Mis à jour le 15/06/2026

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Journée AVENIR de la recherche en soins 2026 : l’AP-HP valorise l’excellence paramédicale

Le 9 juin 2026, à l’occasion de la troisième édition de la journée AVENIR de la recherche en soins, l’AP‑HP a mis en lumière une dynamique désormais bien installée : celle d’une recherche paramédicale exigeante, innovante et résolument tournée vers les patients. La journée a également permis de distinguer trois publications paramédicales en 2026.

Une recherche en soins en pleine structuration

Dès l’ouverture de la journée, un constat s’est imposé : la recherche paramédicale n’est plus émergente, elle se structure.

Les échanges ont souligné plusieurs enjeux majeurs :

  • la reconnaissance des disciplines en sciences infirmières et en sciences de la rééducation et réadaptation ;
  • le renforcement des liens entre terrain clinique, université et recherche ;
  • le développement de parcours de recherche pour les professionnels paramédicaux de l’AP-HP.

 

Trophées des publications paramédicales 2026 : trois travaux à l’honneur

Parmi les temps forts de cette édition, la remise des Trophées des publications paramédicales 2026 a distingué trois travaux emblématiques. Trois recherches, trois approches, mais un point commun : faire avancer la connaissance pour améliorer concrètement les soins et les parcours de vie des patients.

 

Quand la recherche s’invite au jardin

Et si, pour soulager la douleur, on sortait des salles de soin ?

Les activités en contact avec la nature sont très actuelles. Le jardinage, en tant qu’activité physique pratiquée en contact avec la nature, est-il efficace sur la douleur de la personne lombalgique ? C’est la question qu’a posée Alexandra Roren, masseur-kinésithérapeute à l'hôpital Cochin – Port-Royal.

Dans son étude, des patients souffrant de lombalgie chronique ont participé à des séances d’horticulture thérapeutique — bêcher, planter, arroser — et à des sessions d’activités manuelles en intérieur. Derrière ces activités simples, un protocole d’analyse sophistiqué : IRM cérébrales pour évaluer l’activité d’une zone du cerveau traitant douleurs et émotions.

Le verdict ? Pas de différence nette entre les deux activités. Il reste encore beaucoup à découvrir sur l’effet de la nature sur les personnes douloureuses chroniques...

Un constat essentiel : bouger, créer, être engagé dans une activité — qu’elle de déroule en intérieur ou au contact de la nature — apporte beaucoup de satisfaction aux personnes lombalgiques chroniques.

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Reprendre le fil de sa vie

Après le diagnostic d'une tumeur cérébrale, il y a l’opération. Puis la rééducation. Et très vite, une autre question surgit : vais-je pouvoir retravailler ?

Marion Barberis, orthophoniste à l'hôpital Fernand-Widal – Lariboisière a étudié cette étape charnière. En suivant des patients opérés en chirurgie éveillée, elle s’est intéressée à leur retour à la vie professionnelle. La plupart y parviennent, souvent en quelques mois.

Mais l’étude révèle une réalité plus discrète : de petits troubles cognitifs, presque invisibles, peuvent tout changer. Être un peu ralenti dans l’exploration de son lexique mental, dans l’organisation de ses idées. Chercher ses mots, hésiter, perdre un peu en fluidité… Rien de spectaculaire a priori. Et pourtant, suffisant pour compliquer une reprise de poste.Ce que montre ce travail, c’est que la guérison ne se résume pas aux résultats médicaux. Elle se joue aussi dans ces détails, ces ajustements, ces fragilités du quotidien.

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Quand la parole perd sa musique

Il y a des troubles qui ne se voient pas. Après un AVC, certains patients parlent normalement… mais ne reconnaissent plus les intonations, les émotions, les sous-entendus. La prosodie — cette « musique » de la parole — peut être altérée sans que cela soit immédiatement détecté.

Pour mieux comprendre ces troubles, Marie Villain, orthophoniste à l'hôpital Pitié-Salpêtrière a développé une méthode d'évaluation originale. Les patients écoutent des mots dont les intonations varient, choisissent celles qui leur semblent interrogatives… et, derrière, un modèle analyse comment ils perçoivent et interprètent les intonations.

Résultat : cette approche permet d’aller beaucoup plus loin que les tests classiques, notamment pour repérer des difficultés fines, parfois invisibles autrement.

Ce que cette recherche change ? Un regard plus précis. Et donc, la possibilité d’adapter vraiment la rééducation à chaque patient.

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Décloisonner pour optimiser les pratiques de recherche

La journée a également mis en avant un levier essentiel : le décloisonnement. Les collaborations entre disciplines, notamment au sein de structures hospitalo-universitaires, montrent qu’une approche pluridisciplinaire est indispensable pour répondre à la complexité des enjeux de santé.

Croiser les expertises, partager les méthodes et rapprocher les acteurs du soin et de la recherche constituent sont désormais des conditions clés pour favoriser le développement d’une recherche en soins collaborative et ambitieuse.

Au-delà des résultats scientifiques présentés, cette journée a confirmé une conviction forte : la recherche en soins est une démarche collective, ancrée dans le quotidien des professionnels. C’est une recherche qui se construit à partir du terrain, s’intègre pleinement dans les pratiques de soin et qui contribue à transformer durablement l’expérience des patients.

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