Mis à jour le 21/09/2026
« S’engager autrement » : revivez la première cérémonie du serment d’Augusta
Le jeudi 10 septembre, la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière accueillait à l’initiative de Sorbonne Université la cérémonie du serment d’Augusta, en lien avec le podcast éponyme. À la fois espace de pédagogie, lieu de témoignages et laboratoire d'idées, cette soirée invitait les professionnels de santé à questionner la relation soignant - soigné.
Le serment d’Augusta : un podcast pour réinventer la relation de soin au XXIe siècle
Point de départ de cette dynamique, le podcast Le Serment d’Augusta. Lancé en 2022 à l'initiative du Pr Emmanuel Flamand-Roze, neurologue, et d’Olympe de Gê, réalisatrice et autrice, ce projet se veut un point d’ancrage pour de nouvelles valeurs dans la prise en soin, l’appréhension de l’autre et de soi dans le monde médical. Une approche qui résonne particulièrement auprès des jeunes professionnels, à l’image d’Eva, 25 ans, orthophoniste :
« J'ai découvert le podcast pendant mes études et il a été très important pour moi. En tant que soignante, j’y ai trouvé un discours adapté aux réalités sociales de notre époque et à la question de l’inclusion face aux discriminations. Cela m’a fait du bien d’entendre ce discours-là, j'avais l'impression d'être à ma place. »
À l’image du combat mené par Augusta Klumpke, première femme reçue au concours de l’internat des hôpitaux de Paris, la série audio dépeint une ère nouvelle pour l’engagement en santé.
La cérémonie du serment : s’engager collectivement pour une santé humaine et moderne
Pensée comme un temps solennel et convivial, cette célébration organisée par Sorbonne Université a permis la réunion d’acteurs et de futurs acteurs de la santé autour de valeurs communes : solidarité, écoute, inclusion, respect et humanité.
Au cœur de la nef, la pièce de théâtre « Une nuit de garde », interprétée par la compagnie Les Risiens et le collectif La Serre, a donné vie aux témoignages d'une cinquantaine de soignants à travers des saynètes illustrant le quotidien professionnel et la relation aux patients.
Cette quête de sens et de nouvelles pratiques trouve un écho direct sur le terrain, comme le confie Léa, 25 ans, orthophoniste :
« Dans mes stages, j'ai été beaucoup confrontée à des personnes autistes non verbales, peu représentées dans la médecine actuelle, avec qui il a fallu rechercher le consentement de nouvelles manières et questionner nos soins. C'était donc une évidence pour moi d'être là ce soir. »
Point d’orgue de la soirée, près d’une centaine de professionnels en exercice et de jeunes diplômés ont prêté serment ensemble pour sceller un engagement collectif fort.
Découvrez le témoignage du Pr Arnaud Petit, Chef du service d'hématologie, immunologie et oncologie pédiatrique, Hôpital Armand-Trousseau (AP-HP) :
« En 2023, j'ai participé à un épisode du podcast Le Serment d'Augusta, sans mesurer tout ce que cette démarche allait provoquer. Le 10 septembre, à la Pitié-Salpêtrière, j'ai prêté ce serment lors de la première cérémonie, aux côtés d'étudiants de toutes les filières de santé.
Le Serment d'Augusta aborde des enjeux très actuels de la relation de soin : le poids des mots, le consentement, les biais et les discriminations, l'équité, la place des patients et de leurs proches. Il fait aussi apparaître des résistances et des représentations dont nous n'avons pas toujours conscience en tant que soignants, parce qu'elles font partie de nos habitudes.
Sa grande force est de nous pousser à réfléchir. Il m'a amené à reconsidérer des aspects de ma pratique que je pensais acquis, voire maîtrisés. Selon les épisodes, certains sujets m'ont davantage parlé que d'autres, et c'est ce qui rend ce format si vivant et qui en fait tout son intérêt : il n'impose pas de vérité, il ouvre une conversation. Au final, il aura parlé à chacun d'entre nous, mais de manière différente.
La cérémonie a mis en valeur un travail mené depuis plus de trois ans. Elle a réuni des étudiants et des soignants plus expérimentés, de différents métiers, autour de valeurs professionnelles communes. Voir plusieurs générations s'engager ensemble, à voix haute, a été un moment fort.
Je tiens à saluer Emmanuel Flamand-Roze et Olympe de Gê, à l'origine de ce projet. Leur travail a eu une vraie force : ils ont su créer, avec exigence et sensibilité, un espace où soignants, patients et proches réfléchissent ensemble à ce que prendre soin veut dire aujourd'hui. »