Mis à jour le 09/03/2026

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« L'administration au féminin à l'AP » à la Une de Patrimoine en revue

En 1908, le directeur Gabriel Mesureur assure avec enthousiasme que l’Assistance publique a adopté le principe de la féminisation de son personnel. Ce que semble corroborer le journal Paris-Midi en 1926, qui signale qu’au concours de rédacteur, la quasi-totalité des candidats sont des femmes et ajoute : « La destinée des administrations centrales où les femmes sont admises est désormais tracée : tôt ou tard, elles seront complètement féminisées ». Le nouveau numéro de Patrimoine en revue raconte les conditions de l’entrée des femmes dans le personnel administratif à partir de la fin du XIXe siècle.

© Hôpital Saint-Antoine, 1939, personnel dans la salle de permanence

Si dès l’origine, les fonctions de soin dans les hôpitaux sont dévolues aux femmes, d’abord incarnées par les re­ligieuses présentes aux cô­tés des malades, l’entrée de personnels féminins dans les fonctions administra­tives se manifeste plus tar­divement. La création de l’Administration générale de l’Assistance publique à Paris, en 1849, et son fonc­tionnement très centralisé amènent le développement de services administratifs au personnel nombreux, capable de relayer rapide­ment les décisions vers les multiples hôpitaux et hos­pices qui relèvent du « chef-lieu ».

Pourtant, le premier état nominatif du personnel mentionnant des femmes ne date que de l’année 1878. Celles-ci vont cependant progressivement y gagner leur place, par le biais no­tamment de fonctions es­timées comme relevant de leur apanage – la sténogra­phie – ou jugés spécifiques à leur sexe, notamment au service des enfants assis­tés.

Dames dactylographes, dames déléguées, dames visiteuses, visiteuses et surveillantes de dispensaire, dames employées...

C’est ainsi qu’en 1908, le directeur de l'Assistance publique de l’époque, Gustave Mesureur, écrit fiè­rement : « Non seulement pour la création d’un service de sténo-dactylographie, mais pour l’ensemble du personnel hospitalier, l’As­sistance publique adopte le principe de la féminisation. »

Un demi-siècle d’histoire des cadres d’emploi du per­sonnel administratif fémi­nin montre que ce postulat a connu certains freins ou certaines limites.
En 1926, Paris-Midi ironise sur le nombre de candidates au concours de rédacteur.
Et, en 1942, en application de la loi du 11 octobre 1940 sur le tra­vail féminin, le directeur gé­néral Serge Gas transforme 209 emplois de visiteuses et employées en postes de commis, marquant un coup d’arrêt à la féminisation du personnel, heureusement réactivée après la guerre.

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