Mis à jour le 27/07/2026

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À l'hôpital Beaujon AP-HP, un parcours innovant de prise en charge des patients en oncologie sous thérapies orales

À l’hôpital Beaujon AP-HP, les équipes d’onco-hépatologie développent une prise en charge innovante pour les patients traités par thérapies orales anticancéreuses. Ce parcours repose sur une organisation pluriprofessionnelle coordonnée qui associe médecins, pharmaciens, infirmières de coordination (IDEC) et professionnels paramédicaux afin de proposer un accompagnement global et personnalisé.

À l'hôpital Beaujon, les patients atteints de cancers digestifs peuvent bénéficier d'une hospitalisation de jour (HDJ) pluridisciplinaire qui réunit plusieurs professionnels autour du patient : médecins, pharmaciens, infirmières de coordination, diététiciens, psychologues ou encore assistantes sociales en fonction des besoins identifiés.

« L’objectif est d’accompagner le patient au moment où il débute son traitement et de rester présent tout au long de son parcours. La thérapie orale requiert beaucoup d’explications et de pédagogie : il faut s’assurer que le patient comprend bien comment prendre son médicament, quoi faire en cas d’oubli, et comment gérer les éventuels effets indésirables », explique Vincent Leclerc, pharmacien impliqué dans le parcours thérapies orales en oncologie à l’hôpital Beaujon.

Lors de ces consultations, les pharmaciens expliquent les modalités de prise du traitement, vérifient les interactions médicamenteuses, identifient les risques potentiels et remettent aux patients des supports d’information adaptés. « Le patient arrive souvent après l’annonce de son diagnostic, parfois après une première ligne de traitement. Notre rôle est de sécuriser cette nouvelle étape thérapeutique et de lui donner les clés pour être acteur de son traitement », précise Vincent Leclerc.

 

Un suivi rapproché pour sécuriser et personnaliser les traitements

Au-delà de l’initiation du traitement, l’hôpital Beaujon a développé des HDJ de suivi des thérapies orales. Cette organisation est encore peu répandue dans les établissements hospitaliers. Elles permettent d’évaluer régulièrement la tolérance du traitement, l’observance (bonne prise du traitement par le patient), l’apparition d’effets indésirables ainsi que l’évolution des traitements associés.

Une spécificité forte du modèle développé à l'hôpital Beaujon repose sur la réalisation de dosages sanguins des médicaments anticancéreux. Cette approche permet une personnalisation plus fine des traitements : en fonction des concentrations observées dans le sang, les doses peuvent être ajustées afin d’optimiser l’efficacité tout en limitant les toxicités. « Le dosage sanguin nous permet d’aller vers une vraie personnalisation du traitement. Si la concentration du médicament est trop faible ou trop élevée, nous pouvons ajuster la dose pour optimiser l’efficacité et réduire le risque de toxicité », ajoute-t-il.

 

Un protocole de coopération qui fluidifie le parcours patient

Une autre innovation majeure repose sur la mise en place d’un protocole de coopération associant pharmaciens et infirmières de coordination.

Ce dispositif, validé par l’établissement et déclaré auprès de l’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, permet aux professionnels formés de réaliser certaines prescriptions de médicaments et d’examens biologiques dans le cadre du suivi des patients.

Cette organisation améliore la réactivité du parcours de soins et permet aux médecins de consacrer davantage de temps aux situations nécessitant une expertise médicale approfondie : annonce diagnostique, décisions thérapeutiques ou prises en charge complexes nécessitant un suivi rapproché. « Le médecin peut se concentrer davantage sur l’annonce, le diagnostic et les décisions thérapeutiques importantes. De notre côté, nous prenons en charge ce qui relève du suivi quotidien et de la sécurisation du traitement », poursuit-il.

L'hôpital Beaujon fait partie des premiers établissements en France à avoir développé ce type de protocole en oncologie, aux côtés notamment de l’hôpital de Grasse et de l’Institut Sainte-Catherine à Avignon.

 

Une activité en forte croissance depuis 2021

Depuis son lancement, cette activité connaît une progression importante. 400 consultations pharmaceutiques ont été réalisées en 2025, contre 70 environ en 2021. 

Les retours des patients confirment l’intérêt de cette approche. « Les patients nous sollicitent directement lorsqu’ils ont une question ou une inquiétude. Ils savent qu’ils peuvent avoir une réponse rapide, être rassurés et éviter parfois une consultation médicale qui n’est pas nécessaire », ajoute-t-il.

 

Une expertise qui rayonne au-delà de l'hôpital Beaujon

L’organisation développée à l'hôpital Beaujon attire aujourd’hui l’attention d’autres établissements. Une équipe grenobloise est venue observer ce dispositif afin d’étudier la mise en place d’un parcours similaire dans son établissement. Cette démarche d’observation permettra à l’équipe grenobloise de poursuivre sa réflexion afin d’adapter certaines pratiques à son propre contexte et aux spécificités de sa filière.

Les équipes de l’hôpital Saint-Louis souhaitent également s’inspirer de cette expérience pour développer un parcours comparable en onco-hématologie. Dans les prochains mois, l’arrivée de la télésurveillance en oncologie pourrait encore renforcer ce dispositif, grâce à des outils permettant aux patients de signaler plus facilement leurs symptômes et aux équipes d’adapter encore davantage leur accompagnement.

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