Mis à jour le 28/08/2026
Don d'organes : à l'Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, un premier prélèvement selon le protocole Maastricht III
Suite à l'autorisation officielle de l'Agence de la biomédecine le 19 juin 2026, les équipes de l'Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP ont effectué un tout premier prélèvement d’organes dans le cadre du protocole Maastricht III, c'est-à-dire qu'il a été réalisé après un arrêt circulatoire consécutif à une décision d'arrêt des thérapeutiques, chez des patients en réanimation.
L'Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP a vu se concrétiser cet été un premier prélèvement et don d'organes dans le cadre du protocole Maastricht III. Trois organes ont pu être greffés à des patients. Ceci est le résultat du travail collectif de l'équipe de coordination du prélèvement d'organe, des réanimations, du bloc opératoire, de l'imagerie et des laboratoires de l’hôpital.
Le protocole Maastricht III, qu'est-ce que c'est ?
En pratique, le protocole national Maastricht III, encadré par l'Agence de la biomédecine, est un don d'organes et de tissus réalisé après un arrêt circulatoire consécutif à une décision d'arrêt des thérapeutiques (c'est-à-dire l'ensemble des traitements et techniques qui maintiennent le patient en vie), chez des patients hospitalisés en réanimation.
Ainsi, l'équipe médicale et paramédicale, avec un médecin consultant extérieur, prend une décision collégiale d'arrêt des thérapeutiques maintenant artificiellement le patient en vie. La coordination intervient pour proposer le don seulement après l'adhésion à cet arrêt des thérapeutiques par les proches. Ce protocole est extrêmement encadré, avec notamment une étanchéité stricte des filières de la décision d’arrêt des thérapeutiques et du projet de don.
Après un travail collectif de longue haleine permettant la mise en place du protocole, l’équipe de coordination des dons d’organes de l'Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP a organisé deux simulations avec l'ensemble des équipes hospitalières impliquées, avant la visite de conformité par l'Agence de la biomédecine.
Une procédure « exigeante » et un accompagnement adapté
Cet été 2026, les équipes de l'hôpital ont donc pu effectuer un premier prélèvement selon le protocole Maastricht III.
Le professeur Nicolas Bréchot, chef du service de médecine intensive et réanimation, explique : « C'est une procédure particulièrement exigeante, qui nous engage à garantir au patient et à ses proches un accompagnement de fin de vie de qualité, tout en permettant, lorsque les conditions sont réunies, la réalisation du prélèvement d’organes. Cette première pour l'Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, effectuée en étroite collaboration avec les équipes de coordination ayant une expérience de la procédure, a rempli ces deux finalités. Plusieurs imprévus ont eu lieu, mais leur bonne gestion collaborative a finalement permis la transplantation d’un foie et de deux reins à des patients sur liste d’attente ».
L'équipe de coordination hospitalière de l'Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, composée de Ségolène Delaby, Chloé Berg, Laura Jubin et du docteur Nicolas Péron, a joué un rôle crucial dans cet accompagnement et dans l’organisation globale de la démarche de don. « C'est une immense fierté d’avoir concrétisé ce travail, et de pouvoir mettre en valeur le don d'organes », soulignent les infirmières coordinatrices. « C'est une véritable chance pour les receveurs. La technicité et la finalité de la procédure ne doivent bien sûr pas occulter la fin de vie du patient, et l'accompagnement de ses proches. »
L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) est le premier acteur national de la greffe et du prélèvement d'organes.
En France, une greffe sur quatre est réalisée à l'AP-HP et neuf greffes sur dix à Paris et en Île-de-France.