Mis à jour le 13/03/2026
Création d’une chaire de recherche clinique en santé environnementale à l'AP-HP
La création d’une chaire naît de la rencontre entre des enjeux sociétaux et les compétences d’une structure. Comprendre les expositions qui pèsent le plus sur notre santé au long cours et agir en conséquence, tel est l’objet de la future chaire de recherche clinique en santé environnementale qu’initie l’AP-HP. En premier jalon marquant, l’AP-HP lance un appel à candidature pour identifier un titulaire (ou deux co-titulaires) qui la porteront.
La santé environnementale s’intéresse aux liens entre l'exposition à des polluants environnementaux — comme les perturbateurs endocriniens, les particules fines, les substances cancérigènes ou mutagènes (c’est-à-dire qui produisent des mutations de l’ADN) — et la santé humaine.
Malgré des avancées significatives dans la compréhension des liens entre ces expositions et certaines maladies chroniques (par exemple, les maladies respiratoires, les cancers, les maladies cardio-vasculaires ou les troubles de la fertilité), la recherche scientifique sur le sujet est encore insuffisante. Elle doit être approfondie pour améliorer la prévention et la prise en charge des patients.
Diminuer l’exposition aux pollutions des patients et des soignants est une réalité pour l’AP-HP, comme en témoigne notamment la signature par neuf maternités de la charte éco-maternité qui officialise leur engagement pour protéger la santé des professionnels, des nouveau-nés et des parents contre les polluants environnementaux.
Dès 2023, elle en a même fait une priorité institutionnelle, avec l’ambition de créer une chaire de recherche clinique sur ce thème.
L’AP-HP pourra capitaliser sur des atouts majeurs : des files actives de patients importantes avec des pathologies diverses, des professionnels médicaux à la pointe de la recherche dans leurs spécialités et des compétences en recherche clinique éprouvées.
« L’environnement joue un rôle important sur la santé. Créer une chaire de recherche clinique en santé environnementale, c’est investir sur le temps long, qui est celui de la recherche. L’objectif est de faire appel aux meilleurs experts dans le domaine, soutenir des travaux de recherche pour mieux comprendre les effets de l’environnement sur la santé et produire des connaissances utiles aux politiques de santé. Une chaire concrétise et renforce cet état d’esprit. Elle est aussi pour l’institution qui la porte un levier puissant de rayonnement scientifique », détaille le Pr Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement (CME) de l’AP-HP.
Chaire de recherche clinique en santé environnementale : une démarche intégrée pour penser, concevoir, agir
Les objectifs de cette création de chaire sont pluriels :
- structurer l’écosystème de recherche autour des sujets de santé environnementale à l’AP-HP, en renforçant les collaborations interdisciplinaires ;
- accompagner et soutenir les projets de recherche en santé environnementale des professionnels de l’AP-HP, tant d’un point de vue méthodologique que financier ;
- contribuer au développement de cohortes de patients exposés à des risques environnementaux, ainsi qu’à l’intégration progressive des données environnementales dans les dossiers de patients atteints de pathologies chroniques non transmissibles. Ceci, afin d’améliorer leur prise en charge via une meilleure compréhension des facteurs environnementaux d’aggravation de ces pathologies ;
- promouvoir, par la création et la diffusion de connaissances scientifiques et de formations, la prévention aux risques liés à l’exposition à des polluants environnementaux ;
- valoriser la recherche et les chercheurs et chercheuses de l’AP-HP en positionnant l’institution comme un acteur référent du domaine.
Pour financer cette chaire, l’AP-HP peut compter sur le soutien de la caisse nationale d’Assurance maladie qui a validé un support financier sur quatre ans, ainsi que sur celui de la Fondation de l’AP-HP qui travaille à l’identification d’autres mécènes.
L’identification d’un porteur de chaire
Désormais, la prochaine étape consiste à identifier un ou deux porteurs de cette chaire qui en donneront notamment la direction scientifique.
Les candidatures, attendues d’ici au 4 mai 2026, seront évaluées par un comité scientifique constitué d’experts en santé environnementale.