La transplantation rénale représente le traitement de choix des insuffisances rénales chroniques graves. Cependant, la procédure expose le transplant à l’ischémie-reperfusion, soit la diminution de la perfusion et de l’oxygénation du transplant. Sur des modèles expérimentaux de transplantation de reins, l’administration de ciclosporine avant le prélèvement a montré une réduction des lésions d’ischémie-reperfusion avec amélioration de la fonction du transplant rénal. Une équipe de recherche clinique de Sorbonne Université, de l’Université Côte d’Azur, du CHU de Clermont-Ferrand, et de l’AP-HP, nommée Cis-A-Rein, a évalué pour la première fois cette stratégie en clinique. Les résultats ont été publiés dans la revue Intensive Care Medicine.
La transplantation rénale est le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique. Cependant, la procédure présente des risques, notamment l’exposition du transplant à une diminution de sa perfusion et de son oxygénation. Il s’agit d’un phénomène appelé l’ischémie-reperfusion, qui induit des lésions cellulaires altérant la bonne reprise de fonction du transplant rénal.
La ciclosporine a été utilisée en clinique pour ses propriétés antirejet dans les transplantations de reins. Utilisée sur des modèles d’animaux, son administration avant un prélèvement rénal a permis de réduire les lésions cellulaires induites par la baisse d’oxygénation et d’améliorer la fonction des transplants rénaux. Néanmoins, ces effets bénéfiques n’avaient jamais été confirmés chez l’homme.
L’étude Cis-A-Rein, menée de 2017 à 2023 dans 15 centres de prélèvements-transplantations de reins français, est la première étude clinique évaluant l’impact de la ciclosporine administrée chez le donneur avant même le prélèvement. L’objectif principal était d’évaluer la fréquence des reprises retardées des transplants rénaux chez les receveurs. Les résultats montrent que la reprise de fonction des reins transplantés à court terme est identique dans les 2 groupes, ainsi que la fonction du transplant et la survie des transplantés à 1 an. Les résultats de cette étude ne permettent pas de confirmer l’effet bénéfique de la ciclosporine sur la fonction des transplants rénaux dans les conditions cliniques de l’étude.
Ce projet a été promu par le CHU de Clermont-Ferrand et a été financé par un Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC‑N, 2016 AOM 15‑296). L’étude utilise une méthodologie peu répandue en recherche clinique et qui évalue l’effet d’un médicament chez des donneurs d’organes en état de mort encéphalique sur la fonction des reins transplantés et leur survie.
Réduire les lésions cellulaires induites par le défaut d’apport en oxygène au transplant rénal améliore la fonction du transplant et la survie des patients transplantés. Ce phénomène « d’ischémie-reperfusion » débute chez le donneur et se poursuit lors du prélèvement et de la transplantation. Sa prévention précoce chez les donneurs est aussi importante que d’améliorer les techniques de préservation du rein ou les traitements antirejets chez les transplantés.
Les essais cliniques doivent se poursuivre sur la ciclosporine en évaluant d’autres doses, en ciblant des profils différents de donneurs de transplants rénaux selon leurs facteurs de risque et en évaluant d’autres organes transplantés tels que foie et poumons.
Une publication dans les grandes revues médicales
Cette étude qui est publiée dans la revue scientifique référente pour la réanimation Intensive Care Medicine souligne l’importance de cette avancée pour l’ensemble de la communauté médicale impliquée dans l’activité de prélèvement d’organe et de transplantation ainsi que pour les patients transplantés.
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