Le tryptophane, facteur modulateur de l’efficacité antimigraineuse des triptans
TRP-Triptans
CHU Clermont-Ferrand
MOISSET Xavier
Centre Hospitalier Universitaire Clermont-Ferrand
Inclusions en cours
À propos
Contexte et justification de la recherche La migraine est une cause majeure de handicap dans le monde. Les triptans sont des médicaments destinés au traitement aigu des crises de migraine. Ils agissent principalement de deux façons : en resserrant les vaisseaux sanguins à l’intérieur du crâne (vasoconstriction) et en empêchant la libération de substances responsables de la douleur et de l’inflammation. Ils sont efficaces sur la céphalée migraineuse et améliorent également les signes associés à la crise (troubles digestifs, photophobie, incapacité fonctionnelle). Toutefois, plus de 20 % des patient(e)s ne répondent pas, ou répondent de manière insuffisante, à ce traitement. Les mécanismes expliquant cette résistance restent encore mal compris. Le tryptophane est un acide aminé essentiel, c’est-à-dire qu’il doit être apporté par l’alimentation car l’organisme ne peut pas le fabriquer. Ce composé joue un rôle important dans la migraine, notamment à travers ses produits de transformation dans l’organisme, comme la sérotonine et la kynurénine. Plusieurs études ont montré qu’une perturbation du métabolisme du tryptophane est associée à une aggravation de l’intensité des crises de migraine et des symptômes sensoriels qui les accompagnent. À ce jour, aucune étude n’a démontré le lien direct entre le tryptophane et l’efficacité des triptans. Cependant, lors d’une étude pilote, nous avons observé qu’un régime pauvre en tryptophane pouvait bloquer l’effet thérapeutique du sumatriptan, l’un des triptans les plus utilisé. Une carence en tryptophane pourrait résulter d’un dysfonctionnement de son absorption intestinale. Certaines pathologies, comme les maladies inflammatoires de l’intestin (par exemple, le syndrome de l’intestin irritable ou la maladie de Crohn) ou le diabète, sont connues pour altérer la perméabilité intestinale. Cette altération peut modifier le métabolisme du tryptophane au niveau intestinal et réduire son absorption. Ainsi, par cette étude, nous cherchons à mieux comprendre le rôle du tryptophane dans la résistance aux triptans chez des patient(e)s migraineux(ses). Pour cela, nous comparerons principalement les niveaux sanguins de tryptophane et de ses dérivés entre des patient(e)s répondant bien aux triptans et d’autres présentant une résistance. Ces paramètres biologiques seront également étudiés dans le liquide céphalo-rachidien dans le cas où vous avez déjà une ponction lombaire prévue dans le cadre de votre suivi habituel. Nous étudierons aussi le possible lien avec les maladies inflammatoires de l’intestin. Cette étude vise à mieux comprendre les mécanismes pouvant influencer la réponse aux traitements anti-migraineux, ce qui pourrait, à terme, contribuer au développement de stratégies de prise en charge mieux adaptées à différents profils de patients. Il ne s’agit pas d’une garantie de bénéfice individuel immédiat pour les participants. Présentation de la recherche Cette étude a pour objectif principal de comparer les taux de tryptophane entre les sujets migraineux résistants aux triptans et les sujets migraineux répondeurs aux triptans. Afin d’être inclus dans l’étude vous devrez répondre à un certain nombre de critères. L’étude se déroulera au CHU de Clermont-Ferrand et au Centre d’Urgences Céphalées à Paris. Votre durée de participation sera d’un jour. Afin d’assurer une participation équitable, des mesures seront mises en place pour faciliter l’inclusion des personnes en situation de handicap cognitif ou linguistique. Cela inclut la mise à disposition de documents simplifiés, la possibilité d’un accompagnement lors des questionnaires, ainsi que l’utilisation d’interprètes ou médiateurs si nécessaire. Ces dispositions visent à garantir la compréhension des informations relatives à l’étude et à permettre un recueil fiable des données. Produits / Stratégies à l’étude et modalités d’administration Cette étude n’implique pas l’administration de produits. Elle implique la réalisation d’un prélèvement sanguin sur veine périphérique (prise de sang habituelle) et le remplissage de 4 questionnaires. Pour les patient(e)s qui bénéficieront d’une ponction lombaire prévue dans vos soins médicaux habituels dans le cadre de votre diagnostic, un tube supplémentaire sera prélevé pour l’étude. Aucune ponction lombaire dédiée uniquement à cette étude ne sera effectuée.
Établissement(s) recruteur(s)
AP-HP - Hôpital Lariboisiere-Fernand Widal
Adresse :2 rue Ambroise Paré
75475 PARIS CEDEX10
France