Mis à jour le 11/08/2026

Partager :

La maternité de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP déploie la péridurale déambulatoire en salle de naissance

Après la maternité de l’hôpital Robert-Debré, c’est désormais la maternité de l’hôpital Louis-Mourier qui franchit une nouvelle étape dans l’accompagnement des naissances en proposant à certaines patientes une péridurale déambulatoire en salle de naissance.
Développé conjointement par les équipes du service d’anesthésie-réanimation et du service de gynécologie-obstétrique, ce dispositif vise à réduire la douleur tout en maintenant une liberté de mouvement pendant le travail, en garantissant une surveillance étroite de la mère et de l’enfant.

« L’objectif est de permettre aux patientes de rester actrices de leur accouchement tout en bénéficiant d’un soulagement efficace de la douleur. Je suis très content de la mise en œuvre de ce protocole en collaboration avec les anesthésistes et les sages-femmes », explique le Pr Olivier Picone, chef de service de la maternité.

 

Une péridurale adaptée pour préserver la mobilité

Contrairement à une péridurale classique, où le soulagement de la douleur peut se faire au détriment de la force musculaire dans les jambes, la péridurale déambulatoire repose sur un protocole anesthésique permettant de limiter le bloc moteur. Les patientes peuvent ainsi conserver une certaine autonomie de mouvement tout au long du travail. Cette liberté de mouvement répond à une attente croissante des futures mères, de plus en plus nombreuses à souhaiter un accouchement plus physiologique et participatif.

« Il s’agit d’une adaptation de la péridurale traditionnelle. La douleur est soulagée, mais les patientes conservent suffisamment de mobilité pour pouvoir changer de position, utiliser un ballon ou, dans certaines situations, marcher dans un périmètre délimité », précise le Dr Christian Tymowski, anesthésiste-réanimateur.

 

Une mise en œuvre progressive et sécurisée

La mise en place de cette prise en charge a nécessité une organisation spécifique et une réflexion commune entre anesthésistes, obstétriciens et sages-femmes.

« Nous avons souhaité avancer progressivement. La priorité reste la sécurité des patientes et des bébés », souligne la Dre Sophie Nebout.

La péridurale déambulatoire ne peut en effet être proposée à toutes les femmes. Elle est réservée aux grossesses sans complication et aux situations où la surveillance médicale demeure compatible avec la mobilité. En effet, pendant tout le temps de la déambulation, le rythme cardiaque du bébé reste surveillé en continu via un monitoring sans fil. La force musculaire des patientes est surveillée régulièrement afin de prévenir tout risque de chute. Les sages-femmes jouent un rôle central dans ce suivi. Elles assurent un accompagnement rapproché et participent à l’évaluation continue des conditions permettant la poursuite de la déambulation.

« C’est un véritable travail d’équipe. Chaque situation est évaluée individuellement, en concertation avec la patiente et l’ensemble des professionnels présents en salle de naissance. Toutes les femmes ne pourront pas bénéficier de ce dispositif. Par ailleurs, une seule salle de naissance est actuellement équipée de monitorings sans fil », explique le Pr Olivier Picone.

 

Une amélioration du vécu de l’accouchement

Si les études scientifiques ne mettent pas en évidence de bénéfice majeur sur le déroulement obstétrical lui-même, les retours des patientes sont très positifs. « Les bénéfices concernent avant tout le vécu de l’accouchement. Les patientes apprécient de pouvoir rester mobiles et de conserver une certaine liberté de mouvement pendant le travail », indique la Dre Sophie Nebout.

Marion, sage-femme à l'hôpital Louis-Mourier, fait partie des premières patientes à avoir bénéficié d’une péridurale déambulatoire lors de la naissance de son troisième enfant. « Pour mes deux premiers accouchements, j’avais eu des péridurales classiques. Cette fois-ci, j’ai eu la chance de bénéficier de cette nouvelle prise en charge », raconte-t-elle. Durant le travail, elle a pu continuer à marcher, utiliser un ballon et modifier librement ses positions. « Je ressentais les contractions, mais elles restaient tout à fait supportables », se souvient-elle. Lorsque le travail s’est intensifié, elle a choisi de revenir dans son lit afin de recevoir un dosage plus important d’anesthésiant : « J’ai ainsi pu accoucher sans douleur. Je garde un merveilleux souvenir de cette expérience. »

Au-delà de la technique elle-même, Marion souligne la qualité de l’accompagnement reçu : « Je remercie toute l’équipe, et tout particulièrement l’anesthésiste ainsi que ma sage-femme, pour leur bienveillance et leur accompagnement tout au long de mon accouchement. »

Depuis le déploiement du protocole au début de l’année 2026, plusieurs femmes ont déjà pu bénéficier de cette prise en charge innovante. La maternité dispose actuellement d’une seule salle de naissance équipée pour la péridurale déambulatoire, ce qui limite encore le nombre de patientes pouvant en bénéficier. Une première étape qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à un développement plus large du dispositif.

À voir aussi