Mis à jour le 24/02/2026
À l’hôpital Cochin − Port-Royal AP-HP, la séno-simulation au service de la qualité des soins
À l’hôpital Cochin − Port-Royal AP-HP, une initiative innovante voit le jour pour améliorer la prise en charge des patients âgés aux urgences : la séno-simulation. Cet atelier immersif invite les soignants à expérimenter, physiquement et sensoriellement, les effets du vieillissement afin de mieux comprendre les difficultés rencontrées pas les personnes âgées au quotidien.
Un atelier immersif au cœur du quotidien hospitalier
Portée par l’équipe mobile de gériatrie, en lien étroit avec le service des urgences, cette formation repose sur un principe simple : se mettre, le temps d’un atelier, dans la peau d’une personne âgée. Lunettes simulant des troubles visuels, protections auditives, genouillères reproduisant l’arthrose, poids aux chevilles, gants limitant la préhension… En quelques minutes, les participants voient leurs gestes ralentir, leur perception se troubler, leur autonomie diminuer.
Les exercices proposés reproduisent des situations du quotidien hospitalier : compter de la monnaie, ouvrir un pot, prendre des médicaments, signer un document, se déplacer dans les couloirs ou être conduit en fauteuil roulant. L’expérience est volontairement déroutante. Elle met en lumière la fatigue, la perte de repères, la dépendance à l’accompagnant et la vulnérabilité ressenties par de nombreux patients âgés lors d’un passage aux urgences.
Les soignants, acteurs clés de la préservation de l’autonomie des patients âgés
Cette démarche répond à un enjeu bien identifié : la prévention de la dépendance iatrogène. Selon les constats rappelés lors des ateliers, une part importante des pertes d’autonomie observées après une hospitalisation pourrait être évitée grâce à des pratiques adaptées : meilleure communication, respect du rythme du patient, installation favorisant l’autonomie, attention portée à l’environnement et aux habitudes de vie.
À l'hôpital Cochin − Port-Royal, cette « sensibilité gériatrique » se traduit aussi par un travail quotidien en collaboration avec la gériatrie, par des formations régulières et par des outils pédagogiques complémentaires, comme la « chambre des erreurs », qui invite les équipes à repérer les détails susceptibles d’accélérer la perte d’autonomie.
Au fil des débriefings, les soignants témoignent d’une prise de conscience marquante : l’importance des mots, des gestes, du temps accordé et de la bienveillance dans un contexte où la personne âgée dépend fortement de ceux qui la prennent en charge.
À travers cet atelier, une conviction forte apparaît : les soignants sont en première ligne pour préserver l’autonomie des patients âgés, dès leur arrivée à l’hôpital. Et parfois, il suffit de quelques gestes pour éviter une bascule durable vers la dépendance.