Mis à jour le 23/06/2026

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Prévention du syndrome du bébé secoué : une nouvelle étude française

Conduite par l’AP-HP, l’Inserm et l’Université Paris Cité, cette étude suggère que le secouement du nourrisson ne se limite pas aux pleurs et questionne les stratégies de prévention.

Menée auprès de professionnels et de parents de nourrissons victimes, cette étude révèle que les auteurs de violences étaient souvent confrontés au stress, à des difficultés à gérer leurs émotions ou à un manque de compétences parentales.

Le syndrome du bébé secoué, aujourd’hui appelé traumatisme crânien non accidentel, est un traumatisme infligé à un nourrisson, qui entraîne des lésions cérébrales provoquées par un secouement violent ou un impact. Cette forme de maltraitance a des conséquences particulièrement graves : décès dans certains cas,handicaps neurocognitifs et sensoriels à vie le plus souvent.

Les chercheurs ont souhaité identifier les mécanismes conduisant au passage à l’acte afin d’améliorer les stratégies de prévention actuelles. Ils se sont basés sur l’expérience des professionnels confrontés à ce type de situations, ainsi qu’au vécu des parents (non auteurs des faits) dont le nourrisson a été victime de cette maltraitance selon les conclusions judiciaires. 

L’étude VEAVE II, menée entre mars et juillet 2024, a inclus 29 participants, dont 16 professionnels spécialisés (médecins, travailleurs sociaux, magistrats, experts psychologues et psychiatres), et 13 parents de nourrissons victimes de leurs pères, beaux-pères ou assistantes maternelles. Les entretiens, représentant 27 heures d’échanges et plus de 430 pages retranscrites, ont fait l’objet d’une analyse thématique. 

VEAVE II montre que les pleurs du nourrisson ne suffisent pas à expliquer le passage à l’acte, mais sont un facteur déclenchant parmi d’autres facteurs de risque. L'état psychologique de l'adulte auteur des violences (stress, épuisement, surcharge émotionnelle et antécédents traumatiques) est cité par l'ensemble des participants comme facteur de risque. Les parents mettent en avant la mauvaise qualité relationnelle entre l’auteur des violences et le nourrisson, le manque d’empathie ou encore des interprétations erronées du comportement du nourrisson (par exemple en considérant les pleurs d'un nourrisson comme un « caprice » ou le signe d'un « caractère difficile »). L’étude identifie par ailleurs des moments particulièrement à risque de violences, notamment les premières fois où l'adulte se retrouve seul avec le nourrisson. Enfin, certains parents ont rapporté que l’auteur des faits connaissait les dangers du syndrome du bébé secoué, ce qui suggère que l’information ne suffit pas, à elle seule, à prévenir cette violence. 

L’étude propose de considérer les pleurs du nourrisson non comme l’unique cause du passage à l’acte, mais comme un facteur de vulnérabilité qui, associé à d’autres éléments, pourrait y contribuer.

 

« Les résultats de ces travaux montrent la nécessité de faire évoluer les politiques de prévention. Les campagnes de prévention actuellement centrées sur les pleurs du nourrisson pourraient être complétées par :

  • une meilleure prise en compte de l’état psychologique de l’adulte qui garde le nourrisson et de la qualité de leur lien ;

  • un accompagnement dans les périodes de transition de garde des nourrissons ;

  • une sensibilisation élargie à tous les adultes susceptibles de garder un nourrisson, et notamment aux pères étant donné leur moindre exposition aux actions proposées durant la maternité. », explique Madame Enora le Roux, chercheuse au sein de l’unité d’épidémiologie clinique à l’hôpital Robert-Debré AP-HP, coordinatrice de ces travaux.

 

Pour en savoir plus : lire le communiqué de presse

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