Mis à jour le 29/04/2026
Insuffisance respiratoire aiguë : un meilleur taux de survie chez les patients immunodéprimés ?
Une étude internationale rétrospective a permis de montrer que le taux de survie des patients immunodéprimés admis en réanimation pour insuffisance respiratoire aiguë a augmenté au cours des dernières années, en particulier lorsque l'admission en réanimation est précoce.
L’étude, coordonnée par le Pr Elie Azoulay, du service de réanimation médicale de l’hôpital Saint-Louis AP-HP et publiée dans le Lancet le 16 mars 2026, analyse près de 10 000 patients immunodéprimés (intubés pour la moitié d’entre eux) admis dans 103 unités de soins intensifs de 26 pays pour détresse respiratoire aiguë. Cette population est en constante augmentation et reste exposée à un taux de mortalité élevé. Son objectif était de mettre à jour des données épidémiologiques et d’identifier des facteurs prédictifs de mortalité et d’intubation.
Les résultats ont montré que l’infection, majoritairement bactérienne, était la cause principale de la détresse respiratoire (62 %) et qu’une cause unique est souvent difficile à isoler. La mortalité à 30 jours atteint 47,3 %, associée, entre autres, à l’âge, à un délai plus long avant l’admission en réanimation, à un état neurologique altéré à l’arrivée ou encore à la présence d’une infection fongique invasive.
Les facteurs identifiés pour réduire la mortalité incluent une stratégie d’oxygénation initiale adaptée, une enquête diagnostique et microbiologique rigoureuse, ainsi qu’un usage approprié des prophylaxies anti-infectieuses (ensemble des mesures utilisées pour prévenir les infections avant qu’elles ne surviennent). Ces éléments aident aussi à définir les objectifs de la réanimation, surtout chez les patients âgés ou comorbides.