La Médecine physique et de réadaptation à l'AP-HP

Mis à jour le 01/06/2026

Chaque année, environ 20 000 patients bénéficient d’une prise en charge en Médecine Physique et de Réadaptation (MPR) à l’AP-HP, depuis la phase aiguë jusqu’à l’état chronique et au suivi au long cours, depuis le diagnostic lésionnel jusqu’à la réadaptation et le retour à la vie quotidienne. En tant que spécialité médicale pluridisciplinaire, la MPR s’appuie sur l’expertise coordonnée de médecins MPR et de professionnels de la rééducation (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues, enseignants en activité physique adaptée, diététiciens).

La Médecine physique et de réadaptation, une discipline d’excellence et de recours à l'AP-HP

 

La Médecine physique et de réadaptation : qu'est-ce que c'est ?

Cette discipline accompagne les enfants et les adultes confrontés à une limitation fonctionnelle ou à une situation de handicap, qu’elle soit d’origine neurologique, locomotrice ou liée à une autre condition, temporaire ou durable.

Elle intervient après un accident, une intervention chirurgicale, un accident vasculaire cérébral (AVC) et, plus largement, une atteinte neurologique, une pathologie de l’appareil locomoteur ou une autre maladie chronique quelle qu’elle soit. La MPR s’adresse aux patients de tous âges, de l’enfant présentant un trouble du développement à la personne âgée confrontée à une perte d’autonomie. 

Cette discipline compte une trentaine de lits de courts séjours et près de 800 lits en soins médicaux et de réadaptation répartis sur plusieurs sites hospitaliers et adossée à des plateaux techniques de rééducation de pointe. Elle s’adapte à l’ensemble des parcours de soins en associant hospitalisation complète, hôpital de jour, consultations spécialisées, et assure des missions de recours pour les situations complexes.

La Médecine physique et de réadaptation : une réponse aux enjeux de santé publique

  • Chaque année en France, environ 125 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral. Ce sont ainsi plus d’un million de personnes en tout qui vivent avec les séquelles d’un AVC. Et près de 150 000 traumatismes crâniens surviennent annuellement. 

  • À ces situations aiguës s’ajoutent des maladies chroniques fréquentes, comme la maladie de Parkinson dont 25 000 nouveaux cas sont recensés chaque année (plus de 275 000 patients vivent avec la maladie) ou encore la sclérose en plaques : jusqu’à 6 000 nouveaux cas sont recensés chaque année et près de 130 000 patients sont touchés en France. 

  • La Médecine Physique et de Réadaptation prend également en charge de nombreuses maladies rares neuromusculaires et neurogénétiques : myopathies, sclérose latérale amyotrophique, maladie de Huntington, ataxies cérébelleuses, paraplégies spastiques héréditaires, leucodystrophies. Elles sont responsables de limitations fonctionnelles complexes nécessitant une prise en charge spécialisée et un suivi au long cours. 

  • Plus largement, le vieillissement de la population et l’amélioration de la survie après événements graves entraînent une augmentation du nombre de personnes vivant avec des déficiences neurologiques et ostéoarticulaires.

  • Enfin, les pathologies de l’appareil locomoteur représentent la première cause d’accident du travail et d’arrêt de travail en France. C’est également la première cause de handicap dans la population mondiale, devant les pathologies psychiatriques. 

 

Face à ces enjeux, la prise en charge en MPR repose d’abord sur un diagnostic lésionnel, c’est-à-dire l’identification précise des lésions : atteintes des organes, des tissus ou du système nerveux. Elle s’appuie ensuite sur une évaluation globale et personnalisée des déficiences, des limitations d’activités et des restrictions de participation visant à restaurer les capacités, prévenir les complications secondaires, favoriser l’autonomie et la participation à la vie sociale et professionnelle. 

Les équipes de Médecine physique et de réadaptation de l’AP-HP prennent en charge principalement des affections neurologiques et de l’appareil locomoteur responsables de limitations fonctionnelles durables. Elles interviennent dans différentes situations pour évaluer les déficiences, optimiser les capacités fonctionnelles, prévenir les complications et accompagner le projet de vie du patient. Certaines de ces pathologies relèvent de centres experts ou de filières maladies rares.

 

Atteintes neurologiques acquises 

Accidents vasculaires cérébraux (AVC), traumatismes crâniens ou lésions médullaires (dont les lésions médullaires hautes avec dépendance ventilatoire) peuvent entraîner des troubles moteurs, sensitifs, cognitifs ou sphinctériens. Ces pathologies représentent une cause majeure de handicap acquis chez l’adulte.

 

Maladies neurologiques chroniques et maladies rares 

La sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et d’autres affections neurodégénératives ou génétiques évolutives provoquent une altération progressive des fonctions organiques et de l’autonomie. Les équipes de MPR de l’AP-HP prennent également en charge des maladies rares neurogénétiques et neuromusculaires (maladies du motoneurone, ataxies cérébelleuses, paraplégies spastiques héréditaires, myopathies), nécessitant un suivi spécialisé au long cours.

 

Pathologies de l’appareil locomoteur 

Suites de traumatismes, suites de chirurgie orthopédique, fragilité osseuse, maladies osseuses constitutionnelles, affections dégénératives du rachis, maladies inflammatoires articulaires, arthrose périphérique, affections abarticulaires ou pathologies liées au sport peuvent limiter durablement la mobilité et les activités de la vie quotidienne.

 

Handicaps et troubles du développement de l’enfant 

La paralysie cérébrale est la première cause de handicap chez l'enfant en France. Néanmoins bien d'autres pathologies (héréditaires, malformatives, dégénératives, neuromusculaires) sont à l'origine de perte de fonction et à risque de limitation d'activités nécessitant une prise en charge spécialisée. 

 

À l’AP-HP, la Médecine physique et de réadaptation s’inscrit dans des parcours de soins coordonnés, depuis la phase aiguë jusqu’au suivi au long cours, en lien étroit avec les services de médecine, de chirurgie et de réanimation.

 

Un parcours structuré et coordonné 

La prise en charge en MPR peut débuter précocement après un événement aigü (AVC, traumatisme, chirurgie lourde), notamment au sein d’unités spécialisées telles que les soins de rééducation post-réanimation (SRPR). Elle se poursuit, selon les besoins, en hospitalisation complète, en hôpital de jour ou en consultations spécialisées. 

Chaque patient bénéficie d’une évaluation globale débouchant sur un projet personnalisé de réadaptation, régulièrement réévalué en réunion pluridisciplinaire. Les équipes travaillent en coordination avec les professionnels de ville et les structures médico-sociales afin d’assurer la continuité du parcours.

 

Des expertises de recours reconnues 

L’AP-HP assure des missions de recours, réparties sur plusieurs sites, pour des situations complexes à l’échelle régionale et nationale, notamment : 

  • la prise en charge des lésions médullaires et des handicaps neurologiques sévères ; 

  • les traumatismes crâniens graves et les états neurologiques prolongés ; 

  • la neuro-urologie et les troubles génito-sphinctériens complexes ; 

  • la neuro-orthopédie et les escarres complexes ; 

  • la rééducation des patients ventilés ou lourdement dépendants après réanimation ; 

  • la MPR pédiatrique spécialisée dans les troubles du développement et les maladies rares ; 

  • la prise en charge des rachis complexes opérés ou non-opérés ; 

  • la prise en charge des lésions chroniques de l’appareil locomoteur : arthropathies, dont l’arthrose, affections abarticulaires, maladies osseuses, rhumatismes inflammatoires, connectivites ; 

  • la récupération accélérée après chirurgie (RAAC). 

Ces expertises s’appuient sur l’environnement hospitalo-universitaire, la proximité avec les services d’autres spécialités (neurochirurgie, neurologie, urologie, rhumatologie, chirurgie orthopédique, réanimation, physiologie, infectiologie) et des plateaux techniques dédiés. Elles correspondent également à des activités d’expertise reconnues.

 

Des évaluations fonctionnelles spécialisées 

Les équipes réalisent des bilans cliniques et fonctionnels approfondis : analyse de la marche, de l’équilibre et de la statique, évaluation isocinétique, explorations urodynamiques, évaluations neurocognitives, bilans moteurs et sensitifs, évaluation électrophysiologique, évaluation des troubles sphinctériens ou respiratoires selon les pathologies. 

Des évaluations spécifiques peuvent également être proposées pour préparer le retour à la vie quotidienne, comme l’évaluation de la capacité à reprendre la conduite automobile, l’accompagnement à la reprise du travail ou l’adaptation du poste professionnel lorsque cela est nécessaire. 

Ces évaluations permettent de préciser le diagnostic, d’adapter précisément les stratégies thérapeutiques et les aides techniques.

 

Des traitements personnalisés 

Les prises en charge associent, selon les situations : 

  • rééducation motrice, cognitive et fonctionnelle ;

  • traitements médicamenteux spécifiques : spasticité, douleurs neuropathiques, troubles sphinctériens, thérapies ciblées, traitement de la douleur ;

  • traitements spécialisés de la spasticité (raideur musculaire liée à certaines atteintes neurologiques) pouvant associer médicaments, injections de toxine botulique, blocs moteurs ou autres techniques permettant d’améliorer la mobilité et de limiter les douleurs ;

  • injections ciblées : toxine botulique, corticoïdes, acide hyaluronique, PRP ;

  • appareillage et aides techniques : la prescription des équipements spécialisés fait partie des compétences du médecin MPR, après une évaluation globale des capacités fonctionnelles réalisée avec l’équipe de rééducation ;

  • accompagnement psychologique, social et professionnel.

 

Innovation, recherche et expertise hospitalo-universitaire 

En tant que centre hospitalo-universitaire, l’AP-HP propose un accès à des technologies et dispositifs innovants : analyse instrumentée du mouvement, outils d’évaluation avancée des fonctions neurologiques, solutions de rééducation assistée par technologies numériques, réalité virtuelle ou thérapies mini-invasives.

 

À l'AP-HP, les hôpitaux assurent la prise charge les patients dans le cadre d'un parcours de soin de Médecine physique et de réadaptation. Vous pouvez consulter cette cartographie pour accéder aux coordonnées et aux liens des services afin d'obtenir plus d'informations.

L'offre MPR à l’AP-HP en Ile-de-France

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