Mis à jour le 11/05/2026

Partager :

Une anomalie du système immunitaire à l’origine de l’apparition de formes graves de certaines infections virales

Pourquoi, après une infection virale apparemment bénigne, certains patients développent-ils malgré tout des formes sévères ? Des chercheurs de l’UPEC, de l’Inserm, de l’AP-HP, de l’Institut Pasteur, de Sorbonne Université, montrent que la présence, chez certains patients, d’un type particulier d’anticorps perturbe la réponse antivirale. Cette étude, publiée dans la revue Cell, s’inscrit dans le cadre d’une collaboration internationale regroupant au total 60 médecins ou chercheurs , et a permis d’identifier les cellules immunitaires responsables de la production des anticorps anti-interféron de type I chez ces patients.

Les interférons de type I sont des protéines essentielles à la défense antivirale. Certains patients atteints de formes graves de maladies infectieuses présentent des taux sanguins élevés d’anticorps dirigés contre les interférons de type I. Ces auto-anticorps sont retrouvés chez plus de 10 % des patients développant une pneumonie grave par infection au SARS-CoV2 (COVID-19).

Grâce au travail conjoint d’un consortium regroupant la combinaison unique d’expertises en biologie structurale, modélisation d’interaction protéines-protéines et analyse fine des lymphocytes B, les chercheurs ont mis en évidence que ces cellules immunitaires produisant ces autoanticorps ne sont pas induites dans le contexte de la COVID-19 mais sont déjà présentes avant l’infection par le SARS-CoV-2. Ces cellules présentent également des caractéristiques similaires à celles observées dans certaines maladies d’origine génétique affectant la tolérance immunitaire, notamment dans leurs cibles moléculaires sur les interférons de type I et leur capacité à perturber la réponse antivirale.

Ces résultats suggèrent l’existence, chez des individus par ailleurs sains, d’une anomalie du système immunitaire pouvant favoriser l’apparition de formes graves de certaines infections virales. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies de dépistage et de prévention pour mieux identifier les personnes à risque et adapter leur prise en charge », explique Matthieu Mahévas, dernier auteur de cette étude et chercheur à l’Institut Necker-Enfants Malades.

Ces travaux ont bénéficié de financements de l’agence national de la recherche (ANR), et notamment du projet RHU COVIFERON, de la chaire d’excellence en santé (DIPP-IMMUE), et d’un financement européen H2020 (Undine).

Source : Affinity-matured B cell responses neutralizing type-I interferons underlie severe viral infections, Cell, 6 mai 2026

À propos de l’AP-HP : Premier centre hospitalier universitaire (CHU) d’Europe, l’AP-HP est au premier rang de la recherche clinique en France. Ses 38 hôpitaux sont organisés en six groupes hospitalo -universitaires (AP-HP. Centre - Université Paris Cité ; AP-HP. Nord - Université Paris Cité ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Université Paris-Saclay ; AP-HP. Hôpitaux universitaires Henri-Mondor et AP-HP. Hôpitaux universitaires Paris Seine-Saint-Denis) conventionnés avec sept universités franciliennes. Étroitement liée aux grands organismes de recherche, l’AP-HP est forte de 25 fédérations hospitalo-universitaires (FHU), 8 instituts hospitalo-universitaires (IHU) d’envergure mondiale (ICM, ICAN, IMAGINE, FOReSIGHT, IHU SEPSIS, Institut du Cerveau de l’Enfant, reConnect, Institut de la Leucémie Paris Saint-Louis), 4 sites de recherche intégrée en cancérologie (SIRIC) dont 1 pédiatrique, ainsi que du plus grand entrepôt de données de santé (EDS) en France. Acteur majeur de la recherche appliquée et de l’innovation en santé, l’AP-HP détient un portefeuille de 920 brevets actifs, ses cliniciens chercheurs signent chaque année près de 11 000 publications scientifiques, plus de 2 500 études promues par l’AP-HP sont en cours. En 2020, l’AP-HP a obtenu le label Institut Carnot, qui reconnaît la qualité de sa recherche partenariale : le Carnot@AP-HP propose aux acteurs industriels des solutions en recherche appliquée et clinique dans le domaine de la santé. En outre, la Fondation de l’AP-HP agit aux côtés des patients, des soignants et des chercheurs pour la médecine du futur, l’humain au cœur de l’hôpital et la santé de tous.
www.aphp.fr