Mis à jour le 08/04/2026

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Obésité sévère : un vaccin nouvelle génération plus efficace contre la grippe

L'étude Fluo, promue par l’AP-HP, montre qu’un vaccin antigrippal de nouvelle génération induit, à court terme, une réponse immunitaire plus importante chez les adultes en obésité sévère.

Une population à haut risque encore sous-représentée dans les essais cliniques

L’obésité sévère touche actuellement environ 6 % de la population adulte française, soit plus de 3 millions de personnes*, et sa prévalence continue d’augmenter. Elle constitue un facteur reconnu de formes graves de grippe. Pourtant, les données sur l’efficacité des vaccins dans cette population restent limitées.

Plusieurs travaux suggèrent que la réponse immunitaire après vaccination pourrait être moins intense ou moins durable chez les personnes vivant avec une obésité, notamment en raison de perturbations du système immunitaire liées à l’inflammation chronique. En effet, une réponse immunitaire plus élevée après vaccination, mesurée notamment par les titres d’anticorps (HAI), est généralement associée à une meilleure protection contre la grippe. Bien que ce lien ne soit pas parfaitement linéaire, de nombreuses études ont montré qu’un titre d’anticorps plus élevé augmente la probabilité d’être protégé contre l’infection ou de développer une forme moins sévère de la maladie.

C’est pour répondre à cet enjeu que l’étude FLUO a été lancée, avec l’objectif d’évaluer si des vaccins de nouvelle génération pourraient améliorer la réponse immunitaire chez les personnes vivant avec une obésité sévère.

 

L'étude FLUO, une étude promue par l'AP-HP

Promue par l’AP-HP, cette étude s’appuie sur l’expertise de deux réseaux d’excellence de recherche clinique labellisés F-CRIN : « FORCE », dédié à la nutrition, à l’obésité et aux maladies métaboliques, qui fédère 37 Centres spécialisés en obésité (CSO), et « I-REIVAC », réseau de référence en vaccinologie, structuré autour de 30 centres cliniques en France et adossé à des Centres de ressources biologiques (CRB).

L’étude FLUO a inclus 206 adultes présentant une obésité sévère (IMC ≥ 35 kg/m2) dans 15 centres en France. Les participants ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir soit un vaccin antigrippal standard, soit un vaccin recombinant, contenant une quantité plus élevée d’antigène. Contrairement aux vaccins classiques fabriqués à partir du virus de la grippe, le vaccin recombinant est conçu en laboratoire pour ne contenir qu’une protéine du virus (l’hémagglutinine). Cette technologie permet d’éviter l’utilisation du virus entier, d’augmenter la quantité d’antigène, et de stimuler plus efficacement le système immunitaire.

 

Des résultats clairs : une meilleure réponse immunitaire à court terme

Les résultats montrent que le vaccin recombinant induit une réponse immunitaire significativement plus élevée pour trois des quatre souches grippales étudiées à 28 jours (A/H1N1, A/H3N2, B/Yamagata), tandis qu’aucune différence n’est observée pour la souche B/Victoria. Aucun problème de tolérance n’a par ailleurs été identifié : les effets indésirables sont comparables entre les deux groupes.

À six mois, les différences entre les vaccins ne sont plus significatives, suggérant un bénéfice principalement à court terme.

Néanmoins, des pistes restent ouvertes suite aux résultats de l’étude : FLUO est en effet une étude d’immunogénicité et ne permet pas de conclure directement sur l’efficacité clinique du vaccin. Par ailleurs, l’avantage observé semble limité dans le temps, sans différence significative à 6 mois, ce qui pourrait suggérer une diminution plus rapide de la réponse immunitaire chez les personnes vivant avec une obésité. Ces résultats soulignent la nécessité d’études complémentaires pour évaluer la protection clinique réelle et définir des stratégies vaccinales optimales dans cette population.

 

Vers une évolution des recommandations vaccinales ?

Ces résultats mettent en lumière l’importance du type de vaccin chez les populations à risque.

À terme, ces données pourraient contribuer à faire évoluer les recommandations vers des stratégies vaccinales plus personnalisées. Avec une augmentation de la population souffrant d’obésité dans le monde, optimiser la prévention de la grippe devient essentiel afin de réduire les formes graves et les hospitalisations, d’améliorer l’efficacité des campagnes vaccinales et d’adapter les stratégies aux profils des patients.

 

Pour en savoir plus : lire le communiqué de presse

 

*(Sources : Santé publique France, étude OFEO ; Inserm)

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