Impact d’une filière de prise en charge ambulatoire des pneumothorax spontanés primitifs aux urgences sur la qualité de vie : un essai clinique randomisé
EFFI-PNO
Hôpitaux universitaires de Strasbourg
GARNIER-KEPKA Sabrina
Hôpitaux universitaires de Strasbourg
Patients
Inclusions en cours
À propos
Vous êtes pris(e) en charge aux urgences pour un pneumothorax spontané primitif. Le pneumothorax spontané primitif correspond à un décollement de la plèvre, l’enveloppe entourant le poumon dont un feuillet est lié au poumon et l’autre à la paroi du thorax, au diaphragme et au médiastin (espace entre les poumons comprenant le coeur, la trachée, l’oesophage et les gros vaisseaux). L’espace entre ces deux feuillets est virtuel et en cas de pneumothorax, de l’air est présent entre ces feuillets empêchant le poumon de s’expandre correctement pendant les mouvements respiratoires. Ce type de pneumothorax survient chez un sujet sain, sans facteur déclenchant évident et sans pathologie (maladie) respiratoire sous-jacente connue. C’est une pathologie le plus souvent considérée comme bénigne, dont le principal risque est la survenue d’une récidive, dans environ 30 % des cas. Plusieurs options sont possibles pour le traitement des patients présentant un pneumothorax spontané primitif : la simple surveillance l’évacuation de l’air par o une exsufflation : une aspiration de l’air avec une aiguille puis le retrait du dispositif o ou par un drainage thoracique : mise en place d’un drain qui est un tuyau en plastique laissé en place dans la cavité thoracique et relié à un dispositif de recueil. Celui-ci sera retiré lorsque le poumon est recollé à la paroi du thorax et qu’il n’y a plus d’air dans la cavité pleurale la chirurgie Les éléments habituellement pris en compte pour le choix du traitement sont la tolérance du pneumothorax (c’est-à-dire les répercussions sur la respiration, le rythme cardiaque, la douleur) et sa taille (l’importance du décollement de la plèvre). En cas de pneumothorax que l’on qualifie de grande abondance, c’est-à-dire sur toute la hauteur du poumon, il est recommandé d’aspirer l’air soit par exsufflation soit par drainage en laissant le dispositif en place. Actuellement, la plupart des patients sont hospitalisés après la mise en place du drain pendant plusieurs jours jusqu’au recollement complet, en général de 2 à 6 jours. En cas d’échec du drainage un traitement par chirurgie est proposé. Plusieurs études ont été menées sur une prise en charge ambulatoire du pneumothorax spontané primitif. La prise en charge ambulatoire signifie que le patient séjourne à l’hôpital pour une durée inférieure à 12H. Or ces études ont montré une efficacité de la prise en charge ambulatoire d’un premier épisode de pneumothorax spontané primitif traité par un mini-drain relié à une valve unidirectionnelle qui ne permet pas à l’air de rentrer mais juste de sortir grâce au drain sans plus de complications. De plus, les dernières recommandations françaises parues en 2022 recommandent de proposer cette modalité de traitement si les conditions permettant le suivi sont réunies. Cependant, le recours au traitement ambulatoire en cas de pneumothorax spontané primitif reste faible du fait de l’absence de filière de suivi organisée. Ainsi, malgré la bonne tolérance clinique du pneumothorax spontané primitif avec peu de complications, le recours à la prise en charge ambulatoire reste rare, ce qui n’est ni optimal pour vous en tant que patient, avec un impact probable sur la qualité des soins perçus (douleur, limitation des activités, difficulté à respirer) et la satisfaction des soins, ni pour le système de soin avec une augmentation des coûts. L’objectif principal de cette étude sera d’évaluer l’impact sur l’évolution de la qualité de vie (entre la pose du drain et 6 mois après la prise en charge) d’une stratégie ambulatoire pour la prise en charge des pneumothorax spontanés primitifs de grande abondance aux urgences comparativement à la prise en charge habituelle. Votre satisfaction par rapport à la stratégie de traitement, votre préférence et votre anxiété seront également évaluées tout au long de l’étude ainsi que le succès du traitement, les complications éventuelles, la douleur, votre respiration et l’impact sur les coûts des deux types de traitements (ambulatoire ou en hospitalisation). De plus, les critères de l’intégration de la filière dans le système de soin, de faisabilité, d’adoption seront évalués au cours de l’étude grâce à des méthodes d’analyses issues des entretiens auprès de patients et de soignants afin d’assurer la pérennisation du dispositif, c’est-à-dire de son maintien dans le temps. Comment se déroulera la recherche ? Il s’agit d’une étude interventionnelle conduite dans 8 centres hospitaliers en France, comparant le traitement ambulatoire et le traitement conventionnel avec hospitalisation selon une méthode dite en « stepped wedge » : initialement tous les centres hospitaliers proposeront la prise en charge hospitalière standard. Puis au fur et à mesure de l’avancement de l’étude, des centres seront tirés au sort. Les hôpitaux tirés au sort pourront alors prendre en charge les patients en ambulatoire. Ainsi les hôpitaux participants à l’étude proposeront progressivement le traitement ambulatoire, et vous bénéficierez de cette stratégie seulement si votre centre l’a déjà mise en place. Votre durée de participation à l’étude sera de 12 mois
Établissement(s) recruteur(s)
AP-HP - Hôpital La Pitié-Salpêtrière
Adresse :47 boulevard de l'Hôpital
75651 PARIS CEDEX13
FranceAP-HP - Hôpital Saint Louis
Adresse :1 avenue Claude Vellefaux
75475 PARIS CEDEX10
France