Mis à jour le 10/02/2025
Première mondiale à l’AP-HP : naissance d’un enfant après maturation ovocytaire in vitro à l'hôpital Antoine Béclère AP-HP
Les équipes du Pr Michaël Grynberg, chef du service de médecine de la reproduction et préservation de la fertilité, et du Pr Nelly Achour Frydman, responsable de la biologie de la reproduction, à l’hôpital Antoine-Béclère AP-HP, sont à l’origine, au sein du centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) de l’hôpital Antoine-Béclère AP-HP à Clamart, de la première naissance d’un enfant conçu après maturation ovocytaire in vitro, dans un contexte de préservation de la fertilité, avant chimiothérapie pour le traitement d’un cancer. Cette première mondiale a fait l'objet d'une publication au sein de la revue Annals of Oncology le 19 février 2020.
L’AP-HP est le 1er centre de préservation de la fertilité en Ile-de-France. Les 4 hôpitaux, Cochin, Jean Verdier, Tenon et Antoine-Béclère/Bicêtre, proposent toutes les techniques actuellement disponibles de préservation, pour les femmes, les hommes et les enfants.
La préservation de la fertilité féminine est un volet important de la médecine de la reproduction. L’autoconservation d’ovocytes et/ou d’embryons, voire la cryopréservation de tissu ovarien, représentent de réelles alternatives pour les femmes en âge de procréer, dont la fertilité pourrait-être altérée par une maladie et/ou des traitements. C’est le cas de cette patiente prise en charge à l’hôpital Antoine-Béclère AP-HP qui, atteinte d’un cancer du sein hormono-dépendant, avait une contre-indication oncologique à la stimulation ovarienne.
Les équipes cliniques (Dr Gallot, Dr Sonigo et Mme Benoit) et biologiques (Dr Hesters et Dr Mayeur) ont donc proposé d’utiliser la technique de maturation d’ovocytes in vitro (MIV) pour préserver les capacités de reproduction de la patiente considérant son risque de stérilité à l’issue des traitements anti-cancéreux.
Cette technique a consisté en un prélèvement d’ovocytes immatures par ponction ovarienne à travers le vagin, sous contrôle échographique, sans aucune stimulation ovarienne préalable. Les ovocytes ont ensuite été maturés au laboratoire pendant 24 à 48 heures permettant, pour un certain nombre d’entre eux, d’atteindre la maturité et d’être congelés par vitrification. La patiente étant en rémission de sa pathologie cancéreuse et après accord de l’équipe oncologique, il lui a été proposé de décongeler ses ovocytes pour les féconder in vitro avec les spermatozoïdes de son conjoint. Les embryons obtenus ont ensuite été replacés dans l’utérus de la patiente qui a finalement pu accoucher.