Mis à jour le 17/04/2026
Le Conseil de surveillance de l’AP-HP élit M. Emmanuel Grégoire à sa présidence et adopte une nouvelle trajectoire budgétaire 2026-2030 pour l’AP-HP
Ce plan global de financement prévisionnel permet la poursuite du développement de l’offre de soin, le maintien du programme d’investissement et prévoit un retour à l’équilibre décalé à 2030. Réuni ce matin pour la première fois à la suite des élections municipales, le Conseil de surveillance de l’AP-HP a élu M. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, à sa présidence.
Ce Conseil a adopté le Plan global de financement prévisionnel du CHU pour la période 2026-2030 après son adoption à l’unanimité par la Commission médicale d’établissement (CME) en février.
Malgré l’atteinte par l’AP-HP de ses objectifs de recrutement, de réouverture de lits et de performance depuis 2023, l’augmentation massive des charges hospitalières non compensées en 2024 a dégradé fortement sa situation financière, à l’instar de la tendance observée à l’échelle nationale dans l’ensemble des hôpitaux publics.
Cette dégradation a rendu nécessaire pour l’AP-HP de redéfinir une trajectoire réaliste de retour à l’équilibre.
C’est l’objet du nouveau plan global de financement pluriannuel (PGFP), qui prévoit le redressement de la situation financière de l’AP-HP sur cinq ans tout en préservant sa stratégie d’attractivité, sa capacité à répondre à ses missions de soins et de recherche et son plan pluriannuel d’investissement.
Rappel de l’évolution de la situation financière de l’AP-HP entre 2023 et 2025
A partir de fin 2021, l’AP-HP a traversé une crise de ressources humaines sans précédent. La perte de près de 12 % de ses effectifs infirmiers entre mai 2019 et mai 2023 a conduit à un recul de même ampleur de ses capacités de soin.
Pour surmonter ces difficultés, l’AP-HP s’est dotée en fin d’année 2022 d’une nouvelle stratégie, articulée autour du plan « 30 leviers pour agir ensemble », dont l’objectif est d’attirer et fidéliser les personnels afin de relancer l’activité de soins. Cette stratégie s’est inscrite dans le cadre d’un plan global de financement pluriannuel (PGFP) sur 2023 - 2027, actualisé pour la période 2024 – 2028.
Or, après une année 2023 conforme aux objectifs fixés par ce PGFP, l’AP-HP a connu en 2024 une année paradoxale : malgré un fort redémarrage de son activité et des gains de performance plus importants que prévu, le déficit a connu un décrochage du fait d’un alourdissement massif et exogène des charges (avec 149M € de charges liées aux revalorisations salariales nationales et aux effets de l’inflation non compensées, contrairement aux hypothèses posées dans le PGFP, pour la seule année 2024). Au total, le déficit de l’AP-HP s’est établi à 461M € en 2024.
En 2025, l’AP-HP a maintenu son cap stratégique tout en augmentant significativement ses efforts de performance.
Ainsi, fin 2025 :
Les effectifs infirmiers perdus ont quasiment retrouvé leur niveau de 2019. La situation s’est par ailleurs rétablie dans d’autres métiers qui connaissaient de fortes tensions (préparateurs en pharmacie, sage-femmes) ; trois points de vigilance demeurent toutefois concernant les infirmiers de blocs opératoires, les manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM) et les assistants sociaux-éducatifs.
Plus de 1 000 lits ont été rouverts par rapport au « point bas » du capacitaire (avec 487 lits rouverts pour la seule année 2025) permettant de retrouver quasiment le niveau d’avant crise.
180M € de gains de performance en recettes supplémentaires (hors gains liés aux réouvertures capacitaires) et en baisse des dépenses ont été réalisés, soit 17M € de plus que prévu.
Au total, malgré des contraintes de financement plus fortes que prévu à hauteur de près de 25M €, le déficit de l’AP-HP s’est réduit de 89M € entre 2024 et 2025, passant de 461 M€ à 372M €. Ce résultat est meilleur que la dernière prévision (385M €) qui avait été présentée à la CME en février dernier.
Malgré cette première baisse sensible du déficit obtenue en 2025, le décrochage subi l’année précédente, en 2024, a rendu nécessaire pour l’AP-HP de redéfinir une trajectoire réaliste de retour à l’équilibre par l’adoption d’un nouveau PGFP, dont les principaux piliers sont les suivants :
Poursuite de la trajectoire engagée depuis 2023 de restauration de l’offre de soins de l’AP-HP, en médecine chirurgie obstétrique (+ 350 lits d’ici 2027), en soins médicaux et de réadaptation (+ 175 lits /an), en soins de longue durée, avec la réouverture de 322 lits au total sur la période.
Poursuite de la croissance des effectifs pour rendre cette dynamique d’offre de soins possible. Avec une augmentation d’environ 1000 ETP/an en 2026 et 2027 puis d’environ 540 ETP/an à compter de 2028 s’agissant des effectifs paramédicaux, et avec une augmentation des effectifs médicaux d’environ 100 ETP/an en moyenne pour accompagner des projets nouveaux et consolider les équipes les plus en tension.
Poursuite des efforts d’amélioration de la performance, à hauteur de 484M € (l’AP-HP ayant déjà fait des efforts à hauteur de 480M € sur la période 2023-2025), selon une trajectoire dégressive. Exemples de leviers mobilisés : amélioration de la facturation et du codage - déjà très fortement mobilisés sur la période précédente cependant, optimisation de la mobilisation des lits d’hospitalisation, juste prescription des médicaments et des dispositifs médicaux, baisse des dépenses d’intérim grâce aux recrutement prévus, optimisation des achats, de la gestion des stocks et du fonctionnement des plateaux techniques, ou encore réinternalisation de certains examens médicaux.
Préservation du programme pluriannuel d’investissement de l’AP-HP, à hauteur de 3,9Mds € sur la période :
Mise en œuvre des grands projets d’investissement inscrits dans la stratégie immobilière de l’AP-HP, à hauteur d’environ 2Mds €. Ex : pôle femme-enfant de l’hôpital Avicenne, nouvel Hôtel-Dieu, campus hospitalo-universitaire Saint-Ouen Grand Paris Nord, nouvel Institut du cerveau de l’enfant à l’hôpital Robert-Debré, Institut des pathologies du développement de l’enfant de l’hôpital Armand-Trousseau, projet « cœur » de l’hôpital Necker-Enfants malades, etc.
Maintien du niveau d’investissements courants pour moderniser le parc immobilier et réduire la vétusté des bâtiments et des équipements, à hauteur d’environ 1,5Mds €.
Maintien d’une capacité de lancement de projets de montants intermédiaires (autour de 10 à 20M €) à hauteur de 58M €/an à partir de 2029.
La préservation de cette trajectoire d’investissement est rendue possible par :
L’amélioration de la capacité d’autofinancement, permise par le retour progressif à l’équilibre qui sera quasiment acquis sur le budget consolidé dès 2030, la capacité d’autofinancement brute atteignant près de 500M € à cette échéance.
La redéfinition de la trajectoire d’endettement, dont le plafond est porté à 46 % en 2030 et montera provisoirement jusqu’à 47 % entre 2031 et 2032 avant de diminuer pour repasser en-deçà de 45 % en 2035. Cette augmentation reste d’un volume soutenable au regard de la surface financière de l’AP-HP et de l’amélioration de sa santé financière, amorcée nettement à partir de 2025.
La réallocation à l’AP-HP, à hauteur de 30M €, de la moitié des crédits historiquement adossés aux plans Hôpital 2007 et Hôpital 2012 et qui viennent à expiration au cours des années 2025-2029.