Mis à jour le 28/09/2026
5e édition de l'Agora du soin de demain : One Woman Health, la santé des femmes au-delà de la gynécologie
Les 16 et 17 septembre 2026, l'Hôtel-Dieu a accueilli la 5e édition de l'Agora du soin de demain. Pour la première fois, l'événement s'est consacré à un seul sujet, la santé des femmes, avec l'approche One Woman Health : porter une vision globale de la santé des femmes, au-delà de la seule gynécologie.
Mobilisant plus de 50 intervenants, ces deux journées ont ouvert un espace de dialogue, au croisement du soin, de la recherche et de l'innovation, pour faire émerger des réponses nouvelles et une dynamique collective en anticipant l'avenir. Conférences, ateliers, expositions et rencontres privilégiées avec des porteurs de projets d'innovation, start-up notamment, se sont succédé au sein de l'Hôtel-Dieu, grand lieu d'innovation en santé de l'AP-HP et de l'Université Paris Cité.
Une innovation qui dépasse le numérique
«L'innovation ne se limite pas au numérique, elle engage aussi les organisations et la place du patient dans la relation de soin.
Face à l'essor des maladies chroniques qui touchent 25 millions de personnes, il faut faire le pari de la qualité des soins, de la prévention et de l'innovation. La santé des femmes connaît une double spécificité : les pathologies qui leur sont propres et, surtout, des pathologies communes qui les touchent différemment, avec des risques souvent accrus et des difficultés de sous-diagnostic.»
Nicolas Revel, directeur général de l'AP-HP
Des interventions d'une grande qualité
Cinq keynotes ont illustré ce décloisonnement. La Pr Rachel Lévy (Tenon) a présenté l'infertilité comme un signal d'alerte des maladies chroniques. La Dr Stéphane Manzo-Silberman (Pitié-Salpêtrière) a plaidé pour sortir des silos entre histoires gynécologique, obstétricale et cardiologique. La Pr Sabine Sarnacki a retracé l'histoire des femmes chirurgiennes. Aude Caria (Psycom) et Angèle Malâtre-Lansac (Alliance pour la santé mentale) ont montré que le genre est un déterminant de la santé mentale.
Femtech France : un partenariat renouvelé
La signature du renouvellement de la convention entre l'AP-HP et Femtech France a marqué l'ouverture de la journée du 16 septembre.
Signée en 2023, la convention a déjà permis de mobiliser plus de soixante professionnels de santé et de conduire des expérimentations dans les services. La nouvelle convention ambitionne de faire de l'Hôtel-Dieu un lieu de référence de l'innovation en santé des femmes.
Un regard européen
Pour savoir ce que font réellement, et pas seulement ce qu'annoncent, les dix autres membres de l'alliance des CHU européens, l’EUHA, en matière de santé des femmes, l'AP-HP a comparé leurs pratiques. Cinq constats reviennent partout : un financement insuffisant, une coordination entre équipes encore à construire, un retard diagnostique persistant, un biais de genre dans les données et les algorithmes, et des freins concrets à l'innovation. Le bilan est une prise de conscience réelle mais inégale, avec des traductions concrètes trop souvent portées par une équipe isolée plutôt que par une politique d'établissement, avec des financements dédiés.
17 septembre : deux demi-journées, deux focus
Après la journée d'ouverture consacrée à l'approche One Woman Health, l'Agora a choisi de dédier chaque demi-journée du 17 septembre à une discipline : la chirurgie le matin, la santé mentale l'après-midi. Toutes deux avaient été introduites la veille par les keynotes de la Pr Sabine Sarnacki, d'Aude Caria et d'Angèle Malâtre-Lansac. Ce choix a permis de traiter la santé des femmes sous deux angles complémentaires : la façon de les soigner, et les conditions dans lesquelles exercent celles qui soignent.
La matinée « La chirurgie au prisme du genre » a notamment associé la Pr Catherine Uzan (hôpital Pitié-Salpêtrière), sur l'adaptation du traitement du cancer du sein à chaque patiente, la Pr Salma El Batti, sur une chirurgie vasculaire où les femmes ne représentent que 23 % des praticiens, et la sociologue Emmanuelle Zolesio, sur des valeurs professionnelles codées au masculin.
Après une introduction par le Pr Bruno Millet (hôpital Saint Antoine) et la présentation des résultats d'une consultation menée auprès de 300 à 400 psychiatres de l'AP-HP, l'après-midi « Santé mentale des femmes » a porté sur les fenêtres de vulnérabilité étudiées par la Fondation FondaMental, les troubles neurodéveloppementaux diagnostiqués trop tard et les addictions au féminin, ainsi que sur la soumission chimique et les violences sexistes et sexuelles. La santé mentale figure d'ailleurs parmi les deux priorités de la direction des ressources humaines de l'AP-HP, avec la santé des femmes au travail.