReSIGHT, IHU SEPSIS, Institut du Cerveau de l’Enfant, reConnect, Institut de la Leucémie Paris Saint-Louis), 4 sites de recherche intégrée en cancérologie (SIRIC) dont 1 pédiatrique, ainsi que du plus grand entrepôt de données de santé (EDS) en France. Acteur majeur de la recherche appliquée et de l’innovation en santé, l’AP-HP détient un portefeuille de 920 brevets actifs, ses cliniciens chercheurs signent chaque année près de 11 000 publications scientifiques, plus de 2 500 études promues par l’AP-HP sont en cours. En 2020, l’AP-HP a obtenu le label Institut Carnot, qui reconnaît la qualité de sa recherche partenariale : le Carnot@AP-HP propose aux acteurs industriels des solutions en recherche appliquée et clinique dans le domaine de la santé. En outre, la Fondation de l’AP-HP agit aux côtés des patients, des soignants et des chercheurs pour la médecine du futur, l’humain au cœur de l’hôpital et la santé de tous. www.aphp.fr