Une étude montre qu’une formation à la communication et au travail en équipe améliore la coordination au bloc opératoire pédiatrique Les endoscopies laryngotrachéales pédiatriques sont des examens à haut risque qui nécessitent une coordination étroite entre chirurgiens, anesthésistes et personnels infirmiers. Les défaillances dans la communication et les compétences non techniques peuvent contribuer à la survenue d’événements indésirables. L’objectif de cette étude* était d’évaluer l’impact d’un programme pédagogique de facteurs humains, dont la communication et le travail en équipe, sur le déroulement de ces examens. Ce programme avait pour objectif de développer les pratiques de communication, la coordination et les compétences non techniques des équipes afin d’améliorer la sécurité des soins. Les résultats de cette étude ont fait l’objet d’une publication parue le 6 août 2026 dans la revue JAMA ORL. Les endoscopies laryngotrachéales pédiatriques sont des examens qui permettent aux médecins d’observer directement le larynx et la trachée d’un enfant, à l’aide d’un endoscope. Elles sont notamment réalisées pour évaluer les voies respiratoires, rechercher une anomalie ou une obstruction, et nécessitent une coordination étroite entre l’ORL, les anesthésistes et les infirmiers. Ces examens représentent des risques pour les patients, notamment en raison des enjeux liés aux voies aériennes et à la coordination de l’équipe. L’équipe de recherche a évalué l’impact d’un programme multimodal de facteurs humains sur la communication, les comportements d’équipe et les compétences non techniques lors des endoscopies laryngotrachéales pédiatriques. Cette étude prospective a inclus 71 patients et reposait sur une comparaison avant/après intervention de 80 examens : 44 réalisés avant la mise en place du programme et 36 après. Le dispositif associait une checklist préopératoire structurée et adaptée à l’endoscopie, des calots personnalisés permettant d’identifier rapidement le nom et le rôle de chaque membre de l’équipe, ainsi que deux sessions de simulation inspirées du Crew Resource Management (CRM), une méthode de formation issue de l’aéronautique. La mise en place du programme a permis d’améliorer nettement les échanges au sein des équipes : la checklist était réalisée selon les règles dans 88,9 % des interventions, contre 9,1 % avant le programme. Les discussions entre chirurgien et anesthésiste avant l’intervention sont passées de 70,5 % à 100 %, tandis que les débriefings après l’intervention sont passés de 56,8 % à 91,7 %. Le programme a également montré une diminution des interruptions au bloc, notamment des ouvertures de porte et des appels téléphoniques pendant les phases critiques, ainsi qu’une amélioration des scores NOTSS (Non-Technical Skills for Surgeons), évaluant notamment la conscience de la situation, la prise de décision, la communication, le travail en équipe et le leadership. En revanche, aucune amélioration significative des indicateurs cliniques n’a été observée : les épisodes de désaturation en oxygène et le recours à l’atropine sont restés comparables avant et après la mise en place du programme. En conclusion, les compétences non techniques relatives à la communication, le leadership et l’anticipation pourraient être encore plus enseignées et améliorées dans la formation chirurgicale pour une meilleure intégration des facteurs humains et l’organisation des blocs opératoires. Cependant, des travaux complémentaires sont nécessaires pour vérifier la durabilité de ces effets, les reproduire dans d’autres environnements à haut risque et, surtout, évaluer leur impact véritable sur les résultats cliniques des patients. * Cette étude a été coordonnée par les docteurs Barbara Cadre et Briac Thierry, du service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et tous deux affiliés à l’Université Paris Cité. Références : Barbara Cadre, Romain Luscan, Xiaoyi Chen, Nicolas Garcelon, François Simon, Briac Thierry - JAMA ORL |
À propos de l’AP-HP : Premier centre hospitalier universitaire (CHU) d’Europe, l’AP-HP est au premier rang de la recherche clinique en France. Ses 38 hôpitaux sont organisés en six groupes hospitalo-universitaires (AP-HP. Centre - Université Paris Cité ; AP-HP. Nord - Université Paris Cité ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Université Paris-Saclay ; AP-HP. Hôpitaux universitaires Henri-Mondor et AP-HP. Hôpitaux universitaires Paris Seine-Saint-Denis) conventionnés avec sept universités franciliennes. Étroitement liée aux grands organismes de recherche, l’AP-HP est forte de 25 fédérations hospitalo-universitaires (FHU), 8 instituts hospitalo-universitaires (IHU) d’envergure mondiale (ICM, ICAN, IMAGINE, FOReSIGHT, IHU SEPSIS, Institut du Cerveau de l’Enfant, reConnect, Institut de la Leucémie Paris Saint-Louis), 4 sites de recherche intégrée en cancérologie (SIRIC) dont 1 pédiatrique, ainsi que du plus grand entrepôt de données de santé (EDS) en France. Acteur majeur de la recherche appliquée et de l’innovation en santé, l’AP-HP détient un portefeuille de 920 brevets actifs, ses cliniciens chercheurs signent chaque année près de 11 000 publications scientifiques, plus de 2 500 études promues par l’AP-HP sont en cours. En 2020, l’AP-HP a obtenu le label Institut Carnot, qui reconnaît la qualité de sa recherche partenariale : le Carnot@AP-HP propose aux acteurs industriels des solutions en recherche appliquée et clinique dans le domaine de la santé. En outre, la Fondation de l’AP-HP agit aux côtés des patients, des soignants et des chercheurs pour la médecine du futur, l’humain au cœur de l’hôpital et la santé de tous. www.aphp.fr