Mis à jour le 22/06/2026

Partager :

L’AP-HP fait de ses 38 hôpitaux des ambassadeurs du don d’organes

À l’AP-HP, le don d’organes est bien plus qu’un enjeu de santé publique : c’est un engagement collectif porté chaque jour par des centaines de professionnels. Le 15 juin 2026, l’institution a officialisé l’ensemble de ses établissements comme « hôpitaux ambassadeurs du don d’organes », en présence des équipes hospitalières, de l’Agence de la biomédecine, du collectif Greffes+, de patients greffés, de donneurs vivants et de familles de donneurs.

Au-delà du symbole, cette démarche traduit une ambition claire : faire vivre une véritable culture du don au sein des hôpitaux, sensibiliser le grand public, accompagner les familles et renforcer la mobilisation des professionnels autour d’un enjeu majeur de santé publique.

 

 

Le label « hôpital ambassadeur du don »

Lancée par le collectif Greffes+ en 2023, la démarche « ambassadeur du don d’organes » visait initialement les collectivités engagées dans la promotion du don. Elle s’est progressivement étendue aux pharmacies, entreprises puis aux établissements de santé. En mars 2025, le collectif a créé le label « hôpital ambassadeur du don d’organes » afin d’impliquer les hôpitaux dans une dynamique nationale de sensibilisation.

Concrètement, les établissements labellisés installent une plaque symbolique visible du public et développent des actions de sensibilisation autour du don d’organes. Ils peuvent également créer des lieux de mémoire et de reconnaissance en hommage aux donneurs et à leurs proches, à travers des symboles forts comme des statues, sculptures ou arbres de vie.

L’hôpital Beaujon a été le premier hôpital ambassadeur du don d’organes en France. Depuis, plusieurs établissements de l’AP-HP ont rejoint cette dynamique avant la labellisation de l’ensemble des hôpitaux de l’institution en 2026. Mais pour l’AP-HP, cette démarche ne se limite pas à l’installation d’une plaque à l’entrée des établissements. 

L’objectif est plus profond : faire du don d’organes un sujet de discussion plus naturel au sein de l’hôpital et dans la société.

Au-delà de la labellisation des hôpitaux, construire une culture du don

Chaque année, des milliers de patients attendent une greffe en France. Plus de 10 000 personnes sont aujourd’hui inscrites sur la liste nationale d’attente, dont près de 30 % sont suivies à l’AP-HP. Malgré les avancées médicales et l’engagement des équipes, 2 à 3 patients décèdent encore chaque jour faute d’organes disponibles.

Si une large majorité des Français se déclare favorable au don d’organes, beaucoup n’ont jamais partagé leur position avec leurs proches. Or, lors d’un prélèvement, les familles sont sollicitées pour témoigner de la volonté du défunt. Lorsqu’aucune discussion n’a eu lieu auparavant, le doute s’installe et, dans un tiers des cas, les proches rapportent une opposition.

La sensibilisation joue donc un rôle essentiel !

L’enjeu de la labellisation est précisément d’encourager ces échanges, de sensibiliser patients, visiteurs et professionnels, et de rendre le sujet plus visible dans les hôpitaux afin que les discussions puissent avoir lieu avant qu’une situation dramatique ne survienne.

 

Former pour mieux accompagner

Aborder le don d’organes avec des proches confrontés à un décès nécessite des compétences spécifiques. Trouver les mots justes, expliquer le cadre légal, répondre aux inquiétudes ou accompagner les familles dans des moments particulièrement difficiles ne s’improvise pas.

La démarche « hôpital ambassadeur » vise aussi à mieux faire connaître les professionnels qui interviennent dans la chaîne du prélèvement et de la greffe, notamment les coordinations hospitalières de prélèvement d’organes et de tissus (CHPOT), dont le rôle reste encore parfois méconnu.

Au sein des GHU, plusieurs initiatives sont développées pour renforcer cette culture commune : actions de sensibilisation, outils pédagogiques, formations et temps d’échanges interdisciplinaires destinés aux professionnels hospitaliers et aux étudiants en santé.

L’objectif est double : permettre aux professionnels d’être plus à l’aise pour aborder ces sujets et faire du don d’organes un sujet moins tabou.

À voir aussi