Mis à jour le 04/09/2026
Septembre turquoise : quand la prise en charge des cancers gynécologiques intègre aussi le projet de maternité
À l'occasion de Septembre turquoise, mois de sensibilisation aux cancers gynécologiques, l'AP-HP met en lumière un aspect essentiel mais encore méconnu de la prise en charge : la préservation de la fertilité.
Les cancers gynécologiques pelviens – cancers du col de l'utérus, de l'endomètre (ou corps utérin), de l'ovaire, de la vulve, du vagin ou des trompes – touchent 18 000 femmes par an. Le cancer de l'endomètre est le plus fréquent, avec près de 6 300 nouveaux cas par an, devant le cancer de l'ovaire (5 348 cas) et celui du col de l'utérus (3 159 cas). Si ces cancers touchent majoritairement des femmes après la ménopause, certains sont diagnostiqués chez des femmes jeunes, parfois avant qu'elles aient pu concrétiser un projet de maternité.
Dans ce contexte, la priorité reste naturellement de traiter le cancer. Mais les traitements – chirurgie, chimiothérapie ou radiothérapie – peuvent altérer la fertilité ou rendre une grossesse impossible. C'est pourquoi, lorsque la situation médicale le permet, la préservation de la fertilité est aujourd'hui intégrée au parcours de soins dès l'annonce du diagnostic.
À l’AP-HP , cette dimension fait partie du parcours de soins. Lorsque la situation médicale le permet, les équipes de gynécologie et d'oncologie travaillent en lien avec les spécialistes de la médecine de la reproduction afin d'évaluer les possibilités de préserver la fertilité avant le début des traitements. Selon les situations, plusieurs options peuvent être proposées : conservation d'ovocytes, d'embryons ou de tissu ovarien, ou encore traitements conservateurs permettant de préserver les organes reproducteurs.
Le Centre PREFERE : une expertise de référence pour les femmes atteintes d'un cancer de l'endomètre
Le cancer de l'endomètre est le cancer gynécologique pelvien le plus fréquent en France. S'il touche majoritairement des femmes ménopausées, 5 à 10 % des cas concernent des femmes en âge de procréer, pour lesquelles la préservation de la fertilité peut constituer un enjeu majeur.
Parmi les expertises développées à l'AP-HP figure le centre de référence PREFERE (PREservation FERtilité et cancer de l’Endomètre), à l'hôpital Bichat – Claude-Bernard. Il accompagne les patientes atteintes de certains cancers de l'endomètre ou d'hyperplasies atypiques pour lesquelles il est possible, dans des situations bien définies, de traiter la maladie tout en préservant l'utérus afin de permettre un projet de grossesse.
Le traitement conservateur permet d'éviter l'hystérectomie d'emblée. Il repose sur un traitement hormonal destiné à faire régresser les lésions, associé à une surveillance clinique et anatomopathologique. Tout au long du parcours, les patientes bénéficient d'une prise en charge multidisciplinaire réunissant gynécologues oncologues, spécialistes de la médecine de la reproduction, anatomopathologistes, radiologues et biologistes. L'objectif est d'obtenir la rémission de la maladie tout en préservant l'utérus afin de permettre un projet de grossesse, sans compromettre les chances de guérison.
Créé en 2008, le centre PREFERE est également un centre de référence national. Chaque semaine, le centre organise une réunion de concertation pluridisciplinaire dédiée et apporte son expertise aux équipes médicales de toute la France ainsi qu’une relecture systématique des biopsies ayant fait le diagnostic d’hyperplasie atypique ou adénocarcinome de l’endomètre. Avec un registre national de plus de 500 patientes, il tente de faire progresser les connaissances sur ces traitements conservateurs.
Une prise en charge coordonnée avec le centre de fertilité de l’hôpital Tenon
Cette approche s'appuie également sur l'expertise du centre de fertilité de l'hôpital Tenon, qui accompagne les patientes devant bénéficier d'un traitement susceptible d'altérer leur fertilité. En lien étroit avec les équipes d'oncologie du centre expert de prise en charge des cancers pelviens, il met en œuvre les différentes techniques de préservation de la fertilité dans des délais compatibles avec l'urgence des traitements. Le centre de fertilité de Tenon, membre de la plateforme préservation de fertilité de l’APHP, offre également toutes les techniques de cryopréservation ovocytaire (avec ou sans stimulation ovarienne), et de congélation de tissu ovarien. Les techniques chirurgicales permettant de réduire l’impact des radiations ionisantes sur l’utérus et les ovaires sont également proposées.