Un infarctus du myocarde survient lorsqu’une artère qui alimente le cœur se bouche, empêchant le sang et l’oxygène d’atteindre correctement le muscle cardiaque. Une angioplastie coronaire est une intervention qui permet de rouvrir rapidement l’artère bloquée, généralement en y plaçant un petit dispositif appelé stent afin de maintenir la circulation sanguine. Les patients ayant subi un infarctus du myocarde présentent un risque particulièrement élevé de nouveaux événements cardiovasculaires, notamment au cours de la première année. Il est donc recommandé de réduire fortement le taux de LDL-cholestérol. Pourtant, un an plus tard, seul un patient sur trois environ parvient aujourd’hui à atteindre l’objectif recommandé, notamment parce que les traitements sont généralement renforcés progressivement et que les médicaments les plus efficaces ne sont que rarement utilisés.
L’étude AMUNDSEN avait pour objectif d’évaluer si l’administration de l’évolocumab avant l’angioplastie coronaire pouvait permettre à davantage de patients ayant subi un infarctus du myocarde d’atteindre leur objectif de LDL-cholestérol un an plus tard. L’étude cherchait également à déterminer si cette stratégie pouvait apporter un bénéfice cardiovasculaire dès les premiers mois, en complément des bénéfices à long terme associés à une diminution durable du LDL-cholestérol.
L’étude a été menée entre septembre 2021 et mai 2025 dans 48 centres de six pays et a inclus 2 161 patients, âgés en moyenne de 67 ans, ayant tous un infarctus aigu du myocarde et présentant au moins un facteur de risque élevé. Ils ont été randomisés en deux groupes : le premier a reçu immédiatement de l’évolocumab avant l’angioplastie, en complément des soins et médicaments habituels, tandis que le second a reçu les soins et médicament habituels comme recommandé actuellement. Les patients ont été suivis pendant un an, avec des mesures de leur taux de LDL-cholestérol à six semaines, six mois, neuf mois et 12 mois. L’objectif principal était d’évaluer la capacité à atteindre, à 12 mois, une réduction d’au moins 50 % du LDL-cholestérol par rapport au niveau initial et d’obtenir un taux inférieur à 55 mg/dL.
Une différence nette a été observée entre les deux groupes : à 12 mois, 82 % des patients traités par évolocumab avaient atteint l’objectif de LDL-cholestérol en moyenne en neuf semaines, contre seulement 40 % des patients recevant les soins habituels, en 19 semaines. En revanche, aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes concernant les événements cardiovasculaires au cours de la première année.
Ces résultats suggèrent que l’évolocumab permet de réduire rapidement et durablement le LDL-cholestérol après un infarctus, mais que les bénéfices cardiovasculaires liés à cette diminution pourraient nécessiter une durée d’exposition plus longue à un faible taux de LDL-cholestérol pour se manifester. L’étude ne met donc pas en évidence de bénéfice cardiovasculaire immédiat indépendant de la baisse du cholestérol.
*L’étude AMUNDSEN a été coordonnée par les professeurs Gilles Montalescot (service de cardiologie de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, Sorbonne Université et Inserm) et Eric Vicaut (unité de recherche clinique de l’hôpital Lariboisière – Fernand-Widal AP-HP et Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), tous deux fondateurs du groupe de recherche ACTION.
Références : Gilles Montalescot, Emile Ferrari, Géraud Souteyrand, Claire Bouleti, Grégoire Range, Laure Batias-Moreau, Marco Chioccioli, Andrea Picchi, Jean-Guillaume Dillinger, Giovanni Esposito, Giuseppe Patti, Flavien Vincent, Nassim Braik, Stéphane Ederhy, Pierre Coste, Sinda Hannachi, Nassim Redjimi, Michel Zeitouni, Benjamin Duband, Etienne Fourrier, Paul Guedeney, Niki Procopi, Pierre Sabouret, Abdourahmane Diallo, Karine Brochard, Amel Chamam, Nicolas Vignolles, Mathieu Kerneis, Johanne Silvain, J. Wouter Jukema, François Mach, Angel Cequier-Fillat, Holger Thiele, Stanislaw Bartus, Leonardo Bolognese, Eric Vicaut – JAMA 2026
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