Mis à jour le 11/05/2026
Santé en 2050 : l’AP-HP, mécène or d’un congrès clé pour la transformation environnementale des établissements de santé
À l’heure où le changement climatique impacte déjà concrètement les pratiques de soins, l’AP-HP accélère sa transformation écologique. Sensibilisation des professionnels avec le Plan Health Faire®, développement de l’outil Carebone® pour mesurer l’empreinte carbone des soins, démarches d’achats responsables, décarbonation des parcours ou encore initiatives comme la charte éco-maternité : l’institution est pleinement engagée pour construire un système de santé plus durable.
Dans cette dynamique, l’AP-HP soutient, en tant que mécène or, la 3ᵉ édition du congrès « Santé en 2050 », organisé les 5 et 6 juin 2026 à Rennes par l’association The Shifters. Un rendez-vous scientifique national dédié à l’adaptation des pratiques soignantes face au changement climatique.
Cécile Klinguer, directrice du département transformation écologique et santé environnementale au sein de la direction de la stratégie et de la transformation (DST), revient sur les enjeux de cette participation pour l’AP-HP et pour les professionnels.
Pourquoi est-il important pour l’AP-HP de soutenir le congrès « Santé en 2050 » ?
Cécile Klinguer : Le changement climatique n’est plus une problématique abstraite : il transforme déjà notre système de santé. Nous le constatons sur le terrain avec la multiplication des épisodes de canicule, l’évolution des pathologies ou encore les tensions sur les ressources… Anticiper plutôt que subir est devenu une nécessité.
Dans ce contexte, soutenir un congrès comme « Santé en 2050 », c’est affirmer que ces enjeux doivent être au cœur de la réflexion collective du monde de la santé. C’est aussi contribuer à structurer un écosystème national autour de l’adaptation et de la résilience du système de soins.
Ce congrès constitue une plateforme unique pour repenser l’organisation des soins dans un monde à +2°C ou +3°C, former les professionnels aux risques émergents et lutter contre la désinformation, tout en maintenant une qualité de soins optimale dans un environnement de plus en plus contraint.
Pour l’AP-HP, en tant que premier CHU d’Europe, il est essentiel de prendre part à ces espaces d’échange, de partage de connaissances et de construction de solutions concrètes pour montrer l’exemple : la transition écologique n’est pas une option, mais une responsabilité collective pour assurer la qualité des soins de demain.
En quoi cette participation s’inscrit-elle dans la stratégie de l’AP-HP ?
Cécile Klinguer : Elle s’inscrit pleinement dans notre stratégie de transformation écologique. Depuis plusieurs années, l’AP-HP déploie des actions très concrètes pour promouvoir et développer des pratiques de soins plus éco-responsables.
Nous avons par exemple massivement déployé l’atelier Plan Health Faire®, qui a déjà permis de sensibiliser plusieurs milliers de professionnels de l’AP-HP aux enjeux environnementaux en santé. Nous développons aussi des outils comme Carebone®, qui permettent d’évaluer l’empreinte carbone des parcours de soins, des actes médicaux ou des produits de santé afin d’éclairer les décisions médicales ou d’identifier des leviers de décarbonation pertinents.
L’AP-HP a également mis en œuvre une stratégie de promotion des achats responsables, par exemple en intégrant toujours plus de critères dans les clauses des marchés, un plan de décarbonation et de sobriété énergétique avec des investissements massifs déjà alloués ou prévus pour la rénovation des bâtiments ou l’amélioration de notre mix énergétique, ou encore des démarches spécifiques comme les chartes éco-maternité visant à promouvoir la santé environnementale.
Participer à ce congrès, c’est à la fois une opportunité pour partager ces initiatives, mais aussi pour s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, et ainsi continuer à progresser.
Concrètement, qu’apporte ce type de congrès aux professionnels de santé ?
Cécile Klinguer : C’est un espace unique pour prendre du recul et se projeter. Les professionnels sont aujourd’hui confrontés à des transformations rapides, parfois complexes à appréhender dans le quotidien.
Le congrès permet de mieux comprendre les impacts du changement climatique sur la santé, d’anticiper les évolutions à venir et de se former aux risques émergents.
Il offre aussi l’opportunité d’échanger entre disciplines, entre établissements, et de confronter les approches. C’est essentiel pour maintenir une qualité de soins optimale dans un monde sous contrainte.
Quel rôle joue l’AP-HP pendant cet événement ?
Cécile Klinguer : Nous contribuons activement au comité scientifique du congrès, avec plusieurs professionnels impliqués. Le Dr Marie Lecronier, praticienne hospitalière en médecine intensive et réanimation à l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, le Dr Adam Celier, chef de clinique assistant en médecine intensive et réanimation également à la Pitié-Salpêtrière, ainsi que le Dr Bérénice Schell, assistante hospitalo-universitaire et PhD en biologie médicale au sein du service d’hématologie et immunologie biologique de l’hôpital Henri-Mondor AP-HP, participent au comité scientifique. Leur implication permet d’ancrer les réflexions du congrès dans les réalités du terrain et de la recherche hospitalière.
Nous aurons également une intervention en plénière avec le Pr Karine Lacombe, professeure des universités – praticienne hospitalière en infectiologie et cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine AP-HP. Elle partagera son expertise sur les liens entre maladies infectieuses et évolutions environnementales, un enjeu majeur dans un contexte de transformation climatique.
Enfin, nous serons présents avec un stand dédié pour valoriser la démarche de transformation écologique et de santé environnementale de l’AP-HP, en présentant des actions concrètes déjà mises en œuvre sur le terrain et des retours d’expérience issus de nos établissements.
Quels seront les grands sujets abordés lors du congrès ?
Cécile Klinguer : Le programme est très riche. Il abordera des thématiques variées comme la fertilité, le neurodéveloppement, la sécurité des soins, les crises sanitaires, les migrations ou encore la désinformation.
Tous ces sujets sont directement influencés par la crise environnementale, et nécessitent de nous préparer et d’adapter nos pratiques.
Infos pratiques
Le congrès « Santé en 2050 » se tiendra du vendredi 5 juin à 14h au samedi 6 juin à 17h15, au campus santé du CHU de Rennes.
Au programme : conférences, tables rondes et présentations de travaux scientifiques, réunissant chercheurs, professionnels de santé et acteurs engagés dans la transformation du système de soins face au changement climatique. Voir le programme en ligne.
Le retrait des badges pour les inscrits se fera le vendredi 5 juin de 13h15 à 14h.