Mis à jour le 08/06/2026
Première rencontre scientifique AP-HP × CEA : une collaboration au service de la recherche en santé
Deux institutions, une même conviction : la recherche va plus loin quand elle se construit ensemble. Le 22 mai 2026, l'AP-HP et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ont organisé leur première rencontre scientifique commune, marquant une nouvelle étape dans une collaboration déjà ancienne et fructueuse.
Retour sur une journée riche en échanges et ambitieuse pour les projets à venir.
Un partenaire technologique au service de la médecine
Le CEA n'a pas été créé pour la santé, mais il y a développé au fil du temps des expertises technologiques de premier plan. Son positionnement original, au croisement de la physique, de l'ingénierie et du vivant, lui permet d'apporter une contribution décisive sur trois axes :
- l'imagerie médicale avancée ;
- la miniaturisation des dispositifs diagnostiques ;
- les approches multi-omiques.
Ces expertises s'appliquent aujourd'hui à des pathologies majeures : maladies du cerveau, maladies infectieuses et cancers.
Sclérose en plaques : voir ce que l'IRM ne montre pas
Si les traitements ont considérablement progressé sur le volet inflammatoire, la composante neurodégénérative de la sclérose en plaques (SEP), qui apparaît généralement dès la trentaine, reste insuffisamment prise en charge. En cause notamment : un paradoxe radio-clinique persistant, les anomalies visibles à l'IRM conventionnelle ne reflètent pas toujours fidèlement l'état clinique du patient.
Pour dépasser ces limites, les équipes AP-HP / CEA / ICM ont développé une imagerie moléculaire par TEP capable de répondre aux questions que l'IRM seule ne peut adresser. Les résultats sont frappants : grâce au radiotraceur [¹⁸F]DPA-714, il a été démontré que la majorité des lésions restent actives sur le long terme, bien au-delà des poussées visibles.
Ces avancées ont fait l'objet d'échanges nourris lors de la table ronde, avec plusieurs perspectives soulignées : l'intégration de l'IA pour générer synthétiquement des images TEP à partir de données IRM, l'ambition de constituer une cohorte de 100 000 patients croisant imagerie et données moléculaires, ou encore le développement de l'imagerie ultra bas champ pour réduire les inégalités d'accès à l'échelle mondiale avec une première initiative lancée avec le plus grand hôpital de New Delhi.
Innover du laboratoire au lit du patient
Les échanges ont également mis en lumière le rôle du CEA dans la recherche translationnelle, en particulier via :
- le développement de radiopharmaceutiques et leur transfert vers les hôpitaux ;
- la conception de nouveaux capteurs et outils de diagnostic au plus près du patient ;
- les travaux en intelligence artificielle appliquée à la santé : imagerie, données massives, jumeaux numériques.
Ce modèle collaboratif repose sur un aller-retour constant entre recherche fondamentale, innovation technologique et usages cliniques.
Sepsis : des outils innovants pour une maladie sans traitement
L'IHU Sepsis, porté par l'AP-HP, le CEA, l'Université Paris-Saclay et l'Inserm, a illustré l'autre grande ambition de la journée. Avec 400 cas pour 100 000 habitants par an et une mortalité de 23 %, le sepsis demeure une priorité de santé publique mondiale pour laquelle il n'existe aujourd'hui aucun traitement spécifique. L'objectif d'ici 2035 : passer d'une prise en charge basée sur des recommandations génériques à une médecine personnalisée, intégrant endotypage, diagnostic précoce et simulation de la réponse individuelle au traitement.
Le CEA y joue un rôle structurant, en apportant ses savoir-faire en recherche translationnelle : modèles animaux de co-infections plus physiologiques, organes-sur-puce pour étudier la réponse hépatique ou cutanée à l'infection, anticorps monoclonaux capables de moduler la composante inflammatoire, outils de spectrométrie de masse pour identifier de nouveaux biomarqueurs, ou encore systèmes de détection rapide des résistances aux antibiotiques. L'objectif final : intégrer ces outils dans des dispositifs multiplexés utilisables au lit du patient, en temps réel.
Les tables rondes ont également permis d'aborder des sujets transversaux : l'apport des bactériophages comme alternative ciblée aux antibiotiques, le potentiel des approches génomiques pour la médecine de précision, ou encore les enjeux de l'IA dans la réutilisation des données de soin à des fins de recherche.
Une dynamique appelée à s'amplifier
Cette première rencontre a confirmé la complémentarité des deux institutions et la richesse des collaborations déjà engagées, notamment via le dispositif poste d'accueil, qui depuis 2004 a permis à 53 professionnels de l'AP-HP de conduire leurs travaux dans les laboratoires du CEA. Elle a aussi ouvert des perspectives concrètes : simplifier les procédures administratives pour accélérer les projets communs, assouplir certaines contre-indications aux IRM à haut champ pour élargir l'inclusion dans les protocoles de recherche, ou encore mieux exploiter les données de l'entrepôt de données de santé de l’AP-HP en les adossant aux ressources du CEA.
Une deuxième rencontre est d'ores et déjà attendue.
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