Mis à jour le 22/07/2026

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Prévention des infections graves du nourrisson : une étude coordonnée par l’AP-HP ouvre une nouvelle piste

Depuis plusieurs années, les chercheurs s'interrogent sur le rôle du virus respiratoire syncytial (VRS) dans le déclenchement des infections invasives à pneumocoque, telles que les méningites ou les septicémies chez les jeunes enfants. Une étude* française, menée à partir de données de santé nationales, montre que l'immunisation contre le VRS par l'anticorps monoclonal nirsevimab réduirait significativement le risque d'infections invasives à pneumocoque. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour renforcer la prévention des infections graves de l'enfant.

Les infections à pneumocoques peuvent évoluer vers des formes invasives graves lorsque la bactérie atteint des sites normalement protégés comme le sang, les méninges ou les articulations, nécessitant souvent une hospitalisation. Elles restent une cause majeure de mortalité dans le monde avec plus de 800 000 décès d’enfants de moins de cinq ans chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé.

Face à ces infections graves, l’identification de nouveaux moyens de prévention constitue un enjeu majeur de santé publique. 

 

Le nirsevimab est un anticorps monoclonal est un anticorps qui reproduit l'action des défenses naturelles de l'organisme. Il est administré aux nourrissons afin de les protéger contre le virus respiratoire syncytial (VRS), principal responsable des bronchiolites.

Des travaux récents suggèrent que le VRS pourrait également jouer un rôle dans la survenue des infections invasives à pneumocoque. Afin d’évaluer si l’immunisation par le nirsevimab permet de réduire ce risque chez le nourrisson, les chercheurs ont conduit une vaste étude observationnelle de cohorte à l’échelle nationale, coordonnée par l’AP-HP, l’Inserm, l’Université Paris Cité et l’Université Sorbonne Paris Nord. Ils ont analysé les données du système national des données de santé (SNDS), ainsi que celles du Centre National de Référence des Pneumocoques, pour l'ensemble des nourrissons nés en France entre février 2023 et janvier 2024. Au total, 527 971 nourrissons ont été inclus dans l'étude, dont 119 435 avaient reçu une immunisation par nirsevimab.

Les résultats de cette étude ont apporté, pour la première fois, des preuves à l'échelle d'une population nationale qu'une stratégie de prévention contre le VRS peut également contribuer à réduire le risque d'infections invasives à pneumocoque.

Ils contribuent ainsi à améliorer les connaissances sur les interactions entre les infections virales et bactériennes et à orienter les futures stratégies de santé publique en faveur de la protection des nourrissons en offrant une solution complémentaire aux vaccins pneumococciques.

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