Mis à jour le 06/10/2026

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Octobre rose : l'après-cancer du sein, quels défis et quel accompagnement à l'AP-HP ?

Chaque année, près de 6 500 patientes sont prises en charge à l'AP-HP pour un cancer du sein. Si les progrès du dépistage et des traitements permettent aujourd'hui à un nombre croissant de femmes de vivre après un cancer du sein, la fin des traitements ne marque pas la fin du parcours. Parce que chaque femme vit différemment l'après-cancer, l'AP-HP développe un accompagnement personnalisé, associant suivi médical, reconstruction mammaire et soins oncologiques de support, afin de répondre aux besoins de chacune et de favoriser un retour à la meilleure qualité de vie possible.

© Service d’Imageries Radiologiques et Interventionnelles Spécialisées (IRIS) - Hôpital Tenon

L'après-cancer : une nouvelle étape du parcours de soins

Les progrès réalisés dans le dépistage, les traitements et la recherche ont profondément transformé la prise en charge du cancer du sein. Détectée précocement, la maladie bénéficie aujourd'hui de traitements toujours plus performants, permettant à un nombre croissant de femmes de vivre après un cancer. Cette évolution fait émerger un nouvel enjeu : celui de l'après-cancer.

En 2025, 6 431 patientes, dont 4 358 nouvelles patientes, ont été prises en charge en hospitalisation dans les hôpitaux de l'AP-HP pour un cancer du sein. Si la fin des traitements constitue une étape importante, elle ne signifie pas nécessairement un retour immédiat à la vie d'avant.

Certaines femmes doivent encore composer avec une fatigue persistante, des douleurs, les effets secondaires de l'hormonothérapie ou un lymphœdème. D'autres sont confrontées à une modification de leur image corporelle, à la reprise de leur activité professionnelle ou aux inquiétudes liées au risque de récidive. Les besoins sont multiples et varient d'une patiente à l'autre.

L'amélioration de la qualité de vie après un cancer est aujourd'hui l'un des objectifs de la stratégie décennale de lutte contre les cancers (2021-2030). Premier acteur hospitalier d'Île-de-France en cancérologie, l'AP-HP en fait également une priorité de son projet médical.

Pour répondre à ces nouveaux besoins, les équipes ont développé des parcours d'accompagnement personnalisés, mobilisant tous les professionnels impliqués dans le rétablissement des patientes.

 

Reconstruire son corps : une étape importante pour certaines femmes

Après une mastectomie, la reconstruction mammaire peut constituer une étape importante du parcours de certaines patientes. Elle ne représente ni une obligation, ni un passage systématique, mais une possibilité qui s'inscrit dans un projet personnel.

Le choix d'une reconstruction, son calendrier et la technique utilisée sont toujours discutés avec la patiente. Certaines souhaitent avoir une reconstruction immédiatement après la chirurgie du cancer ; d'autres préfèrent attendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Certaines enfin font le choix de ne pas avoir recours à une reconstruction. Chaque décision est respectée et accompagnée. Les équipes de chirurgie plastique et reconstructrice de l'AP-HP proposent aujourd'hui plusieurs techniques adaptées aux situations médicales et aux attentes de chacune.

La reconstruction par prothèse demeure la plus connue. D'autres techniques, utilisant les propres tissus de la patiente, occupent une place croissante dans les pratiques. Le lipofilling, qui consiste à prélever de la graisse sur une autre partie du corps avant de la réinjecter dans le sein, peut être proposé seul dans certaines situations ou en complément d'une reconstruction afin d'en améliorer le résultat. D'autres interventions reposant sur des lambeaux de tissus peuvent également être envisagées lorsque cela est indiqué.

Au-delà des aspects techniques, la reconstruction mammaire participe souvent à un processus plus global de réappropriation du corps. Les consultations permettent d'informer les patientes, d'échanger sur leurs attentes et de construire avec elles un projet adapté à leur parcours, à leur état de santé et à leur mode de vie.

 

Retrouver un équilibre : un accompagnement personnalisé après les traitements

L'après-cancer ne se résume pas à la reconstruction mammaire. Les conséquences de la maladie et des traitements peuvent concerner de nombreux aspects de la vie quotidienne et nécessiter un accompagnement spécifique.

Pour répondre à ces besoins, l'AP-HP a progressivement structuré des parcours dédiés à l'après-cancer, fondés sur une approche pluridisciplinaire.

Selon les situations, les patientes peuvent bénéficier :

  • d'une consultation de fin de traitement et de l'élaboration d'un programme personnalisé de l'après-cancer (PPAC), notamment à l'hôpital Henri-Mondor ;
  • d'une consultation de rétablissement proposée aux hôpitaux Cochin – Port-Royal et européen Georges-Pompidou ;
  • ou encore du programme RAINBO, développé à l'hôpital Pitié-Salpêtrière pour les patientes traitées pour un cancer du sein. Ce programme propose, au-delà des soins oncologiques de support, une évaluation globale des besoins après les traitements, qu'ils soient physiques, psychologiques, sociaux ou professionnels. Il permet de construire avec chaque patiente un accompagnement personnalisé et de l'orienter vers les ressources les plus adaptées.

L'hôpital Avicenne dispose également d'un espace consacré aux soins oncologiques de support, tandis que les hôpitaux Cochin – Port-Royal et Hôtel-Dieu proposent une filière dédiée au retour à l'emploi après un cancer. Des programmes d'éducation thérapeutique sont par ailleurs développés à l'hôpital Tenon.

Ces parcours reposent sur une coordination étroite entre de nombreux professionnels. Aux côtés des oncologues et des chirurgiens, les infirmières en pratique avancée (IPA) jouent un rôle croissant dans le suivi des patientes. Elles assurent un accompagnement de proximité, évaluent les besoins, orientent vers les professionnels adaptés et participent à la coordination du parcours. Elles travaillent en lien avec les psychologues, psychiatres, kinésithérapeutes, diététiciens, enseignants en activité physique adaptée, assistants sociaux, sexologues, socio-esthéticiennes, ainsi qu'avec les patientes partenaires et les associations. Ensemble, ces acteurs construisent un accompagnement personnalisé, adapté aux besoins médicaux, psychologiques et sociaux de chaque femme. L'objectif est de prendre en compte toutes les dimensions du rétablissement : les séquelles physiques, le bien-être psychologique, la reprise des activités quotidiennes, la vie familiale, sociale et professionnelle.

 

Accompagner les patientes au-delà des traitements

Aujourd'hui, le défi n'est plus seulement de traiter le cancer du sein, mais aussi d'accompagner les femmes dans l'après-cancer. Cette période, souvent marquée par des besoins très différents d'une patiente à l'autre, nécessite une prise en charge globale, coordonnée et personnalisée.

En développant des parcours adaptés, en renforçant les soins oncologiques de support et en proposant des solutions individualisées, notamment en matière de reconstruction mammaire, les équipes de l'AP-HP poursuivent un même objectif : permettre à chaque femme de retrouver la meilleure qualité de vie possible, à son rythme et selon ses choix.

Dépistage du cancer du sein : une initiative pensée pour les professionnelles de nuit

Parce que la prévention doit s'adapter à tous les rythmes de vie, le service de chirurgie gynécologique et mammaire de l'hôpital Pitié-Salpêtrière a lancé une démarche inédite de sensibilisation au cancer du sein en direction des professionnelles de nuit de l'hôpital. Cette campagne s'inscrit dans le projet NIGHTSCAN Sénologie, qui propose des consultations d'évaluation du risque de cancer du sein sur des horaires spécialement adaptés au personnel de nuit féminin.

Porté par le Dr Amélia Favier, le projet s'appuie sur de multiples études épidémiologiques qui attestent que le travail de nuit perturbe le rythme circadien, diminuant la production de mélatonine — reconnue pour ses propriétés anti-cancéreuses — et augmentant ainsi le risque de développer certains cancers.

Ces horaires atypiques, peu compatibles avec les plages des consultations médicales classiques, creusent en outre les inégalités d'accès aux soins, en particulier chez les femmes. L'objectif de NIGHTSCAN est justement de lever cet obstacle, en facilitant l'accès à la prévention et au dépistage pour les professionnelles exerçant de nuit.

Initiées en 2025, ces consultations ont été reconduites en 2026 au vu de l'intérêt suscité auprès des professionnelles de nuit. À terme, le projet NIGHTSCAN a vocation à s'élargir à l'ensemble du GHU, afin de proposer cet accompagnement au plus grand nombre de professionnelles concernées.

Découvrir la prise en charge du cancer du sein à l'AP-HP

https://www.aphp.fr/vous-soigner/les-cancers/les-cancers-de-ladulte/le-cancer-d…

Découvrir les essais cliniques consacrés au cancer du sein menés à l'AP-HP

https://www.aphp.fr/recherche-et-innovation/je-suis-patient/registre-des-essais…

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