Mis à jour le 24/03/2026
À l’hôpital Sainte-Périne : des groupes d'écriture pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer
À l’hôpital Sainte-Périne AP-HP, en unité cognitive comportementale, des groupes hebdomadaires d’écriture offrent aux patients un espace d’échange privilégié. À chaque rendez-vous, le groupe choisit une thématique, et chaque participant intervient comme il le souhaite, avec un mot, une remarque.
Julia Diot est psychologue clinicienne, depuis près de deux ans, en unité cognitive et comportementale à l’hôpital Sainte-Périne.
Le service accueille dix patients atteints de maladie d’Alzheimer ou apparentée, sur des séjours de moyenne durée, avec des troubles du comportement nécessitant un secteur sécurisé. La culture de l’unité favorise les moments de collectivité entre patients, aussi bien sur des groupes thérapeutiques, occupationnels que sur les temps de déjeuner.
Ces moments permettent aux patients de créer du lien mais également de se confronter à la pathologie des autres et à leurs difficultés.
Julia Diot a souvent observé chez eux le développement d’une certaine empathie mais également de tentatives de compensation de difficultés des uns et des autres.
C’est d’ailleurs en partie cette question de groupe et de mise en commun qui l’a motivé à reprendre un diplôme universitaire sur la clinique et la théorie des groupes.
Les patients atteints de pathologies neurocognitives sont peu écoutés, et c’est une réelle volonté de créer un espace d’échange, même chez les patients avec des atteintes langagières.
« Il est particulièrement précieux de s’asseoir dans une salle à manger d’UCC et d’écouter les discours décousus s’uniformiser, les idées délirantes et troubles mnésiques construire l’enveloppe d’une autre réalité où chacun n’est plus patient le temps de l’échange mais d’également accompagner les patients à se représenter la réalité, donner du sens … » témoigne Julia Diot.
C’est dans cette perspectivee qu’elle a instauré des groupes d’écriture lors desquels elle propose à chaque patient de partager une pensée ou bien un mot qui le traverse. La parole est libre, chacun intervient quand et comme il le souhaite. « Nous tentons de donner ensemble une thématique commune puis chaque patient peut proposer une phrase ou une réflexion à nouveau. Nous harmonisons ensuite pour former un texte commun qui est imprimé et représenté aux patients. » explique Julia Diot. Cela accompagne également le travail de suivi en individuel, Julia Diot s’en sert comme support pour revenir sur des pensées partagées par un patient.